«Not welcome at» la Saint-Jean «in» Villeray

La fête s’annonçait familiale et la programmation musicale haute en couleur le 23 juin dans le quartier Villeray. Mais déjà, de loin, les hauts grillages du site du parc Jarry évoquent davantage la froideur d’un camp de migrants à la frontière texane qu’un lieu de rassemblement pour la Fête nationale. À l’entrée ultrasécurisée attendent une dizaine d’agents de sécurité tout de noir vêtus à la mine patibulaire.

Pas un sourire, pas un bonjour. Pendant qu’on m’ordonne de lever les bras pour me passer le détecteur de métal devant l’oeil médusé de mes enfants, j’entends que, derrière, on s’adresse à ma conjointe en anglais. Elle ne comprend pas qu’on lui dicte de déposer son sac à dos sur une table pour une fouille complète. Les gardiens s’impatientent après qu’on lui eut répété la chose à quelques reprises.

Quand le citoyen qui suit derrière elle souligne poliment qu’il est inadmissible de se faire recevoir en anglais, au Québec, sur le site de la Fête nationale, il se fait immédiatement traiter de raciste. Furieux, il quitte l’endroit pendant qu’un agent de sécurité vide sans explication et sans permission la dangereuse gourde d’eau de ma conjointe. Médusée, elle tourne aussi les talons.

Outré, j’interroge l’équipe d’agents de sécurité sur les raisons de leur accueil glacial, qui fait passer l’aéroport pour un lieu de réjouissance. On me répond que c’est parce que le premier ministre est là et que leur mauvaise humeur est due à l’agressivité des festivaliers. Il n’est encore que 16 h, et je ne vois que des petites familles autour.

J’imagine que l’homme au t-shirt blanc qui a apostrophé Justin Trudeau au parc Jarry ce jour-là devait avoir reçu le même genre d’accueil. Au moins, hors des malheureux grillages, des Québécois et Québécoises de toutes les origines pique-niquaient dans la joie. Famille, amis, barbecue, bières et musique : voilà le vrai esprit de la Saint-Jean !


 
21 commentaires
  • Marguerite Paradis - Inscrite 26 juin 2018 06 h 26

    COMME DES POULES SANS TÊTE

    Voilà ce qui arrive quand les directives données aux employéEs sont nébuleuses.
    Nous en sommes rendus là au travail, les travailleurEs ne savent plus sur quels pieds danser. Alors ils, elles reprennent la danse du «smattE», la danse du «coloniséE».

  • Isabel Larose - Inscrite 26 juin 2018 07 h 16

    Complètement inacceptable

    Ce n'est pas la première personne à se plaindre que la sécurité de la Saint-Jean au Parc Jarry ne parlait pas français. C'est totalament inacceptable et pas juste le jour de la Fête Nationale. Je vous invite à porter plainte à l'OLF et aux organisateurs.

  • Raynald Rouette - Abonné 26 juin 2018 07 h 40

    Inacceptable!


    Voilà où en est rendu le Québec. Terre jadis de liberté...

    Asservissement par intimidation au programme. Pour notre bien qu’ils disent...

    Toutes les occasions sont bonnes pour en faire la démonstration.

    Nous avons laissé faire depuis 1995. Pauvre Québec!

  • Gilles Bousquet - Abonné 26 juin 2018 08 h 04

    St-John-the-Baptist day ?

    Nos Anglophones ici, ont anglicisé cette Fête nationale en St-John-the Baptist. Pourquoi pas ? Why not ? 2 fêtes de suite, à célébrer, avec celle du Canada, the Canada day..en été.

    • Patrick Boulanger - Abonné 26 juin 2018 11 h 55

      À voir la vitesse à laquelle les francophones passent à l'anglais quand leurs interlocuteurs ne maîtrisent pas las langue de Molière, on peut se questionner à savoir si ce fictif changement de nom n'est qu'une affaire d'anglophones.

  • Jean Lapointe - Abonné 26 juin 2018 08 h 09

    Cet homme avait raison

    «J’imagine que l’homme au t-shirt blanc qui a apostrophé Justin Trudeau au parc Jarry ce jour-là devait avoir reçu le même genre d’accueil. » (Guillaume Brodeur)

    Mais cet homme avait tout -à -fait raison. Il est indéniable que Justin Trudeau est venu au Québec le jour de la fête nationale du Québec pour «narguer», pour tenter d'«intimider», les «séparatistes». Il savait sans doute ce qu'il faisait. C'était sans doute une réaction de colère bien compréhensible.

    Ce que Trudeau a voulu sûrement nous faire savoir c'est que pour lui la fête nationale du Québec n'existe pas même même si elle est officeille depuis 1977. Et si elle n'existe pas c'est parce que le Québec n'est pas une nation pour lui et que pour lui donc il doit rester dans le Canada. Le Canada doit inclure le Québec pour toujours même si c'est fait par la force.

    Il avait bien sûr le droit de venir au Québec étant donné que le 24 juin est aussi la fête des Canadiens-français depuis 1834 et qu'il est aussi un descendant de Canadiens-français et que le 24 juin est toujours aussi la fête de St-jean-Baptiste, le patron des Canadiens-français mais profiter de ce jour de fêtes pour venir narguer non seulement les indépendantistes mais tous les «nationalistes» québécois qui sont très nombreux, ne lui en déplaise, est complètement dégueulasse.

    J'espère que tous les Québécois, quelles que ce soit leurs origines, ont noté le manque de savoir-vivre de ce monsieur arrogant et suffisant.

    • Gilles Théberge - Abonné 26 juin 2018 11 h 07

      J’espère surtout qu’on s’en rappellera à la prochaine élection fédérale !