Le choc des cultures

il faut célébrer le choc des cultures
il faut célébrer la capacité que nous avons de nous rencontrer

et de créer de la beauté dans la rencontre des mondes et des différences

il faut célébrer notre capacité au Québec de dire librement

de penser librement, de chanter librement

et de cohabiter pacifiquement

je crois que je peux comprendre que la sensibilité noire puisse être à ce point vive

de l’héritage de tristesse et de rage que l’esclavage a pu engendrer

et continue de perpétuer

qu’elle ait envie de chahuter en prologue à ce chant de l’esclave

je veux croire aussi que nous puissions voir et entendre

dans le geste de Betty Bonifassi, de Robert Lepage et de leurs complices

un hommage à la douleur et à la grandeur des esclaves

et un désir profond de partage

une quête de l’harmonie

pour que l’on puisse, de la lumière de ce qui a été, illuminer l’avenir

de tout le désir d’humanisme qui nous habite

j’irai assister au spectacle SLĀV dans l’espoir de communier à cette douleur et à cette quête d’harmonie

respect, brother, sister

peace and love

10 commentaires
  • Raynald Rouette - Abonné 28 juin 2018 06 h 00

    L’art de se tirer dans les pieds


    Difficile de faire mieux... « Visa le blanc, tua le noir »!

    Nous voilà maintenant plongé dans un psycho drame, à saveur d’intégrisme culturel.

    Cette contestation totalement infondée, aussi stérile qu’inutile vient de faire fondre comme neige, le capital d’empathie et de sympathie envers cette communauté.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 28 juin 2018 10 h 03

      Des gens manipulés, ces manifestants ? C'est ce que je crois. Mais aussi des gens "ignorants"...et je m'explique:
      Nous, qui avons été longtemps considérés comme étant les nègres blancs d'Amérique... faudrait leur raconter Notre Histoire. C'est de là que vient toute cette ignorance ...Ignorance encouragée par les politiciens et mandarins de l'État québécois et ce..depuis que le Québécois (le "canadien français du temps) a manifesté sa volonté à s'affranchir d'un régime fédéral "wasp" qui le maintient depuis 1763 (début de l'Histoire) dans un état de servitude colonialiste et d'assimilation tous azimuts.
      Nous avons de très bons pédagogues au Québec...! Plusieurs d'entre eux se lèvent et expliquent. Mais une grande majorité se tient coi, dans ce que Falardeau appelait : le confort et... l'indifférece ou le confort de l'indifférence...et, que Denys Arcand a démontré dans son film-documentaire ...du même nom.
      Les "accommodements" ... (sic) refont surface.. dans un autre épisode..sans épilogue ?

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 28 juin 2018 15 h 17

      Mme Sévigny, je partage votre opinion selon laquelle les protestataires sont manipulés.

      Indépendamment de l’idéologie dont ils se réclament, ils font le jeu de la droite américaine puisqu’ils dressent un écran de fumée qui nous fait perdre de vue que l’esclavagisme a été soutenu et financé par la droite américaine.

      Elle a été défendue bec et ongles par les possédants du pays qui en justifiaient la nécessité économique. Ayant besoin d’une main d’œuvre à bon marché pour accumuler d’immenses fortunes, les riches propriétaires de plantations de coton ont même financé une guerre civile destinée à préserver leurs privilèges.

      Bref, l’esclavagisme est un pur produit du capitalisme américain. Cet esclavagisme a prospéré grâce à la complicité des pouvoirs politiques et judiciaires du pays.

  • Denis Paquette - Abonné 28 juin 2018 08 h 13

    l'histoire du monde nous enseigne que nous ne savons pas de ce donc nous sommes faits

    peut être faut il faire une différence entre les faits et notre nature profonde, mon opinion est que entre l'idéal et la realité la realité l'emporte ptresque toujours, pour etre honnete je ne crois pas en la générosité de la nature humaine, le determinisme qui nous agi est trop profond pour qu'il soit articulé de l'extérieure, mon opinion est que la realité l'emporte toujours, et que la politique ne peut changer cela, malgré la bonne volonté de certains, encore aujourd'hui nous ne savons pas de ce donc nous sommes faits

  • Jean Lapointe - Abonné 28 juin 2018 08 h 43

    A éviter: devenir anti-anti-fascistes.

