Propos d’Amir Khadir: Gérald Godin aurait pleuré

Je partage les nombreux éloges rendus à Amir Khadir, cofondateur de Québec solidaire, alors qu’il annonçait qu’il ne se représenterait pas aux prochaines élections. Il sera certainement difficile de retrouver une voix aussi forte en faveur d’une plus grande justice sociale et capable d’exprimer avec éloquence son opposition et son indignation à l’égard des possédants qui s’enrichissent aux dépens d’une majorité de la population. Mais, comme il l’a affirmé, il quitte l’Assemblée nationale mais pas la politique. On peut donc penser qu’on entendra encore sa voix.

Malheureusement, en tant que militante de longue date pour l’indépendance du Québec, j’ai été estomaquée d’entendre monsieur Khadir critiquer très durement le Parti québécois lors de ses entrevues à la télévision. Il nie ainsi complètement les avancées sociales réalisées grâce au PQ. Je trouve cela indigne du cofondateur d’un parti qui se dit indépendantiste. Amir Khadir traite le PQ comme s’il était le principal ennemi à combattre. À croire que monsieur Khadir a davantage d’affinités avec les partis fédéralistes.

23 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 9 mai 2018 05 h 57

    QS n'est pas le même parti que le PQ

    Est-ce si dur à comprendre?

  • Michel Lebel - Abonné 9 mai 2018 06 h 38

    La rectitude!

    M.Khadir, lors de diverses déclarations publiques, a clairement montré que le bon jugement n'est pas sa plus grande qualité. Je ne saisis pas d'ailleurs pourquoi son départ de la politique active a donné lieu à de tels éloges dans certains médias. Mais en fait je saisis fort bien pourquoi: l'homme avait la ''bonne'' rectitude politique.

    M.L.

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 mai 2018 16 h 33

      À Michel Lebel,

      "Je ne saisis pas d'ailleurs pourquoi son départ de la politique active a donné lieu à de tels éloges dans certains médias" - Michel Lebel

      — N'essayez-pas de tout ramener aux médias, Lebel.

      Amir a déjà récolté le titre de député le plus populaire de l'Assemblée nationale.

      Référence :

      "Le baromètre Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Khadir, le politicien le plus populaire" - Le Devoir

      https://www.ledevoir.com/politique/quebec/312927/le-barometre-leger-marketing-le-devoir-the-gazette-khadir-le-politicien-le-plus-populaire

      "

    • Michel Lebel - Abonné 9 mai 2018 20 h 35

      @ Christian Montmarquette,


      Il demeure que j'ai trouvé les médias (journalistes) radio-canadiens bien complaisants lors du départ de Khadir de la politique active. Beaucoup plus gentils qu'avec le départ de députés et ministres libéraux et péquistes. Auraient-ils un biais en faveur de QS?...

      M.L.

  • Gilles Delisle - Abonné 9 mai 2018 07 h 48

    Oui, Monsieur Gaudreau!

    J'ai ressenti le même malaise que vous en entendant Khadir critiquer, malhonnêtement , le PQ et ses réalisations! On croyait ce député quand il parlait, mais il a raté sa sortie. Cà s'appelle faire de la "petite politique"!

  • Christian Montmarquette - Abonné 9 mai 2018 07 h 52

    C'est le virage à droite du PQ qui est à pleurer

    "Amir Khadir nie ainsi complètement les avancées sociales réalisées grâce au PQ"..nous dit Rachel Gaudreau

    Les nostalgiques d'un Parti québécois révolu devraient prendre acte que le PQ de 1976 n'existe plus depuis belle lurette et particulièrement depuis le virage néolibéral et pro-austérité du PQ-Lucien-Bouchard, et encore plus, depuis le virage identitaire du PQ-Marois et sa "Charte-des-malheurs" et de la division au Québec.

