Le risque du cannabis à domicile

Monsieur le Premier Ministre,

Ces lignes sont en réaction à une de vos idées, potentiellement valable mais devenue détestable par votre rigidité superficielle.

Légaliser le cannabis se prête mal au manichéisme. En permettre la culture au domicile est d’un autre ordre. Vos arguments en sa faveur ne font pas le poids, d’autant plus qu’une loi dont l’application est peu ou pas vérifiable, n’est qu’une invitation à la violer.

Les « cultivateurs » seront évidemment des fumeurs réguliers (et peut-être des mini-fournisseurs), dont les proches seront bien malgré eux exposés à la fumée secondaire… et les voisins mitoyens aux odeurs désagréables.

Vos conseillers ne peuvent ignorer qu’une revue des publications pertinentes, publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne du 30 novembre 2017, montre que le sang et l’urine d’adultes exposés à de la fumée secondaire de cannabis contiennent des quantités mesurables de ses métabolites, pouvant durer jusqu’à huit heures, et que certaines personnes rapportent des effets psychiques négatifs. Le Canada n’a-t-il pas déjà trop d’enfants traités au Ritalin ?

Les fumeurs récréatifs — quel que soit leur âge — ne méritent pas un tel privilège. Les fumeurs doivent réaliser que les risques et les désagréments pour « les Autres », et surtout les jeunes enfants, les plus à risques, sont suffisamment sérieux pour refuser, même aux fumeurs « pharmacologiques » (le cannabis prescrit), ce privilège hors du commun. Il faut manquer d’imagination pour ne pas concevoir pour eux un autre mode d’accès. Un deuxième temps consistera à régler les nombreux conflits mitoyens…

Avec mes respects,

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