Lockout à l’UQTR: «l’exclusion est une violence»

Ainsi parlerait Paul Ricoeur. Il y a des mots dans une langue parlée qui font image et sens, et qui sont l’expression du non-sens de leur utilisation dans la vraie vie : exclusion, violence, et cet autre anglicisme, « lockout », auquel on pourrait donner la même signification qu’aux deux premiers.

Est-ce que la fin justifie le moyen, demanderait Albert Camus à l’administration de l’UQTR. Après lecture des fins que celle-ci nous a énumérées le 2 mai dernier pour justifier sa décision d’exclusion violente et massive de ses employés professeurs, ne faut-il pas se questionner sur l’actuel résultat : discordance complète !

Ce n’est pas d’hier que nous palpons la disharmonie qui règne à l’UQTR entre son conseil d’administration, son administration et ses employés ; on peut même dire que l’hypertension est la culture d’entreprise de cette école du savoir. Triste constat. Il faut vraiment que le savoir soit de haute renommée pour que cette organisation ait survécu à toutes les tempêtes et chicanes qui se sont faites à l’intérieur de ses murs.

Je n’ai jamais été syndiqué. Je n’ai jamais vécu les affres d’une grève pour faire respecter ma condition humaine de travailleur ; je n’ai jamais vécu les blessures d’un lockout imposé par un employeur invoquant ses droits. J’observe cependant les séquelles de chacune de ces stratégies de ce que nous appelons « les relations de travail » et je ne peux que m’interroger sur leurs bien-fondés : sommes-nous en situation de respect mutuel ?

Ces chicanes épuisent, font piétiner et laisseront des cicatrices permanentes sinon très longues à effacer ; le « jeu » en vaut-il la chandelle ?