Donald Trump, personnalité narcissique

Certains observateurs croient que Trump agit de façon rationnelle avec l’intention de promouvoir le statut des États-Unis comme première puissance mondiale. Cependant, les changements de stratégies imprévisibles et les sautes d’humeur du président américain témoignent plutôt d’un trouble mental. Déjà en 2017, plusieurs psychiatres américains s’inquiétaient de l’état psychique de Donald Trump ; certains demandaient sa destitution.

Donald Trump présente de nombreuses caractéristiques du trouble de personnalité narcissique, décrites dans le Manuel diagnostique et statistique des maladies mentales (DMS-5). Par exemple : le sujet a un sens grandiose de sa propre importance ; surestime ses réalisations et ses capacités ; s’énerve facilement quand on ne répond pas à ses désirs ou à ses besoins ; s’attend à être reconnu comme supérieur ; fait preuve d’attitudes et de comportements arrogants et hautains. Il accepte difficilement des avis différents ; manque d’empathie ; n’a pas conscience des besoins des autres ni des effets de sa conduite sur son entourage ; il se montre intransigeant [...].

Ce trouble est difficile à traiter, en partie parce que ses origines sont nébuleuses, mais surtout parce que l’individu qui en est atteint n’éprouve aucun besoin de consulter. Ce sont les autres qui ont tort, pourquoi consulterait-il, lui ?

À la lumière de ce diagnostic, on peut mieux déchiffrer les agissements souvent absurdes du président. Beaucoup espèrent que Trump ne sera pas réélu en 2020. En attendant, il serait judicieux au moins de ne pas nourrir sa soif d’importance et de minimiser la publication de tous ses gazouillis. De toute façon, la plupart du temps, il changera d’idée…

15 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 14 juin 2018 07 h 53

    Le conflit interne

    Ça fait un peu prétentieux de répondre en complément à un médecin au sujet du DMS, mais j'ai une certaine exérience de ce trouble de la personnalité, assez pour y avoir pensé des nuits entières pendant des années.

    Selon moi, le trouble de personnalité narcissique est la résolution d'un conflit si énorme en soi qu'il oblitère tout le comportement.

    La personne est convaincue, pour des raisons bien antérieures à l'accession à la parole et donc impossible à raisonner, d'être envahie par une pourriture extrême, et pour survivre doit protéger en soi une contrepartie, qui doit en conséquence être idéale.

    Le narcissique étant pourri, toute personne qui l'approche est automatiquement pourrie, d'où la nécessité de "gagner" à chaque seconde dans tous les échanges. C'est ce qui ressemble le plus chez le narcissique à la personnalité-limite et fait que les deux peuvent être assimilés.

    D'autre part, la survie psychique de l'individu (ne pas "virer fou") exige de montrer en tout temps la "bonne partie", la pure. Et donc le narcissique a l'impression de se battre ET de mentir tout le temps.

    L'image que le narcissique a de lui est terriblement mauvaise. C'est en réaction qu'il doit absolument montrer le contraire.

    Cette lutte bien-mal se reflète dans les jugements drastiques envers les autres. On est parfait ou pourri, rien ne peut être nuancé.
    Il est en "mission". Toute action de sa part est justifiable puisqu'elle participe de sa lutte contre le Mal, i.e. lui-même.

    Forcément, toute personne qui croit le narcissique est jugé comme un imbécile fini : il se laisse prendre au piège, lui!

    Coincé dans cette bataille de tous les instants, le narcissique est incapable de se préoccuper des autres, de un parce qu'ils ne sont pas intéressants, de deux parce qu'il n'a vraiment pas le temps! Imaginez, il se bat contre son Grand Satan Interne!

    ...et en effet, Trump est le pire cas que j'aie vu. Un archétype.

    • Jana Havrankova - Abonnée 14 juin 2018 11 h 26

      Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse de la personnalité narcissique, Monsieur Trottier.

      J’ai raccourci ma lettre pour m’assurer qu’elle soit publiée ; je tenais surtout au dernier paragraphe.
      Il est souvent périlleux d’envoyer à l’éditeur un texte trop long : il risque d’être rejeté.
      Par contre, et soyons reconnaissants au Devoir, la discussion qui suit permet parfois compléter le texte, comme vous l’avez fait.

  • Loraine King - Abonnée 14 juin 2018 07 h 53

    Pire...

    Il semble que ce soit contagieux, car ses appuis sont importants et se comportent tous et toutes comme lui !

  • Bernard Terreault - Abonné 14 juin 2018 08 h 02

    Bonne suggestion

    Je sais que les excentricités de ce bouffon font vendre de la copie, mais les médias devraient largement l'igorer plutôt que faire sa publicité.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 14 juin 2018 11 h 21

      Impossible de l'ignorer! Car, régulièrement, il dit des choses, prend des décisions qui nous dérangent, NOUS!|

    • Brigitte Garneau - Abonnée 14 juin 2018 16 h 02

      «Impossible de l'ignorer!», vous avez raison M. Grandchamp, mais il y a un équilibre à respecter en l'ignorer et lui donner TROP d'importance...

  • Louise Melançon - Abonnée 14 juin 2018 08 h 28

    Complices...

    C'est tout à fait pertinent de dire que nous lui donnons trop d'importance, en commentant sans arrêt ses "twits"... Nous sommes complices du désastre qu'est cette présidence...

    • Jean-Yves Arès - Abonné 14 juin 2018 13 h 22

      Le problème c'est que de façon on ne peut plus concrète c'est l'homme le plus puissant du monde via l'armé américaine.

      Ce qui cloche c'est qu'on a toujours dit que le pouvoir aux États Unis n'était pas concentré dans la seule personne de son président et qu'il était partagé, sinon atomisé, entre une foule de représentants élus, le congrès en tête. Là, a l'évidence, cette prottection contre la venue d'un dirigeant qui se proclame empreur et place l'État au service de SA personne, ne fonctionne pas

  • Claude Bernard - Abonné 14 juin 2018 11 h 26

    Diagnostique à distance

    Déclarer quelqu'un de ¨malade mental¨ sans l'avoir rencontré, je pensais que cela était contre la déontologie.
    Je comprends que je me suis trompé; notre époque faisant dans le ¨politically correct¨ tout se qui dépasse doit être excisé.
    Du moins ce dangereux névrosé n'a pas, jusqu'a ce jour, envahi ni l'Afghanistan, ni l'Irak, ni poussé à la guerre civile en Syrie ou en Tunisie.
    Il n'a assassiné personne au Pakistan: quel pauvre esprit égocentrique.
    Il n'a pas prétendu exporter la démocratie et ne s'est pas lancé dans le ¨nation building¨ : quel manque de vision.
    Sous son ¨règne¨ les deux Corées parlent de signer enfin la paix et de dénucléarisaion de la pénisule, leur Chef d'État respectif se rencontrent pour la première fois en 50 ans, mais sans qu'il y soit, pense la gauche pc, pour quoi que ce soit.
    Ignorant et narcissique, Trump l'est peut-être, mais jusqu'à la folie: cela reste à prouver.