Quatre questions à Jean Chrétien

Dans une entrevue réalisée par Le Devoir en lien avec la sortie d’un documentaire à Radio-Canada sur ses meilleurs souvenirs en politique, Jean Chrétien explique qu’il a pris beaucoup de plaisir à se raconter. Mais l’on peut être assuré qu’il ne racontera pas tout, ou du moins qu’il saura en oublier ou en corriger à sa façon des parties, que ce soit sur octobre 1970 ou sur les expropriations du parc Forillon dans la même année, ou encore sur l’aéroport de Mirabel entre 1969 et 1975 et sur la commission Gomery en 2004.

Dans le cas d’octobre 1970, Chrétien oubliera certainement de parler des 435 Québécois emprisonnés sans jamais être accusés et en recourant à des techniques de torture psychologique, dont Gérald Godin et Pauline Julien […]. Tout cela pour créer la peur chez les Québécois et ensuite essayer par tous les moyens possibles de les manipuler, comme il l’a fait avec la grande manifestation de la supposée sympathie des Canadians en 1995.

Quant à l’expropriation […] des 225 cultivateurs de Forillon, alors qu’il était ministre responsable, ceux-ci ont non seulement été expropriés pour une bouchée de pain, mais ils ont dû évacuer leur maison en vitesse et en pleurant alors que ses fonctionnaires y mettaient déjà le feu.

Pour ce qui est de l’aéroport de Mirabel, toutes les études québécoises (sauf celle de Benjamin Higgins de l’Université McGill commandée et réalisée en quatre jours) avaient démontré que sa construction à cet emplacement loin de Montréal et des besoins de la population, allait contre toute logique économique et géographique. Aéroport sur des terres expropriées de la même façon barbare qu’à Forillon et qui nous a coûté plus de deux milliards de dollars (d’aujourd’hui) pour rien, tout en ne nous laissant finalement que l’aéroport Trudeau, qui ne pourra que continuer à être congestionné et à multiplier le bruit incessant pour une bonne partie des Montréalais.

Terminons avec la commission Gomery qui s’est vue obligée de le blanchir alors qu’il était le grand patron d’une des plus grandes magouilles canadiennes de détournement de fonds publics pour tuer les espoirs d’un très grand nombre de Québécois. Puisque les acteurs qui travaillaient directement pour lui ont tous pris le blâme sur leurs épaules. À moins que, finalement, il avoue avoir été manipulé ou n’avoir rien vu comme un triple idiot. Et l’on pourrait continuer ainsi en se demandant comment fait le temps pour faire oublier la bêtise humaine, mais aussi, comme le dirait Voltaire, en espérant qu’il en reste toujours quelque chose.

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