En mai, communiquer

Le mois de mai : pour certains, il symbolise l’ouverture des terrasses, l’éclosion des tulipes et les matinées fraîches caressées par le soleil. Pour nous, orthophonistes, ce mois revêt toutefois une importance particulière, soit celle du Mois de la communication.

La communication… ce formidable outil permettant de nous enraciner, de nous définir, de nous raconter. Cet outil sophistiqué à travers lequel nous pouvons réfléchir, entrer en interaction et nous épanouir. Qu’en est-il des personnes qui n’y accèdent pas pleinement ? En tant qu’orthophonistes, c’est une question que nous nous posons quotidiennement.

Oeuvrant en clinique pédopsychiatrique, nous aidons ainsi des enfants ayant un trouble de la communication sociale. Ce trouble entrave les interactions avec autrui, touchant le langage non verbal, la capacité à converser et l’habileté à lire entre les lignes. C’est la nature sociale de l’échange qui est touchée et non les habiletés langagières formelles. Par ailleurs, ses manifestations peuvent être subtiles et nécessitent une expertise pour leur détection. Peu importe leur apparence, leurs répercussions sur les apprentissages, le comportement et la participation sociale sont non négligeables.

Ces enfants ont droit à une pleine prise en charge visant à favoriser la compréhension de la sphère sociale. Malheureusement, nous constatons avec impuissance que bien des familles se heurtent à des portes fermées. En fait, certains milieux scolaires ne sont pas encore pleinement outillés pour aider ces enfants et, trop souvent, les jeunes de plus de 8 ans ayant ces difficultés ne bénéficient plus de services individuels d’orthophonie. Considérant la pierre angulaire que constitue la communication dans notre société, les services concertés d’une équipe multidisciplinaire, notamment en orthophonie, en psychoéducation et en orthopédagogie ne nous apparaissent alors pas comme un luxe, mais bien comme une nécessité.

Nous profitons donc du Mois de la communication pour prendre la parole pour ceux qui peinent à le faire. Ainsi, nous plaidons pour que les jeunes et moins jeunes présentant un trouble de communication sociale aient accès à davantage de services, et ce, rapidement et efficacement. Leur ouvrir ces portes ne sera pas sans se répercuter sur leur fonctionnement quotidien, sur leurs proches et à plus long terme, sur notre société.