Lettre à mon oncle «Alphonse»

C’est un plaisir pour moi de t’écrire aujourd’hui. Il y a trois générations, Alphonse Desjardins nous a fait la démonstration que, lorsqu’on s’unit tous dans un même but, on est capables de grandes choses. Mon oncle Alphonse, tu nous as montré le chemin et toute la population du Québec francophone t’a suivi dans le « Mouvement Desjardins », qui avait pour but d’aider tous nos concitoyens de nos municipalités. Même si parfois tous les critères n’étaient pas au rendez-vous, on parvenait à avoir des prêts, ou un peu d’argent pour réaliser nos objectifs ou nos rêves. Alphonse, tu étais notre fierté et toutes nos petites caisses de toutes les municipalités ont contribué au succès sans précédent du « Mouvement Desjardins ».

Mon oncle Alphonse, on te considérait au même rang que Maurice Richard ou René Lévesque. C’est à la petite école que, mon oncle Alphonse, tu nous as donné notre première leçon d’économie… Arrêtez d’acheter des « petits Chinois » et formez des caisses scolaires… Le Mouvement Desjardins était notre fierté… Impliquée dans toutes nos petites paroisses… Un local, des bénévoles et des employés. On se côtoyait et on se connaissait, c’était un vrai « mouvement », les sociétaires étaient à la base des décisions. Mais aujourd’hui, depuis la fédération des caisses populaires, mon oncle Alphonse, les décisions sont prises en « haut lieu » et ce n’est plus la base qui décide… La prise de décision s’éloigne de la base… C’est regrettable, mais « le Mouvement Desjardins » est en train de s’éloigner de nos paroisses… C’est dans la terre de ces petites municipalités qu’a germé « le Mouvement Desjardins ». Tourner le dos à nos petites paroisses, c’est favoriser l’érosion des activités socio-économiques et ça ressemble à l’aide à mourir.

Chaque paroisse du Québec est un joyau, une toile unique, et ensemble les paroisses forment la mosaïque que l’on appelle « la Belle Province ». C’est grâce à la beauté, au pittoresque, à la fierté de chaque petite paroisse. Saint-André de Kamouraska, Rivière-Ouelle, Saint-Onésime d’Ixworth, Saint-Roch-des-Aulnaies, Saint-Gabriel-Lalemant, Saint-Denis-de La Bouteillerie, etc., autant de petits villages qui ont formé notre peuple et qui méritent de la considération et un minimum de services…

Alphonse Desjardins, tu donnais avant beaucoup de services aux membres, avec peu ou sans frais… Aujourd’hui, on impose le plus de frais possible avec le moins de services aux membres. Les vieux avaient toujours des paroles très justes : on ne mord jamais la main qui nous nourrit… Je vais aller chez le curé pour faire effacer la parenté, mon oncle Alphonse. Qui sait ? Dans quelques années, les petits Chinois vont peut-être prendre la relève dans nos petites municipalités.

3 commentaires
  • Gilles Bousquet - Abonné 26 avril 2018 07 h 30

    Tous vos services vous quittent

    Oui, tous les services de votre village vous quittent, parce que, presque tous vos concitoyens vont faire leurs affaires incluant leurs achats ailleurs, dans la place plus grande, la plus proche : Épiceries, pharmacies, centre d'achats, églises, bureau de poste, Caisses Desjardins qui résistent le plus possible de vous quitter et/ou banques qui vous ont quitté voilà longtemps. Desjardins doit demeurer compétitrice en surveillant ses dépenses.

  • Daniel Boiteau - Abonné 26 avril 2018 09 h 22

    Jamais assez de profits...

    Monsieur Bousquet savez vous que Desjardins a fait deux milliards de surplus l'an passé...

    En plus des villages il y a aussi les résidences de personnes âgées dans les grands centres qui perdent leurs comptoirs et leurs quichets. On remplace par des quichets privé avec tout les frais associées à ce modèle de quichets. Pouvez vous imaniger le désarroi de ces personnes à la perte de leurs comptoirs et aujourd'hui ce sont les quichets qui disparaissent.
    Desjardins n'est coopératif que de nom, mais profite des avantages d'une coopérative.

  • Sylvie Lapointe - Abonnée 26 avril 2018 23 h 17

    Je reviens vers votre commentaire, M. Kidd: ''C’est dans la terre de ces petites municipalités qu’a germé « le Mouvement Desjardins ». Tourner le dos à nos petites paroisses, c’est favoriser l’érosion des activités socio-économiques et ça ressemble à l’aide à mourir.'' Tout est dit. Il y a des choses comme ça qui sont particulièrement difficiles à accepter, mais il semble que l'esprit capitaliste le plus rebutant finit toujours par avoir raison, même chez Desjardins. Malheureusement!