La parole à François Gendron

Au terme d’une carrière de 42 ans, le député de 73 ans François Gendron, élu pour la première fois en 1976 avec l’équipe de René Lévesque, porte un jugement très sévère sur le Parti québécois (PQ), créé avec l’objectif de faire du Québec un pays, mais qui s’est montré inapte à faire la démonstration aux citoyens du bien-fondé de son option. Dans un entretien accordé à La Presse canadienne, le député n’y va pas de main morte avec l’inertie du PQ eu égard à la promotion de l’indépendance, s’étonnant notamment du fait que le PQ n’a produit aucun document « substantiel » décrivant les avantages de l’accession du Québec au statut de pays depuis l’échec référendaire de 1995.

M. Gendron n’est pas tendre non plus envers ceux et celles qui fomentent à répétition des querelles à l’intérieur d’un mouvement souverainiste [...]. À ce sujet, questionné pour savoir s’il partage le constat de l’ex-chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, qui soutenait, au moment de sa démission, que le mouvement souverainiste était « malade », M. Gendron n’a que de bons mots pour la députée, une femme « de conviction », « authentique », qui « porte la cause » souverainiste.

Enfin, aux yeux de M. Gendron, il faut reprendre le bâton du pèlerin et clamer clairement et ouvertement aux citoyens ce qu’ils ont à gagner à transformer le Québec en pays. Il faut ranger dans le placard les méandres tortueux des stratégies partisanes et revenir à la base du militantisme, à savoir « sortir, parler, convaincre ».

17 commentaires
  • Daniel Lafrenière - Inscrit 19 juin 2018 04 h 22

    Oh Oui!

    En plein le genre de propos que nous aurions dû entendre plus souvent. Pourquoi ce ne fut pas le cas. Souverainistes nous faisons dans le mou, pas à peu près...

    • Marcel Lemieux - Inscrit 19 juin 2018 10 h 28

      Dure réalité! Fallait que M.Gendron sonne l’alarme. La maison est une perte totale.

    • André Joyal - Abonné 19 juin 2018 11 h 26

      Il est bien tard pour notre député, au seuil de la retraie, pour parler ainsi.
      Pouquoi n'a-t-il pas prêché par l'exemple?
      Qui l'empêchait de faire la promotion de l'indépendance depuis 1995?
      Bien tard pour appuyer Martine Ouellet.

    • Michel Blondin - Abonné 19 juin 2018 22 h 29

      @André Joyal,
      Bien tard!

      Il y a la colère qui gronde en moi de Félix Leclerc qui exprime un peu plus, mais tout de même fidèle à ce bien tard.

      Pour tout dire, il y a un manque de courage qui finalement revient après l'encaissement.

      M'ais encore, la cohésion d'action politique a passé AVANT la cohérence de réflexion. Ce n'est pas pour rien que plusieurs députés détestent ce que leur fait voir Martine Ouellet de leur cohérence d'esprit.

      Celle de Gendron a deux aspects. Le premier, de rendre justice de reconnaissance des propos après l'assassinat politique dont plusieurs se sont faits complices. Le deuxième, de cacher le colonisé qui habite les esprits, qui carbure à la peur.
      Dans les deux cas, il faut prendre l'angle de la droiture pour voir ces aspects sans les nier. On n'est pas des colonisés parce qu'on l'exprime ou le nie mais parce que les comportements factuels le montrent.

      Le dire quand ça ne compte plus est de ce lot.

