Les caquistes, des libéraux pressés

Si on exclut les positions identitaires de la CAQ en matière d’immigration et un certain nationalisme économique concernant la protection des sièges sociaux, tout comme l’intention de rapatrier des pouvoirs fédéraux en conformité avec le rapport Allaire, le parti de François Legault et le PLQ sont des frères siamois qui partagent une vision commune du développement économique et social du Québec.

Ces deux partis, qui s’abreuvent à la source du néolibéralisme, prônent des baisses d’impôts qui se traduisent par des reculs de l’État en matière sociale dans les domaines de l’éducation et de la santé. L’austérité et la privatisation des services publics sont la conséquence de ces choix fiscaux. Le développement des garderies privées au détriment des CPE et le recours aux supercliniques gérées par les médecins illustrent bien ce phénomène.

En ce sens, l’austérité libérale des dernières années a créé des conditions déplorables dans les écoles et les hôpitaux pour les travailleurs et travailleuses du secteur public. Ce ne sont pas les récents cadeaux électoraux qui viendront corriger le tir.

Prétendre régler le chaos libéral en récupérant un milliard de dollars octroyés aux médecins relève de la pensée magique, et l’illusionniste Legault est le seul à y croire. Espérons que son cadre financier s’appuie sur des données comptables plus sérieuses.

Les Québécois veulent du changement. L’électorat québécois aurait avantage à bien cerner les politiques de la CAQ et à remettre en question cette apparente originalité qui n’est que le prolongement des politiques du gouvernement précédent. Si d’anciens caquistes comme les Barrette, Anglade et Proulx sont à l’aise dans le gouvernement Couillard, c’est peut-être que ces derniers n’étaient que des libéraux pressés.

4 commentaires
  • Caroline Mo - Inscrite 30 mai 2018 06 h 47

    Le seul vrai changement

    Les Québécois font ce que les sondages leur disent de faire.

    C'est malheureux mais, c'est comme ça. Nous en avons eu un exemple éloquent avec la vague orange...

    Le seul vrai changement possible est de faire de la belle province un pays.

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 mai 2018 07 h 49

      @ Caroline Mo,

      « L'indépendance n'est qu'un contenant »

      "Le seul vrai changement possible est de faire de la belle province un pays." - Caroline Mo

      — Alors, expliquez-nous donc quel espèce de changement il se produirait, si les Couillard, Charest, Legault prenaient le pouvoir dans un éventuel Québec indépendant? Ils auraient sans doute plus de moyens pour faire pire qu'ils ne l'ont déjà fait dans un Québec-province.

      L'indépendance n'est qu'un contenant.

      C'est le programme politique, la gestion, l'orientation gauche-droite et la gouvernance qui est le contenu.

      Et il est à peu près temps qu'on se le dise.

      Christian Montmarquette

    • Colette Pagé - Abonnée 31 mai 2018 10 h 23

      Je souscris à l'opinion de Monsieur Montmarquette. Malheureusement au lire de lire les programmes et de questionner les condidats, un grand nombre d'électeurs préfèrent se comporter comme des moutons de Panurge prèférent suivre la vague par crainte de ne pas voter gagnant. Se pourrait-il qu'un grand nombre de ces électeurs soient des des perdants à la Loto qui voudraient inconsciemement se venger ?

      En ce jour ensoleillé, cette constation est des plus désespérantes .

    • Christian Montmarquette - Abonné 31 mai 2018 10 h 43

      "Je souscris à l'opinion de Monsieur Montmarquette." -Claude Gélinas

      Heureux de vous l'entendre dire M. Gélinas.

      Merci.