Mario Beaulieu, le putschiste

Depuis le conseil général du Bloc québécois d’il y a dix jours, le président du parti, Mario Beaulieu, laissait planer le doute eu égard à son avenir au Bloc. Eh bien, c’est maintenant officiel, il demeure au Bloc pour mieux précipiter le départ de la chef Martine Ouellet, qu’il dit responsable de la crise que vit actuellement le Bloc.

Et, pour faire taire toutes les rumeurs concernant ses raisons d’une telle décision, M. Beaulieu allègue qu’il est « 100 % en faveur d’une approche proactive à l’indépendance. C’est pour ça [qu’il] a appuyé Martine Ouellet ». Ce qu’il lui reproche aujourd’hui, « c’est la façon dont elle agit en tant que chef ».

Au moins, les cartes ont l’avantage d’être claires, Mario Beaulieu s’affirme donc comme un putschiste avoué et c’est à ce titre qu’il ne ménagera aucun effort pour arriver à ses fins d’ici au vote de confiance auquel se soumettra Mme Ouellet au début de juin.

La décision de Mario Beaulieu ajoute, à n’en pas douter, un lourd poids sur les épaules de Martine Ouellet, qui perd un appui majeur dans sa « croisade » pour conserver son titre de chef du Bloc québécois. L’avenir nous dira si M. Beaulieu aura un effet mobilisateur significatif auprès des membres du parti.

En attendant, les jeux de coulisse risquent d’être déterminants quant aux suites à donner à la décision du président du parti, un « guerrier » expérimenté qui bénéficie d’un certain prestige auprès des troupes bloquistes !

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7 commentaires
  • Marcel Lemieux - Inscrit 10 mai 2018 06 h 17

    Pathétique

    De plus en plus désolant, triste et pathétique. Un peuple en devenir............Pas sûr.

  • Germain Dallaire - Abonné 10 mai 2018 07 h 44

    Un grand danger? Pas sûr!

    M. Beaulieu a très certainement une feuille de route impressionnante et respectable mais depuis son virage à 180 degrés, il semble être carrément en désarroi. Au conseil national de la fin avril, c'en était pathétique par moments. Un ennemi aussi erratique devient un ami objectif. Pour moi, il est une distraction. Le vrai débat, les "démissionnaires" nous le confirment à tous les jours, il est clairement sur la défense de l'indépendance. C'est à la détermination et la pugnacité de Martine Ouellet et de ceux et celles qui l'entourent qu'on doit cette clarification de l'enjeu. Logiquement, elle devrait en sortir beaucoup plus forte.
    Germain Dallaire
    abonné

  • Gilles Bousquet - Abonné 10 mai 2018 08 h 11

    Peine d'amour de Martine

    Même si elle l'a invité chaleureusement, M. Beaulieu a ighoré son appel, en déclarant qu'il n'en avait plus confiance et qu'il travaillerait même, comme président du Bloc, èa lui dire NON sur son vote de confiance du début de juin. Est-ce qu'il va aussi faire campagne pour le NON èa la promotion du Québec un pays ?

    Fait dire qu'il va probablement trouver èa travers de son chemin, M. Gilbert Paquette, nouveau vice-président du Bloc et M. Monièere, 2 solides fans de Mme Ouellet.

    M. Barsalou-Duval, un député fidèle à Mme Ouellet, vient juste de critiquer le fait que M. Beaulieu provite de son titre au Bloc pour influencer le vote contre Mme Ouellet...pour le NON à lui faire confiance.

    • Raymond Labelle - Abonné 10 mai 2018 12 h 02

      M. Barsalou Duval a raison sur ce point: un président de parti qui assume ses responsabilités a deux options dans ce genre de circonstances: a) rester neutre ou b) appuyer la direction. Un des rôles fondamentaux du président est d'assurer la cohésion de l'ensemble des membres et/ou d'appliquer harmonieusement les politiques du parti. Dans une consultation interne où les membres ont l'occasion de se prononcer librement sur un choix politique fondamental, prendre parti contre la direction du parti et utiliser son poste de président d'une option contre l'autre est un abus de pouvoir.

      M. Beaulieu peut faire campagne dans le cadre de cette consultation, mais il faudrait qu'il démissionne de son poste de président.

      Ne pas démissionner et faire campagne dans cette consultation manque de grâce, pour dire le moins.

  • Colette Pagé - Inscrite 10 mai 2018 10 h 18

    Le loup dans la bergerie !

    Fier complice et associé dès le début dans la rupture des 7 dissidents qui pensent désormais réussir à ressembler avec un nom aussi peu vendeur que "Québec Debout", Mario Beaulieu influencé, il est raisonable de le penser, par son mentor Gilles Duceppe, décide de rester au BQ pour mieux nuire à Martine Ouellet. Fait surprenant, un recrutement qu'il fut le premier à endosser. Se pourrait-il qu'il ait manqué à ce point de jugement et de discernement ? Du flair politique à revendre !

    Pendant ce temps, à l'approche du prochain rendez-vous électoral les dommages collatéraux ont comme conséquence le surplace du PQ dans les sondages. Diviser pour mieux régner, tellle est devenue cette bataille d'egos entre des frères d'armes.

    Belle démonstration de ce que pourrait devenir le pays du Québec.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 10 mai 2018 10 h 57

    Un oiseau sur la branche.

    Mario Beaulieu est en train de scier la branche sur laquelle il s'entête à rester. À sa place, je partirais vers d'autres cieux plus cléments avant que la branche ne cède.