  • Gérard Raymond - Abonné 19 juin 2018 06 h 13

    Pour sortir de la peur

    M. Gendron a parfaitement raison, les indépendantistes québécois ne parle à peu près pas des atouts dont dispose le Québec, ni ce en quoi il pourrait faire mieux s’il était indépendant, laissant ainsi toute la place aux promoteurs de la peur, à l’image de Jean Charest et son grand trou noir, lors du référendum de 1995.
    La peur tient à l’ignorance, laquelle n’a rien à voir avec le niveau de diplôme obtenu. C’est là précisément le cas de gens de mon entourage, diplômés universitaires septuagénaires, à qui je demandais de me donner les raisons de leurs objections à l’indépendance. Pour l’un, c’est la perte de la péréquation ; pour un deuxième, on est trop endetté collectivement ; pour un troisième, on est un peuple trop pauvre.
    Quel est le pourcentage de Québécois qui, par exemples, savent 1) ce qu’ils envoient en taxes et impôt à Ottawa (52 G$) et ce qui leur en revient directement (39 G$), 2) que Montréal se classait en 2017 au 4e rang mondial des meilleures villes universitaires, cela après avoir occupé le 1e rang en 2016, 3) que le Québec dispose de 3% des réserves mondiales d’eau douce et 39% des réserves canadiennes, 4) que, bien que le Québec se classe au 2e rang des provinces les plus endettées, les Québécois, à titre individuel, sont de beaucoup moins endettés que partout ailleurs dans le ROC. On pourrait multiplier par dizaines les exemples des atouts du Québec. La liste est beaucoup plus longue que celle que l’on pourrait dresser dans le ROC.
    Si on prenait le temps d’expliquer ce en quoi ils sont les meilleurs, les Québécois cesseraient d’avoir peur !

  • Marc Therrien - Abonné 19 juin 2018 06 h 55

    "Partir, c'est mourir un peu"


    Cette colère du doyen François Gendron exprime qu’elle est dure dure la réalité de la vie politique quand on réalise qu’elle peut être aussi vaine que la vie elle-même. Dans cet aurevoir au moment de rendre les armes, j’entends Leon De Montenaeken : «La vie est vaine, un peu d'amour, un peu de haine... Et puis bonjour ! la vie est brève, un peu d'espoir, un peu de rêve... Et puis bonsoir !».

    S’il m’arrivait de croiser François Gendron, je le saluerais et lui serrerais la main en lui disant :
    «Partir, c'est mourir un peu,
    C'est mourir à ce qu'on aime :
    On laisse un peu de soi-même
    En toute heure et dans tout lieu»- Edmond Haraucourt

    Marc Therrien

  • Raynald Rouette - Abonné 19 juin 2018 07 h 15

    Les Bourgault, Lévesque et Parizeau n’ont jamais été remplacés


    Ceux qui ont pris les commandes du PQ par la suite, ont lamentablement faillis à la tâche!

    Les raisons de faire du Québec un pays, en 1980 et 1995, sont plus valables que jamais!

    Il faut revisiter les discours de Pierre Bourgault, René Lévesque et Jacques Parizeau, leurs messages sont clairs et limpides.

    Martine Ouellet a été l’objet d’une campagne de dénigrement inacceptable, tant à l’interne du mouvement indépendantiste que dans les médias.

    Les Québécois,Québécoises,semble avoir plier l’échine, peuvent-ils relever la tête avant qu’il soit trop tard?

    • André Joyal - Abonné 19 juin 2018 11 h 37

      On n'oserait jamais reprendre les discours de Bougault, lui qui avait l'honnêteté de dire: «Nos problèmes commenceront quand nous serons indépendants». Il poursuivait en précisant que ce serait à NOUS de trouver des solutions à nos problèmes, pas à d'autres.

    • Michel Blondin - Abonné 20 juin 2018 22 h 05

      J'aimerais rajouter à vos propos que même si René Lévesque s'est trompé, il a parcouru son chemin avec honneur et dignité et convictions. La coup au coeur en 1982 en plein matin de coup de force, il ne s'en est jamais remis. Trudeau, un killer devant la bonne foi de Lévesque a fait simplement, comme il en a été capable en 1970 d'envoyer la GRC mettre des bombes, (nous n'avons pas encore la preuve mais ça viendra du lien avec trudeaU) un assasinat politique. Corinne Coté-Lévesque savait qu'il venait de mourir politiquement. Lévesque croyait donné une chance à l'association économique et une indépendance culturelle depuis son Option Québec de 1967. 50 ans plus tard, nous savons que ce n'est plus possible.

  • Gilles Bousquet - Abonné 19 juin 2018 08 h 06

    Enfin...

    Un député péquiste, le doyen, M. Gendron qui, en partant, livre clairement son appréciation sur Mme Ouellet : « une femme « de conviction », « authentique », qui « porte la cause » souverainiste.»


    Que les députés, qui se disent des Indépendantistes, sans en faire ouvertement la promotion, se le disent, à la place de taper sur Mme Ouellet, surtout les 5 qui tentent de former un parti QUÉBEC DEBOUT (nationaliste dans le Canada), afin de mieux conserver leurs sièges, selon leur appréciation qui aide au Québec à rester dans le Canada à la place d'aider à en sortir.