    «pour que l’on puisse, de la lumière de ce qui a été, illuminer l’avenir
    de tout le désir d’humanisme qui nous habite.» (Champagne)

    Il ne faudrait quand même pas faire preuve d' intolérance à l'endroit des anti- fascistes et devenir alors des anti-anti-fascistes,

    Je pense que c'est un danger qui nous guette. Soyons prudents.

  • Cyril Dionne - Abonné 28 juin 2018 10 h 37

    La gauche déconnectée

    Ce n’est pas le choc des cultures, mais plutôt le choc des civilisations à géométrie variable. Betty Bonifassi et Robert Lepage se font matraquer au TNM pour appropriation culturelle. Et ceci, se passe tout en anglais.

    On essaie de réécrire l’histoire comme si les enfants des grands-parents devraient être responsables des crimes de l’esclavage. Les Noirs d’aujourd’hui sont-ils maltraités par les Québécois. Ont-ils été maltraités par les Québécois au fil de l’histoire? Poser la question, c’est y répondre. Enfin, Jackie Robinson a pu poursuivre une carrière au base-ball grâce au Québec et nulle part ailleurs. Désolé, aucun de mes ancêtres a pratiqué l’esclavage ou la ségrégation raciale. Il vaudrait mieux regarder en avant.

    Vous saviez aussi que la communauté noire aux États-Unis poursuit le gouvernement américain (40 000 milliards de dollars). Ils insinuent que chaque personne de race noire devrait recevoir un million de dollars pour réparation. Cette victimisation n’a plus de fin. S’il y a des réparations à faire, c’est bien pour les victimes de l’Holocauste, la persécution et l'assassinat systématique de 6 millions de Juifs il y a moins de 60 ans.

    P.S. Lâchez-nous avec les mots anglais.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 28 juin 2018 10 h 55

    La souffrance des Noirs n’est pas de l’affaire des Blancs. Vraiment ???

    Apparemment, les protestataires veulent qu’un tel sujet ne soit abordé que par des noirs. Et pourtant, si cela devenait le cas, on accuserait probablement les Blancs de se désintéresser de la cause des Noirs puisqu’ils n’en parlent jamais. Comme on accuse les hommes de ne pas condamner suffisamment la violence sexuelle.

    Pour éviter toute accusation de récupération culturelle, il ne suffit pas qu’un spectacle au sujet de l’esclavage soit monté par des artisans de race noire; il faut que chacun d’entre eux soit un descendant d’esclave. Sinon, des Noirs volent le patrimoine culturel d’autres Noirs, ce qui est tout aussi répréhensible.

    En écrivant La Case de l’oncle Tom, la romancière féministe de race blanche Elizabeth-Harriet Beecher-Stowe a probablement plus contribué au mouvement antiesclavagiste que n’importe quel Noir américain.

    Pourtant, sa maison d’édition était dirigée par des Blancs (comme l’est le TNM). La mise en page de son roman a été effectuée par des typographes blancs. Et grâce à ce roman, l’auteure est devenue riche et célèbre.

    Ici même à Montréal, l’église unie Saint-Jacques le Majeur a été un haut-lieu de la prédication protestante hostile à l’esclavagisme. Une prédication entendue par un auditoire presque exclusivement blanc.

    Si tous les Blancs qui ont pris fait et cause contre l’esclavagisme s’étaient mêlés de leurs affaires, les esclaves noirs auraient enduré le joug de leurs propriétaires quelques années de plus.

    Le spectacle SLĀV vise à faire partager la souffrance de l’esclavagisme à l’aide de chants composés par des esclaves.

    Si une troupe entièrement composée de descendants d’esclaves, dirigée par un metteur en scène québécois de race noire, veut créer un spectacle analogue et l’offrir à prix réduit, libre à cette troupe de le faire.

    Mais on ne reste pas assis sur son steak à critiquer le travail de ceux qui accomplissent quelque chose pour rappeler la souffrance des esclaves.