Place à une commission Parent 2.0

Au temps du département de l’Instruction publique de la province de Québec, 80 % de la population habitait les régions. Le cheval était la source motrice. Pour instruire la population, il fallait un système décentralisé basé sur la présence de commissaires qui voyaient à la construction de l’école de rang, à l’engagement d’une personne suffisamment instruite pour agir comme « maîtresse » d’école, à lui fournir un logement au-dessus de la classe ou chez un cultivateur et à la payer « pas trop cher ». Les écoliers marchaient jusqu’à l’école.

Ce temps est révolu.

Les Québécois sont maintenant citadins à environ 80 %, les communications sont instantanées, les bâtiments scolaires ont des dimensions importantes et les écoliers ne marchent plus jusqu’à l’école. Les enseignants sont bien formés et peuvent profiter des avancées technologiques.

Le monde a tellement changé qu’il s’impose pour l’État de voir à ce que le système scolaire reflète ces changements. Pour cela, il convient de dépolitiser le sujet en instituant une commission Parent 2.0 constituée d’experts indépendants pour faire le tour de la question et proposer un modèle sans doute très différent de la situation actuelle. Les palabres ont vécu, passons à l’action.

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3 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 24 mai 2018 08 h 41

    Il est temps!

    Vous avez sans doute raison. Une commission Parent, il en faudrait une à tous les vingt-cinq ans. Ce temps est largement révolu.

    M.L.

  • Jean-François Trottier - Abonné 24 mai 2018 09 h 48

    Eille! Ça va faire les révolutions!

    Il est hors de question que le système d'éducation subisse sa énième "révolution complète" pour le plaisir.

    Tout d'abord la Commission Parent était parfaitement au fait de l'évolution du Québec.
    La création de polyvalentes ou de Cegeps n'aurait pas été pensable en milieu rural. Il semble que vos connaissances historiques sont plus que primaires, M. Desgagné.

    La pire maladie su système d'éducation tient à ses hauts fonctionnaires qui passent d'une Grande Manoeuvre à une autre sans vérifier les résultats au préalable.
    Vous suggérez de tout recommencer ???? Allô!!

    La connaissance que le prof a de ses élèves est une part capitale en éducation. C'est cette base qui permet à une personne d'inculquer des connaissances mais surtout le goût de les apprendre.
    Or pour le moment le prof, à force de passer d'une réforme à l'autre, ne peut pas consolider son approche ni ses propres outils pour y arriver.

    Avant de parler d'une association professionnelle, il faudrait traiter le prof en professionnel et lui laisser le temps de raisonnenr en fonction de ses élèves. Sinon il n'est toujours qu'un pion sans valeur.

    La seconde maladie du système est le Rousseauisme, dont déjà le rapport Parent voulait se prémunir tout en sachant que forcément cette horreur reviendrait par la porte arrière.

    J'ai pleine confiance en mes enfants et leur génération (en autant qu'ils apprennent à se méfier des charlatans, comme chaque génération). Mais de là à croire qu'ils sont "naturellement bons", y a des limites!
    Ça, les profs le savent, contrairement aux "grands réformateurs".

    Il est urgent de NE PAS changer le sytème et de faire confiance aux profs. Le lien entre le prof et ses étudiants, pour apprendre à objectiver la matière et en tirer ses propres conclusions, est capital et extrêmement fragile.

    Pour améliorer ce qui est, commençons par les salaires, puis facilitons les échanges entre profs.
    Assez de verticalité, bon yeu!

  • Cyril Dionne - Abonné 24 mai 2018 19 h 23

    Autant en emporte les Don Quichotte de l’éducation

    Bon.

    « Les enseignants sont bien formés et peuvent profiter des avancées technologiques. »

    Faux!

    La plupart des enseignants, ceux qui connaissent un peu les TIC, ne sont que des utilisateurs. À l’école, et on est poli, on enseigne les technologies de la 2e révolution industrielle tandis que la 4e est à nos portes. Bien qu'il y ait beaucoup de discussions sur l'impact de la technologie non seulement dans la classe, mais dans nos sociétés, les gouvernements ne sont pas encore prêts. Alors, comment imaginer que les écoles le sont? Cela étant dit, les programmes d'études actuels dans le milieu scolaire ne reflètent pas cette réalité à sa pleine justification. La programmation n'est pas une langue formelle enseignée à l'école, mais son importance pour l'éducation des futurs créateurs d'emplois est cruciale pour toute société qui se dit numérique.

    Nous sommes à la veille d'une nouvelle révolution. La quatrième révolution industrielle des robots et de l'intelligence artificielle et nous ne sommes même pas encore à même de comprendre pleinement l'impact de la troisième révolution industrielle de l'automatisation et d'un monde connecté.

    Il faut sortir de la boîte. Ce que nous faisons présentement en éducation est désuet. L’approche et même le contenu ne reflète pas la réalité. Toute l’information est là et on peut l’obtenir avec un clic de souris. Ce que les apprenants ont besoin, ce sont des filtres pour séparer le bon grain de l’ivraie. Malheureusement, l’école physique est désuète. Dans un futur prochain, les parents devront jouer un rôle important dans la transmission des connaissances.

    Et SVP, lâchez-nous avec un Ordre professionnel ou bien avec une commission Parent 2.0. Il y a un Ordre professionnel en Ontario et ce n’est qu’une couche bureaucratique de plus. Et une commission des pédagogues, par les pédagogues et pour les pédagogues est aussi révolutionnaire que le retour du VHS et des tables tournantes. La pédagogie n’est pas une science.