Les trésors du sol québécois

Selon le registre des compagnies, Nemaska Lithium inc. est une minière québécoise dont le siège social est situé à Québec. Son actionnaire majoritaire, qui représente plusieurs investisseurs non identifiés, est la Caisse canadienne de dépôts et de valeurs située à Toronto. Le deuxième actionnaire est TQC Group, situé aux Pays-Bas (paradis fiscal ?). TQC Group fait partie du Chengdu Tianqi (Group) Co., une entreprise chinoise spécialisée dans le lithium.

Les quotidiens du jeudi 31 mai dernier ont rapporté que l’État québécois investira 80 millions dans le capital-actions de Nemaska, soit 7 % dans ce projet de 1,1 milliard. Conséquemment, lors des versements des dividendes, l’État aura droit à 7 %, et les autres investisseurs à 93 %.

Si Québec reçoit des redevances, elles seront calculées d’après les données déclarées par la compagnie, selon un mécanisme complexe basé sur la production et la valeur du minerai à « la tête du puits », déduction faite de dépenses diverses, dont les frais d’exploitation (Le Devoir, Alexandre Shields, 2 décembre 2015). On peut y voir aussi que le taux de redevances minières au Québec varie entre 1,5 % et 4,5 %.

Le projet créera 300 emplois permanents. C’est peu comparativement aux 350 000 travailleurs des institutions publiques québécoises. Mais, s’il est bien de créer des emplois, il faudrait d’abord savoir si une gestion efficace des richesses nationales n’en rapporterait pas autant tout en garantissant aux Québécois une rentabilité hautement supérieure. Sinon, le sol devrait garder ses trésors.

1 commentaire
  • Claude Bariteau - Abonné 8 juin 2018 12 h 10

    La répétition de l'exploitation

    Après la pendaison de Riel et les efforts mis à aménager l'Ontario sous le Dominion of Canada, la Province de Québec choisit d'inviter des firmes américaines pour asurer le développement de ses ressources du nord. Cela se poursuivi sous les gouvernments Tachereau et Duplessis. Avec la révolution tranquille, des correctifs furent apportés et des sociétés d'États furent créés, mais l'axe de développement fut plutôt défini plus au sud avec des PME qui exportent vers les États-unis des produits finis.

    Depuis l'entrée en scène des matamores canadiens Charest et Couillard, le nord est redevenu des ressources à mettre au service des multinationales. Tel est le sens du Plan nord. Avec lui, le gouvernement du Québec fournit des installations, offre des sites d'exploitation et y investit des sommes peu importantes par rapport aux infrastructures qu'il installe.

    Le cas du lithium, un élément fondamental dans la construction de batteries pour des unités de transport qui n'utileront plus le pétrole, est de cet ordre. Il l'est parce que ces matamores et leurs associés, cherchent à tirer profit des ressources du Québec pour se retrouver, comme c'était le cas du temps de Tachereau et de Duplessis, sur des conseils d'administration à titre de personnes qui connaissent les rouages de l'exploitation des ressosurces et de la main-d'oeuvre.

    Or, il s'avère que, contrairement aux époques antérieures, nous avons des connaissances et des moyens finaciers pour réaliser ce que vous estimez ce qui devrait être fait. Le problème n'est plus de cet ordre. Il est dans la façon dont ces matamores veulent transformer le Québec en une main-d'oeuvre au service des multinationales comme l'a fait le curé Labelle avant de s'en rendre compte.