Bloc québécois: quelle éthique choisir?

La situation des derniers mois de Martine Ouellet comme chef du Bloc québécois illustre très bien à mon avis un concept du sociologue Max Weber, selon qui « toute activité orientée selon l’éthique peut être subordonnée à deux maximes totalement différentes et irréductiblement opposées.

« Elle peut s’orienter selon l’éthique de la responsabilité ou selon l’éthique de la conviction. Lorsque les conséquences d’un acte fait par pure conviction sont fâcheuses, le partisan de cette éthique attribuera la responsabilité aux autres alors que le partisan de l’éthique de responsabilité estimera ne pas pouvoir se décharger sur les autres des conséquences de sa propre action. Le partisan de l’éthique de conviction ne se sentira responsable que de la nécessité de veiller sur la flamme de la pure doctrine afin qu’elle ne s’éteigne pas. Ses actes ne peuvent avoir que cette seule fin : ranimer perpétuellement la flamme de sa conviction ».

On ne peut douter des convictions profondes de Martine Ouellet en faveur de l’indépendance du Québec. Celle-ci en a fait son combat personnel depuis des années de militantisme. Mais on peut douter de ses qualités de leadership par ses expériences passées et récentes alors qu’elle a fait le vide autour d’elle. Les résultats du référendum démontrent que ses convictions sont partagées par une large majorité de membres du Bloc québécois, mais qu’elle n’est pas la capitaine pour mener à bon port ses troupes. Peut-être que si elle avait connu le concept de Weber sur les deux éthiques, elle se serait épargné cette humiliation et ce règlement de comptes contre tous ceux et celles qui ont voté en faveur de sa vision mais lui ont refusé leur confiance.

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