À propos de la «mobilité»

Ces jours-ci, promesses électorales obligent, on peut lire de nombreux commentaires et analyses à propos de la « mobilité », parmi lesquels la congestion automobile constitue l’un des thèmes récurrents. Il est consternant de voir que la majorité des suggestions proposées, que ce soit par des « experts » ou par de simples citoyens, renvoie à des solutions qui consistent à faire payer cet automobiliste dont on ne veut plus, de manière à le convaincre d’utiliser sa voiture moins souvent.

Dans l’ordre des solutions proposées afin de résoudre des problèmes sociaux, qu’il s’agisse de congestion routière ou de tout autre chose, il semble en effet que les moyens dont nous disposions pour venir à bout de ces difficultés soient toujours régressifs. En l’occurrence, qu’il s’agisse d’installer des péages sur les routes ou de taxer l’essence davantage (ou l’achat, ou encore l’usage du véhicule, peu importe), le résultat sera le même : le riche s’accommodera aisément de telles mesures et c’est le moins nanti qui fera les frais (c’est le cas de le dire) de leur instauration.

Qui plus est, si jamais on allait de l’avant avec, par exemple, les péages autoroutiers, le riche aurait, du coup, des voies moins congestionnées pour faire rouler ses imposants VUS, alors que le pauvre devrait y penser à deux fois avant de sortir de chez lui.

Pourrions-nous, pour une fois, prendre le problème par le bon bout et faire preuve d’un peu plus d’imagination ?

7 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 9 mai 2018 03 h 25

    Essence plus chère

    L'essence plus chère me semble un pas dans la bonne direction.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 9 mai 2018 05 h 28

    La juste sociale, passe-t-elle par l’auto gratuite aux pauvres ?

    Construire toujours plus de routes, plus d’autoroutes, plus de stationnements, c’est ce qui nous faisons depuis plus d’un siècle.

    Poursuivre dans cette voie ne nous mène à rien; plus nous construirons des voies, plus il en faudra d’autres.

    Le principal item responsable du déficit commercial du Québec, c’est l’achat d’hydrocarbures. Ce déficit commercial est, toutes proportions gardées, plus du triple que celui, déjà inquiétant, des Etats-Unis.

    Bref, ce déficit est une saignée permanente de l’économie québécoise. La solution est l’électrification des transports. Il a fallu l’élection d’une mairesse à Montréal pour que soudainement, tout le monde s’y mette.

    Bref, le débat de l’injustice du pauvre qui ne peut pas se payer une voiture ou payer l’essence pour l’alimenter est un débat d’un autre siècle.

    La solution à la congestion de nos routes, c’est d’offrir aux automobilistes une alternative plaisante et économique pour lui, c’est à dire une offre fiable et de qualité de transport en commun.

    Et ceux qui ne peuvent pas se passer de voiture — il y a des gens qui effectivement ont de très bonnes raisons d’utiliser ce mode de transport individuel — bénéficieront de l’amélioration de la fluidité des transports routiers parce que d’autres auront décidé d’adopter le transport en commun.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 9 mai 2018 05 h 44

    Ajout

    Les problèmes actuels de congestion routière — qui iront en s’aggravant au cours des prochaines années — sont causés par quinze ans d’inertie libérale. Si on s’était mis plus tôt à l’electrification des transports et à l’amélioration du transport en commun déjà existant, on n’en serait pas là.

  • Mario Jodoin - Abonné 9 mai 2018 06 h 03

    Quand plus de 60 % des automobiles vendues...

    ...sont des VUS, il n'y a pas que des riches qui en achètent.

  • Bernard Terreault - Abonné 9 mai 2018 08 h 00

    Faire preuve d'imagination ?

    M. Corbeil fait des critiques valides, mais il ne fait pas de propositions alternatives. On aurait aimé qu'il fasse lui-même preuve d'imagination.