    Quand on sait que PQ = 


    Coupures dans l'aide sociale; déduction des pensions alimentaires aux enfants des prestations d'aide sociale; désinstitutionnalisation et mise à la rue des malades mentaux sans services et sans suivi; 10 milliards par année de cadeaux aux banques et aux multinationales; 800 millions en cadeaux pour les multinationales minières étrangères en 2013; Appui au passage du pétrole sale bitumineux d'Enbrige*; rejet de Pharma-Québec; inaction et éternels louvoiements sur la question nationale; augmentations records des tarifs d'électricité; libre-échange néolibéral; dogme du déficit zéro et politiques d'austérité; attaques aux services publics par le retrait de 37,000 employés.es de la fonction publique dont 18,000 en Santé et en Éducation; attaques aux syndicats et coupures de 20% salaires de la fonction publique par René Lévesque ; développement du gaz de schiste à Anticosti; construction d'une centrale électrique à Val-Jalbert; 5.6 millions de fraudes électorales; système de prête-noms avec SNS-Lavalin; deux arrestations par l'UPAC dont l'attaché politique de Pauline Marois; rejet du scrutin proportionnel en 2011; trahisons d’engagements électoraux : Maintien de la taxe-santé; augmentation des frais de scolarité et 4000 coupures dans les chèques d’aide sociale en 2013 etc.

    * Référence : 


    "Le PQ et le grand projet canadien, le pétrole" - Le Devoir, 23 février 2013

    https://www.ledevoir.com/opinion/lettres/527273/propos-d-amir-khadir-gerald-godin-aurait-pleure



    



    • Jean-François Trottier - Abonné 9 mai 2018 12 h 05

      M.Montmarquette, quand on agit on porte è la critique. Belle découverte de votre part, et qui fait vos choux gras depuis des années.

      Tous les partis de gauche au monde fait des concessions à droite, tous sauf QS et le Parti Socialiste Unifié de Chavez.Pas étonnant.

      La réalité est que le PQ est social-démocrate, et QS est socialiste radical. Tout son programme le clame.
      Vous trompettez des mensonges en relevant des cas spécieux.

      La période la plus difficile pour le PQ a été le passage de Bouchard, qui a fini par partir quand il a vu qu'il n'était pas capable d'amener le PQ à droite.
      Il est parti. Mais vous n'allumerez jamais, votre mauvaise foi est à faire suer.
      Le déficit zéro a aussi fait partie du programme du NPD et de QS.
      Vous riez de qui au juste ?

      Vous accusez à tort et à travers sur le passé, alors on ne se gênera pas: vous avez dénoncé quiconque "prétendait" que l'assemblée constituante ne menait pas à l'indépendance. Silence total de votre part quand le débat pour que l'assemblée devienne une démarche vers l'indépendance dans le programme.
      Petit mensonge ? Pas vos paroles : de la pure Comedia del Arte et vous dans le rôle de Pantalon.
      Depuis, vous refusez de répondre sur ce fait plus que probable : lors de l'élection de l'assemblée constituante les dizaines de millions d'Ottawa vont pleuvoir malgré la loi électorale du Québec,comme en '95. mais c'est vrai, vous donnez une liste de raisons incroyablement débiles pour l'échec de '95!
      Le capital ne joue jamais de rôle dans les élections, hein!!
      On continue : les accusation de racisme sont une incitation à la haine et je me retiens de porter plainte.
      L'omission de dire comment ces accusations sont fausses ne vaut pas mieux.
      Voilà pour GND, qui pourtant voulait l'entente entre QS et le PQ. On ne s'allie pas avec des racistes que je sache. Je cherche ses dénégations après ces accusations clairement malveillantes.

      Vous faites de la démagogie populiste débile.

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 mai 2018 04 h 48

      @ Jean-François Trottier,

      "Le déficit zéro a aussi fait partie du programme du NPD et de QS".- Jean-François Trottier,

      Vous qui ne cessez de traiter les autres de menteurs..

      Je vous met au défi de sortir le point de programmme de QS qui endosse le déficit zéro.

      "On ne se gênera pas: vous avez dénoncé quiconque "prétendait" que l'assemblée constituante ne menait pas à l'indépendance." - Jean-François Trottier

      - Qu'est-ce que vous en savez? ..puisque ça ne s'est pas produit et qu'il y a encore des gens pour dire que l'ancienne manière de procéder était meilleure, puisqu'elle n'excluait personne du processus et même pas les fédéralistes de venir discuter du projet à la table et de bonifier le projet pour qu'ils en fassent aussi le leur? L'indépendance ne gagnera pas d'appuis en prêchant à des convaincus.

