Ce que nous devons à Paul Gérin-Lajoie, en chiffres

On l’a dit et redit ces derniers jours, nous devons beaucoup à celui qui fut le premier ministre de l’Éducation du Québec. Je le dirai à mon tour en rappelant quelques chiffres trop souvent oubliés.

Entre 1940 et 1960, de 1000 garçons — car il y avait alors des écoles pour les garçons et d’autres pour les filles — qui entraient à l’école élémentaire (primaire, dirions-nous aujourd’hui), 560 seulement obtenaient le diplôme clôturant les sept années de cet ordre ou niveau, le « certificat » requis pour bien des emplois ; il y avait donc alors, dans les mots d’aujourd’hui, un décrochage de 44 % au primaire.

De ces 560 détenteurs du « certificat de 7e », 340 (34 %) poursuivaient des études : 70 (7 %) dans des collèges offrant ce que l’on appelait le cours classique, 25 (2,5 %) obtenant huit ans plus tard le diplôme (un baccalauréat ès arts qui n’avait pas le poids qu’on lui accorde aujourd’hui dans les universités) qui donnait accès aux études universitaires ; 270 autres dans des écoles élémentaires supérieures pouvant aller jusqu’à la 12e année de scolarité, certains d’entre eux pouvant, selon le profil de formation, accéder ensuite aux études à HEC ou à l’École polytechnique. Des 1000 garçons au départ, 42 (4,2 %) entreprenaient des études universitaires… qu’ils ne menaient pas tous à terme, bien sûr.

Pour les filles, les données sont légèrement supérieures pour l’école élémentaire et dans certains profils de ce qu’on appellerait aujourd’hui le secondaire, mais le plus souvent sans donner accès aux études universitaires ; en 1960, les femmes ne comptaient que pour 15 % des effectifs universitaires totaux.

Aujourd’hui, tous ou presque, indépendamment du sexe, entreprennent des études secondaires et les taux de diplomation, malgré les décrochages sans doute trop nombreux, dépassent les 90 % à 30 ans. Bon an, mal an, autour de 60 % des jeunes et parfois moins jeunes entreprennent des études supérieures dans les cégeps, et près de la moitié d’entre eux dans les universités — où les femmes sont aujourd’hui nettement majoritaires.

Merci à Paul Gérin-Lajoie et à tous ceux et celles qui ont fait en sorte que cela soit.