Un «scoop» pour Luck Mervil

Cher Luck Mervil,

J’ai toujours admiré l’artiste que vous êtes. Je garde un souvenir ému de votre rôle de Clopin dans la comédie musicale Notre-Dame-de-Paris. Et je continuais d’écouter jusqu’ici avec bonheur l’album Ti Peyi a, un bijou en son genre. Mais depuis la vidéo « Les mots dits » que vous avez diffusée sur YouTube hier, j’ai perdu toute envie de vous écouter. Parce que vous insistez une fois de plus sur les dix-sept ans « et demi » de la femme que vous avez abusée. Parce que vous vous posez en victime (des médias, notamment) et que cette victimisation discrédite l’auteur de la chanson Le goût des jeunes filles que vous êtes aussi et donne à croire que vous n’avez toujours pas réalisé la gravité de l’acte pour lequel vous avez plaidé coupable. Parce que cette vidéo — qui ressemble à une tentative désespérée de réhabiliter votre image — constitue un double affront, d’autant que vous l’annoncez comme la première d’une série à venir… Mauvais goût, bonjour ?

Se garder une petite gêne — à défaut de garder le silence — aurait été, dans les circonstances où vous n’avez pas encore commencé à purger votre peine, la moindre des élégances. Mais peut-être êtes-vous incapable d’une telle grâce et que ceci explique cela. Quoi qu’il en soit, je vous annonce officiellement que nous sommes maintenant entrés dans une toute nouvelle ère qu’on appelle « post-#MeToo » et que cette nouvelle ère (ce nouvel air ?) invite les hommes et femmes du monde entier à se regarder et à repenser leurs rôles respectifs dans nos sociétés qui sont depuis toujours fondées sur des rapports de pouvoir et de domination.

Je n’ai aucun doute que vous puissiez un jour participer vous aussi à ce grand mouvement, mais d’ici là, je sors définitivement votre nom de ma playlist.

3 commentaires
  • Nicole Fleury - Abonné 26 mai 2018 11 h 17

    scoop pour Luck Mervil

    J ai réagie sur la lettre de commentaire sur la situation de M Luck Mervil. Je suis d accord ce qui est écrit sur la lettre, j ai limpression que M. Mervil se considère la victime et non la jeune fille qui a été exploité. J avais un certain respect pour M. Mervil mais mantenant je retire ma confiance.

  • Denise Trépanier - Inscrite 26 mai 2018 19 h 50

    Denise Trépanier Abonnée

    Bravo M. Campeau ! Je partage entièrement votre opinion.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 27 mai 2018 06 h 39

    … suspecte !

    « J’ai toujours admiré l’artiste que vous êtes. (…) Mais depuis la vidéo (…), j’ai perdu toute envie de vous écouter. Parce que vous insistez une fois de plus sur les dix-sept ans « et demi » de la femme que vous avez abusée. » (Robert Campeau)

    17 ans « et demi » ?!

    Si la jeune femme avait, au moment des « faits », cet âge, une question :

    Si, au Québec, l’âge de consentement à disposer librement de son corps à partir de 14 ou 16 ans ?!?, les personnes ayant l’âge de cette femme sont-elles considérées comme d’éternelles « mineures » à cet effet ?

    De cette question, on-dirait que l’Affaire Mervil semble reposer sur un « flou juridique » qu’il serait heureux de résoudre au plus vite !

    Qu’il ait été reconnu « coupable » ou selon, cette Affaire demeure juridiquement et socialement …

    … suspecte ! - 27 mai 2018 -