      - Et concernant les millions d'Ottawa..

      - Est-ce que la méthode péquiste d'un référendum marketing sur 30 jours est parvenue à empêcher ça? Non. Mais ce sera beaucoup plus difficile à faire avec une Assemblée constituante sur 18 mois que QS propose, et qui agira en profondeur en faisant sortir tous les arguments pour convaincre la population.


      Christian Montmarquette

  • Hermel Cyr - Abonné 9 mai 2018 08 h 15

    La sphère de la pensée radicale

    Ce qui vous a estomaqué dans les propos d’Amir Khadir, est qu’il nie les avancées sociales réalisées par le PQ. Votre observation est juste.
    C’est souvent difficile de comprendre pourquoi des partis considérés comme voisins sur la ligne idéologique n’arrivent pas à s’arrimer sur le plan politique.

    Les analystes politiques veulent voir dans l’anti-péquisme de Québec Solidaire une stratégie électorale pour s’accaparer les comtés péquistes plus faciles à « conquérir ». Il y a certes de ça chez plusieurs (chez GND par exemple), Mais je pense qu'il y a plus profond que ça.

    Ce que vous constatez chez Amir Khadir est la manifestation d’une pensée radicale. Pour le radical, l'engagement n'est pas affaire de conviction, mais affaire de foi. La psychologie radicale est celle de la croyance; les religions sont des noyaux de radicalité. Ce placer dans la sphère radicale fait qu’on se refuse à tenir en compte les nuances d’une réalité forcément complexe. Le radical a une conception binaire de la réalité, des idées et de la morale. Il y a le vrai, il y a le faux. Les bonnes intentions, les mauvaises. Il y a les bons et les méchants.

    Le radical ne réussit jamais à solutionner la dialectique des contraires. Il reste prisonnier de son carcan idéologique.

    Pour le radical, l’opposant clairement identifié comme antinomique à sa croyance le conforte : c’est le cas de la CAQ et du PLQ pour le militant QS. Mais ce qui déstabilise au plus haut point la pensée radicale, c’est la position mitoyenne, celle qui s’apparente à sa croyance, mais œuvre hors de la sphère radicale : ce qui est le cas du PQ par rapport à QS. La psychologie radicale ne peut s’adapter à la nuance qui définit le pragmatisme. C’est pourquoi il est impératif pour le radical de combattre prioritairement tout ce qui altère la pureté idéologique. C’est la logique de l’inquisition. L’inquisiteur s’attaque prioritairement à l’hérétique, pas à l’incroyant.

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 mai 2018 13 h 32

      @ Hermel Cyr,

      "Le qui vous a estomaqué dans les propos d’Amir Khadir, est qu’il nie les avancées sociales réalisées par le PQ. Votre observation est juste." (...) Ce que vous constatez chez Amir Khadir est la manifestation d’une pensée radicale.." - Hermel Cyr

      C'est du délire que ces allusions malveillantes et tendancieuses au radicalisme et à la pureté d'Amir et de Québec solidaire. Quant à l'idéologie, tous les partis sont idéologiques, et le PQ y compris, puisque le nationalisme et de libéralisme qu'il endosse sont aussi des idéologies.

      Et je vois mal comment on peut être plus radical et extrémiste qu'un PQ qui a abandonné des centaines de milliers, voire des millions, de ses propres concitoyens les plus pauvres avec 500$ par mois d'aide sociale par mois pour survivre durant les 21 ans où il était au pouvoir? Et qui plus est, a cherché à couper dans leurs prestations de misère à chaque fois qu'il a pu !

      - Quant à l’héritage social-démocrate du Parti québécois, il commence à dater.

      C’est comme si on disait qu’il faut voter libéral parce que ce sont les libéraux qui ont nationalisé l’électricité, l’assurance-maladie et démocratisé l’éducation!

      La Révolution tranquille qui a posé les bases de la social-démocratie québécoise s’est faite sous des gouvernements libéraux. Pourtant autant les libéraux que les péquistes en sont aujourd'hui devenus les fossoyeurs.

      Les temps changent et les partis aussi.

      Et c’est tristement le cas du PQ.

