Je suis fière du «Devoir»

Odile Tremblay et Fabrice Vil écrivent des chroniques fort éclairantes sur SLĀV, cette pièce présentée au TNM. Je salue bien bas la rédaction de mon journal pour avoir, malgré les circonstances, rappelé son seul chroniqueur de couleur pour traiter la question.

Qu’on se gargarise, comme d’habitude, de ces expressions faites sur mesure, comme « appropriation culturelle », me semble tout à fait déplacé. Quel Québécois de bonne foi peut affirmer que les Noirs, au beau pays du Québec, sont traités de la même façon que les Blancs ?

Malgré les termes grandiloquents des deux chartes, nous nageons encore dans un magma de préjugés, de mépris, de distance tout au moins, dans maints aspects de notre si mal nommé « vivre-ensemble ».

Sans doute mon propos sera-t-il jugé sévèrement, mais que l’on pense aux milieux policier, médiatique, artistique, politique, et on ne pourra que constater cette absurde affirmation que les Québécois sont ouverts et compatissants envers les personnes différentes.

Le grand Lepage n’aurait pas dû apporter sa signature à cette imitation de mauvaise inspiration, à mon humble avis.

4 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 30 juin 2018 06 h 02

    Deux questions et une mise en contexte.

    Avez-vous assister à une représentation ?
    Si non : silence. Si oui : qu'avez-vous appris ?

    Je vous le demande parce que votre texte fait l'éloge de deux chroniques, celle de Mme Tremblay et de M. Vil, louange Le Devoir et parle de mépris des Québécois envers les Noirs.

    Or, les auteurs de « Slâv » rendent hommage « à la musique comme outil de résilience et d’émancipation » des Noirs aussi des personnes qui par leurs musiques ont résisté à des marchands d'humains, à la dépendance et à l'oppression.

    • André Joyal - Abonné 30 juin 2018 19 h 02

      Merc M. Bariteau: je ne suis pas fièr du Devoir quand je lis une lettre aussi...Je passe pour ne pas être censuré.

  • Paul Gagnon - Inscrit 30 juin 2018 09 h 49

    Quand l'opinion l'emporte sur les faits

    Quand on est du côté du bien, la vérité des faits importe peu.
    Toute cette histoire le démontre une fois de plus.
    Faut-il en rire? Faut-il en pleurer?
    Qui a intérêt à propager la haine ici, au Québec, en 2018?

  • Marc Therrien - Abonné 30 juin 2018 20 h 37

    L'opinion de l'opinion


    En ce qui me concerne, je ne saurais juger votre propos sévèrement, car son caractère incomplet m’empêche d’être affirmatif. Dans son ensemble, votre propos me laisse plutôt dubitatif. Ça commence par votre prétention à l’effet qu’Odile Trembaly et Fabrice Vil «écrivent des chroniques fort éclairantes sur SLĀV». Voulez-vous nous dire alors qu’elles sont tellement éclairantes qu’on n’a plus besoin d’aller voir cette pièce pour se faire sa propre opinion; que la discussion est close et que toute personne qui, après avoir vu de ses yeux vu et entendu de ses oreilles entendu cette œuvre théâtrale et musicale, oserait contester les opinions de la chroniqueuse et du chroniqueur dont vous êtes si fière ne ferait que confirmer votre conviction à l’effet qu’il ne s’agit que d’un autre de ces Québécois qui croit aveuglément en cette affirmation absurde qu’il fait partie de ces personnes ouvertes et compatissantes envers les personnes différentes?

    Enfin, j’aurais été intéressé que vous complétiez votre humble avis nous informant que le «grand Lepage n’aurait pas dû apporter sa signature à cette imitation de mauvaise inspiration», car pour être en mesure de pouvoir juger votre propos, il me faudrait savoir de quelle œuvre vous prétendez que SLĀV est une si mauvaise imitation. Si vous parlez des chants originaux des esclaves eux-mêmes, je douterai bien entendu du fait que vous les ayez entendus vous-même pour pouvoir faire votre comparaison.

    Marc Therrien