Place aux femmes

Comme dans la très grande majorité des sociétés dans le monde, au Québec, les femmes ne sont pas des citoyennes à part entière ; elles sont sous-représentées en politique autant au gouvernement que dans les médias et cela bien qu’elles soient majoritaires en nombre dans la population. C’est une situation qui confine à l’immoralité et que nous devons corriger aujourd’hui au nom des valeurs humaines de justice et d’équité. C’est pourquoi il faut une loi. Quand « la morale n’existe pas vraiment, il n’y a que la loi qui vaille »... Sans loi sur une zone paritaire femmes-hommes à l’Assemblée nationale, nous acceptons implicitement de laisser à nos filles et à leurs descendantes le poids d’une bataille perdue, d’une démission citoyenne tranquille qu’elles traîneront comme un lourd handicap dans les cent prochaines années. Car c’est presque cent ans, à ce rythme de croisière, qu’il faudra au système pour se réguler afin de faire une juste place aux femmes dans notre société. Près de cent ans, s’il n’y a pas trop de reculs, si la pression et la vigilance de nos descendantes se maintiennent. Parce que nous, femmes et hommes, n’aurons pas eu le courage de vouloir gagner la bataille actuelle pour l’égalité de représentation des citoyennes en 2018. La gagner une fois pour toutes.

Les femmes au Québec ont mis vingt ans de plus que le reste du Canada pour obtenir le droit de suffrage. Après quoi, en 1940, on a mis encore dix ans pour avoir une seule députée à l’Assemblée nationale. En 2018, nous sommes représentées à l’Assemblée nationale par 70 % d’hommes. Comment certain(e)s peuvent encore douter qu’au Québec nous nageons toujours dans un système patriarcal qui résiste à faire leur juste place aux femmes en politique ?