Le risque du cannabis à domicile

Monsieur le Premier Ministre,

Ces lignes sont en réaction à une de vos idées, potentiellement valable mais devenue détestable par votre rigidité superficielle.

Légaliser le cannabis se prête mal au manichéisme. En permettre la culture au domicile est d’un autre ordre. Vos arguments en sa faveur ne font pas le poids, d’autant plus qu’une loi dont l’application est peu ou pas vérifiable, n’est qu’une invitation à la violer.

Les « cultivateurs » seront évidemment des fumeurs réguliers (et peut-être des mini-fournisseurs), dont les proches seront bien malgré eux exposés à la fumée secondaire… et les voisins mitoyens aux odeurs désagréables.

Vos conseillers ne peuvent ignorer qu’une revue des publications pertinentes, publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne du 30 novembre 2017, montre que le sang et l’urine d’adultes exposés à de la fumée secondaire de cannabis contiennent des quantités mesurables de ses métabolites, pouvant durer jusqu’à huit heures, et que certaines personnes rapportent des effets psychiques négatifs. Le Canada n’a-t-il pas déjà trop d’enfants traités au Ritalin ?

Les fumeurs récréatifs — quel que soit leur âge — ne méritent pas un tel privilège. Les fumeurs doivent réaliser que les risques et les désagréments pour « les Autres », et surtout les jeunes enfants, les plus à risques, sont suffisamment sérieux pour refuser, même aux fumeurs « pharmacologiques » (le cannabis prescrit), ce privilège hors du commun. Il faut manquer d’imagination pour ne pas concevoir pour eux un autre mode d’accès. Un deuxième temps consistera à régler les nombreux conflits mitoyens…

Avec mes respects,

5 commentaires
  • Loraine King - Abonnée 12 juin 2018 06 h 55

    Fumée

    Je vous invite à fouiller, YouTube par exemple, pour des démonstrations sur l’utilisation des vaporisateurs et des filtres au charbon type Smoke Buddy. On peut consommer du cannabis par inhalation, et en expirer la vapeur dans un filtre. Il n’y aura aucune fumée et aucune odeur.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 12 juin 2018 06 h 57

    N’importe quoi

    L’étude publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne ne démontre pas que la toxicité de la fumée secondaire du cannabis cultivé à la maison soit différente de celle du cannabis vendu par l’État.

    Le signataire de cette lettre oublie que la consommation de cannabis est déjà largement répandue et que la légalisation proposée n’est qu’un changement de fournisseur; la cochonnerie vendue par la pègre sera remplacée par du cannabis de qualité vendu par l’Etat.

    Dois-je comprendre que la santé de nos jeunes passe par la consommation de cannabis auquel la pègre ajoute divers composés chimiques ?

    Un peu de rationalité S.V.P.

  • Pierre Desautels - Abonné 12 juin 2018 08 h 25

    Un faux problème.


    Il n'y a qu'au Québec et au Manitoba qu'il y a autant d'opposition à la légalisation du cannabis, et en particulier à domicile. La grande majorité des citoyens ont été capables de gérer le dossier de la cigarette, qui n'est pas un produit sans risques, bien sûr. Et si des citoyens désirent consommer du cannabis chez eux, ils le feront comme ils le font actuellement, de toute façon. Et la terre va continuer de tourner.

    Il ne faut pas oublier aussi qu'au Colorado, cinquante pour cent des ventes de cannabis légal sont pour des produits dérivés tels que biscuits, brownies, huiles, sauces à spaghetti, etc. Et ces produits dégagent de très bonnes odeurs. Bon appétit!

  • Marc Tremblay - Abonné 12 juin 2018 12 h 30

    Pas convaincant

    Je ne vois dans ce texte aucun argument pour justifier l'interdiction de cultiver du pot à domicile.

  • Simon Grenier - Abonné 12 juin 2018 14 h 08

    De l'application "vérifiable" des lois...

    Bien peu de lois et règlements, dans les faits, sont automatiquement appliqués. Il est très possible, au Québec, de passer sur un feu rouge sans être puni, tout comme on peut voler des bonbons au dépanneur, frauder une vieille dame au téléphone ou conduire un véhicule sans permis de conduire valide sans être le moindrement importuné. Dans la presque totalité des cas, il faut un soupçon, une plainte, un constat officiel pour faire appliquer une loi. Dans le débat sur la légalisation du cannabis et en particulier sur sa culture à domicile, le fait que cela soit difficile à vérifier me semble être un argument bien futile.