Et la censure?

Quelle déception que de lire ce matin l’éditorial de Mme Chouinard sur l’annulation du spectacle SLĀV, où elle n’écrit même pas le mot « censure ».

C’est la chronique de Christian Rioux qui aurait dû être publiée comme éditorial du Devoir.

Le texte de Mme Chouinard est un bel exemple de la nouvelle bien-pensance qui sévit de plus en plus dans les pages du journal.

21 commentaires
  • Dominique Laroche - Abonné 9 juillet 2018 06 h 01

    changement de ton

    Tout à fait d'accord avec vous M. Fournier. Christian Rioux aurait dû avoir la première page. Je suis également un vieil abonné du Devoir et j'ai été à la fois étonné et déçu de lire l'éditorial de Marie-Andrée Chouinard. L'attente de Robert Lepage avant de s'exprimer est tout à son honneur et sa réponse était pleine de bon sens; le débat auquel faisait allusion Mme Chouinard est en train de se faire, et de façon autrement plus intelligente et sensible qu'au plus fort de la polémique. Aussi le ton et le contenu de l'article d'Anabelle Caillou publié en première page dans l'édition de samedi était une réelle insulte à l'intelligence et à la sensibilité de Robert Lepage. J'apprécie la rigueur de ce journal depuis tellement d'années et la perspective de le voir glisser dans la bien-pensance me désole et me chagrine profondément.

    • Céline Pelletier - Abonné 9 juillet 2018 10 h 37

      «Aussi le ton et le contenu de l'article d'Anabelle Caillou publié en première page dans l'édition de samedi était une réelle insulte à l'intelligence et à la sensibilité de Robert Lepage. »

      Permettez-moi de montrer comment c'est fabriqué. Sous un grand titre qui barre solidement la une ("Robert Lepage déplore le «muselage» de SLAV"), le lecteur s'attend à trouver enfin le point de vue de Monsieur Lepage. Or dès le premier paragraphe, sans qu'on sache encore ce que Robert Lepage a dit, la journaliste lui assène que sa sortie du mutisme «n'ouvre en rien le dialogue avec ses détracteurs». Et savez-vous quoi? C'est que la journaliste s'appuie sur l'opinion «des experts et des acteurs du milieu»...

      Tout de suite au deuxième paragraphe (on n'a pas encore donné la parole à M. Lepage), c'est à un de ces experts, JPU de l'UQAM, que la parole est donnée pour stigmatiser le dramaturge : «Sa réponse donne raison à ses déctracteurs; il reste dans sa bulle et ne semble pas vouloir prendre part au débat».

      Suivent, enfin, quatre paragraphes rapportant en résumé les propos de M. Lepage. Mais la mitraille repart aussitôt avec MC, «une dramaturge et militante», qui règle le cas de Lepage : «Il sort de son silence pour ne rien dire de pertinent». Sans désamparer revient l'expert JPU de l'UQAM pour faire la leçon au petit Lepage : «Alors quand la société lui dit qu'il est allé trop loin, etc.» La SOCIÉTÉ, vous imaginez?

      Ensuite un philosophe de l'UQAM jongle avec les cas de «propos diffamatoires, véhiculant la haine, etc.» et le jasage final de l'article espose les réactions gris pâle des porte-parole du gouvernement et des partis d'opposition.

      C'est tout. La journaliste n'a pas rapporté le commentaire d'un seul «expert» qui aurait trouvé quelque bon sens dans les propos de Robert Lepage? Il y en a si peu, c'est qu'elle n'en aura pas trouvé, j'imagine! Mais c'est drôle, il y en a à pleines pages web, dans les commentaires...

      L.-P. Desaulniers, co-abonné

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 9 juillet 2018 15 h 16

      Il y a Mme Caillou et il y a aussi Mme Gervais...

  • André Joyal - Abonné 9 juillet 2018 06 h 17

    Enfin

    Ce matin, à l’heure de Paris, il était impossible de placer ici un commentaire.
    J’ai donc utilisé le texte de mon collegue de l’US pour commenter la lettre de M. Fournier.
    Au plaisir, toujours d’une terrasse ensoleillée, de lire les commentaires à venir.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 9 juillet 2018 06 h 55

    M. Louis Fournier, vous me volez les mots de la bouche

    Mme Chouinard doit s'ajuster, parce que sinon ça n'ira pas.

    • François Séguin - Abonné 9 juillet 2018 07 h 53

      « Mme Chouinard doit s'ajuster, parce que sinon ça n'ira pas. »

      Que voulez-vous dire?

    • Cyril Dionne - Abonné 9 juillet 2018 09 h 17

      Non M. Le Blanc. Mme Chouinard a droit à son opinion et de l’exprimer dans le Devoir. C’est cela la liberté d’expression ; il ne faut pas devenir islamo-gauchiste et censurer tout ce qui nous plaît pas. Et nous, nous avons le droit d’arrêter de les lire, de les ignorer ou tout simplement, de nous désabonner du Devoir.

    • David Cormier - Abonné 9 juillet 2018 13 h 11

      M. Dionne, toujours est-il que Le Devoir, avec cette chronique de Mme Chouinard mais bien d'autres chroniques signées par d'autres personnes en ses pages ces dernières années, s'éloigne de son point de vue habituel nationaliste québécois. Je crois qu'il y a lieu de demander un certain retour aux valeurs d'origine du journal. Si tout ce qu'il nous reste, c'est de nous désabonner, c'est bien triste.

  • Raynald Rouette - Abonné 9 juillet 2018 07 h 40

    Mécontentement justifié


    Reproches mérités!

  • François Séguin - Abonné 9 juillet 2018 07 h 44

    Censure et discussion

    Vrai : la piéce de Robert Lepage n’aurait jamais dû être censurée.
    Il est également vrai que dans une société démocratique l’on puisse discuter de façon respectueuse des choix artistiques de Robert Lepage.