L’hélicoptère du père Noël enfin médicalisé

À l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, au cours des années 1970, le Dr Ernest Prégent, urgentologue de cette première période affecté à la prise en charge des polytraumatisés, était notre porte-parole et promoteur du transport héliporté. Lorsqu’on soulevait la question, il répondait : « Il faut que ça serve aux patients. Pour le moment, l’hélicoptère ne sert qu’à transporter le père Noël au défilé annuel », ce qui était tout à fait vrai.

Sacré-Coeur s’est doté d’un héliport pour assurer la couverture médicale du Grand Prix de F1.

Comme il s’agit du centre hospitalier le plus éloigné de l’île Notre-Dame, cette particularité nous permettait de démontrer, en présence d’un accident grave, que le patient n’est pas amené à l’hôpital le plus proche, mais au centre qui répond le mieux à ses besoins particuliers. En hélicoptère, la durée de transport d’un coureur blessé est de sept minutes.

À l’occasion du drame des jeunes hockeyeurs de Saskatchewan transportés par ambulance hélicoptère, mon confrère et ami le Dr David Mulder a trouvé le bon argument et aussi le bon moment pour convaincre le ministre Gaétan Barrette de lancer un projet pilote.

Ainsi il est à espérer que le transport héliporté médicalisé, boudé par le ministère durant toutes ces années, profitera éventuellement à l’ensemble des patients du Québec.