L’OTAN sans les États-Unis, pourquoi pas?

Il n’est pas dans l’intérêt des États-Unis de quitter l’OTAN, mais s’ils osaient le faire, les 28 États membres restants pourraient très bien se débrouiller seuls. Le Royaume-Uni et la France, en plus d’être des pays riches, sont détenteurs de l’arme nucléaire, sans compter qu’ils possèdent des porte-avions, des sous-marins et des bases militaires hors de leurs frontières. L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie sont non seulement populeuses, mais aussi des forces économiques. La Turquie, quant à elle, possède une puissante armée. Bref, si un conflit éclatait entre la nouvelle OTAN et, par exemple, la Russie et ses petits alliés, ces derniers auraient beaucoup à faire. Et nul doute qu’advenant une Alliance en difficulté, les États-Unis arriveraient en renfort, telle la cavalerie yankee dans les westerns.

À Bruxelles, jeudi, les États membres se sont engagés à faire passer leur budget militaire à 2 % de la valeur de leur PIB d’ici 2024. Bien pensé pour la date, ce sera justement la dernière année au pouvoir de Donald Trump, s’il est réélu en 2020.

2 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 14 juillet 2018 13 h 34

    L'OTAN, c'est une institution dépassée en 2018

    L'OTAN, c'est une institution dépassée en 2018. Pensez-y pour une minute, si la France serait attaquée par la Russie, elle n'aurait pas besoin de ses alliés parce qu'elle parlerait par la bouche de ses ogives thermonucléaires et ce serait la fin du monde. Les guerres limitées entre superpuissances, eh bien, ça n’existent pas. Les guerres par procuration qui impliquent des nations en voie de développement, oui c’est encore faisable aujourd’hui.

    L’OTAN, c’est la conclusion du complexe militaro-industriel. Et le complexe militaro-industriel est américain. C’est pour cela que Donald Trump poussent les autres nations à accroître leur budgets militaires parce que les États-Unis sont les plus grands producteurs d’armes dans le monde. Et ça, c’est bon pour l’économie…américaine, l'OTAN avec ou sans les États-Unis d'Amérique.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 15 juillet 2018 11 h 41

    Une polarisation devenue inutile et dangereuse.

    Depuis la chute du Mur de Berlin en 1989 et la disparition de l'URSS deux ans plus tard, l'OTAN est devenue obsolète mais elle est maintenue artificiellement en vie par les États-Unis qui l'instrumentalise pour continuer, d'une part, à polariser artificiellement l'Europe entre ses alliés et la Russie, et d'autre part à lui donner la légitimité de s'immiscer, par le biais de "coalitions ad hoc", dans les affaires internes des autres pays à l'échelle mondiale.

    La Russie constitue la prolongation naturelle de l'Europe vers l'Asie. L'Europe dépend de la Russie pour la fourniture de nombreuses matières premières. Si la Russie voulait mettre l'Europe à genoux, pas besoin d'une invasion militaire, elle n'aurait qu'à couper le gaz.

    Sous la botte des États-Unis, non seulement l'OTAN est-elle devenue inutile, mais elle constitue un danger pour la paix.