      Et il serait grand temps que les péquistes sortent de leur rêve et de leurs illusions. Eux, qui accusent sans cesse QS d'être des rêveurs utopiques.

      Christian Montmarquette

    • Stéphane Laporte - Abonné 9 mai 2018 13 h 43

      N'importe quoi.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 9 mai 2018 17 h 29

      "L’inquisiteur s’attaque prioritairement à l’hérétique, pas à l’incroyant.".

      Monsieur Cyr, vous avez su résumer en une seule phrase toute la pensée d'Amir Khadir. Un homme tout aussi sincère qu'impulsif et anti-pragmatique. Avec de tels amis, l'indépendance n'a pas besoin d'ennemis. Souvent le pire ennemi est celui qui prétend combattre à nos côtés et qui nous donne un croc-en-jambe au plus mauvais moment parce qu'on a eu le malheur de lui déplaire. Les fédéralistes peuvent dormir tranquilles. Un petit lancer de chaussure avec ça? Je lui souhaite néanmoins bonne continuation dans sa carrière de médecin qu'il semble vouloir pratiquer avec un sens du dévouement admirable.

    • Hermel Cyr - Abonné 9 mai 2018 17 h 47

      @ M. Montmarquette

      Depuis 1976, le PQ a géré le Québec pendant une vingtaine d’années. La plupart des grands programmes sociaux mis en place depuis 1970 ont été introduits par des gouvernements péquistes. Je n’ai pas l’espace ici pour les énumérer. Mais vous n’en nommez aucun.
      Vous avez par contre confectionné une liste que vous copiez-collez depuis des années ici. Une liste qu’il faudrait circonstancier et nuancer. Ce qui se dégage du bilan que vous brossez ses gouvernements du PQ donne l’impression d’une catastrophe historique.
      Bien ! Comment ne pas y voir une position impressionniste et « radicale » dans laquelle vous vous enfermez.
      Je salue votre effort pour avoir trouvé les aspects négatifs qui ont pu émaner de 20 ans de pratique de pouvoir. Personnellement je trouve votre liste un peu brève pour un gouvernement qui a dû arbitrer 20 ans de vie sociale tout en respectant des impératifs budgétaires et en regard des réformes par ailleurs adoptées.
      Quand Québec Solidaire aura géré le Québec pendant 20 ans, avec des contraintes réelles que suppose l’exercice du pouvoir, on pourra se parler de son bilan. Mais pour l’instant peu de signes nous permettent d’espérer qu'on puisse voir un jour un tel bilan.

    • André Joyal - Abonné 9 mai 2018 18 h 43

      Super M. Cyr!
      Ce ne sont pas les cris de perroquet de qui on sait qui vont diminuer les mérites de votre très éclairant commentaire.

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 mai 2018 04 h 35

      À Hermel Cyr,

      "La plupart des grands programmes sociaux mis en place depuis 1970 ont été introduits par des gouvernements péquistes." - Hermel Cyr

      1 ) Comme je l'explique dans mon premier commentaire, le PQ progressiste des années 70' n'existe plus depuis le milieu des années 80' et même avant.

      2 ) Et contrairement à ce que vous dites, les plus importants programmes sociaux comme la nationalisation de l'électricité, le système de santé publique, Régie des rentes du Québec et le système d'éducation publiques n'ont pas été mis en place par le PQ mais par le Parti libéral et même par l'Union nationale de Daniel Johnson père dans le cas de l'Université du Québec.

      Et s'il est vrai que le PQ parfois a cédé à gauche pour mieux mêler tout le monde, il demeure l'instigateur de la Loi sur le déficit zéro et des politiques d'austérité qui viennent avec si chères aux gouvernements libéraux et encore appliqué entre 2012 et 2014 lors du denier gouvernement Marois.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 10 mai 2018 04 h 41

      @ Jean-Charles Morin,

      "Un homme tout aussi sincère qu'impulsif et anti-pragmatique." - Jean-Charles Morin

      15 ans d'implication longitudinale en politique et une analyse économique confirmée par Joseph E. Stiglitz, un prix Nobel en économie..

      - Tu parles! ..d'une impulsivité et d'un anti-pragmantisme !

      - Cm