Un certain degré de… responsabilité?

Nous apprenons par une enseignante d’Alexandre Bissonnette qu’il a été chroniquement ridiculisé en classe et intimidé durant son parcours scolaire. Que sont devenus ses tortionnaires de l’époque, aujourd’hui confortablement assis devant leur téléviseur à suivre son procès ? Se demandent-ils s’ils ont contribué d’une certaine façon à la tuerie de la mosquée ?

Et le milieu scolaire lui-même ?

En contribution à l’éducation citoyenne et religieuse, je souhaiterais voir à l’entrée de chaque école une immense affiche qui se lirait ainsi :

« Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse et essaie d’aimer ton prochain comme toi-même. »

6 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 25 avril 2018 06 h 26

    Ne pas en mettre trop sur le dos de l'école.

    Certes, comme humains nous sommes tous inter-reliés, faisant partie de la même humanité. Mais nous sommes aussi reponsables de nos actes, sauf en cas de folie ou de sérieux problèmes de santé mentale; ce qui me semble le cas d'Alexandre Bissonnette. Quant au passage à l'école, il ne peut tout expliquer; ce serait bien trop facile.

    M.L.

  • Raymond Labelle - Abonné 25 avril 2018 07 h 28

    Les tortionnaires de A. Bissonnette...

    On peut raisonnablement croire que sans ces brimades physiques et psychologiques continuelles, quotidiennes, étendues pendant de longues années déterminantes dans la croissance et la constitution d'une personne (le primaire et le secondaire), A. Bissonnette n'aurait pas commis ces crimes. Aux brimades s'ajoute la peur des brimades, la menace s'ajoutant à la torture psychologique anxiogène.

    Bien entendu il en est responsable, d'autres auraient réagi différemment, mais ses tortionnaires demeurent le moteur premier, chronologiquement, dans la chaîne causale de ces événements.

    Ne comptons pas trop sur un degré élevé de conscience de ces derniers.

    • Raymond Labelle - Abonné 25 avril 2018 09 h 24

      "Bien entendu il en est responsable"- je veux dire ce ses crimes - pas des brimades dont il a été l'objet.

  • André Joyal - Abonné 25 avril 2018 08 h 04

    La conscience des anciens tortionnaires

    Très bon commentaire de M. Boulanger. En effet, je me demande souvent
    si, en vieillissant, les intimideurs conservent sur leur conscience le poids
    du mal qu'ils ont fait. Je ne crois pas, leur instinct de conservation les en libère.Hélas!
    Et, repus, ils boivent leur bière en regardant le hockey.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 avril 2018 12 h 27

      En réponse à votre question posée M. Joyal, bien peu d’intimidateurs, de taxeurs, ou des « bullies » conservent sur leur conscience le poids du mal qu'ils ont fait. En fait, ils continuent à faire de même lorsqu’ils sont adultes. Une personnalité est formée à 90% après l’âge de six ans.

      Les enfants rois qui insultent et qui brutalisent les adultes qui en sont responsables à l’école ne sont souvent pas réprimandés parce les parents vont intervenir vu que c’est impossible que leur petit génie commette des fautes de lèse-majesté en comportement. Alors, s’ils peuvent brutaliser les professionnels à l’école, imaginez pour un instant ce qu’ils font avec les autres enfants qui sont différents d’eux.

      Sans excuser nullement Alexandre Bissonnette pour son acte horrible, on peut se faire un portrait psychologique de celui qui s’est senti toujours à part des autres et en marge de la société. Vous allez voir, Alek Minassian, était un autre de ceux-là. Malgré cela, on ne peut pas pardonner leur geste parce que plusieurs subissent du taxage durant leur parcours scolaire mais s’en sortent très bien plus tard. Sinon, les Bissonnette ou les Minassian seraient la norme et non pas l’exception.

  • Pierre Fortin - Abonné 25 avril 2018 09 h 57

    Un certain degré de responsabilité ...


    ... ou un degré certain de responsabilité ?

    Il est clair qu'un enfant se développe dans sa communauté et par sa communauté. Le bel adage voulant qu'il faut un village pour élever un enfant a aussi son revers : le village peut aussi le détruire et affecter durablement sa personnalité.

    Si Alexandre Bissonnette a dû subir aussi longtemps l'ostracisme et la répression de ses pairs, il est impossible qu'il en soit sorti indemne. Quiconque a écouté la bande audio de son appel au 911, 15 minutes après son crime, est à même de réaliser l'enfer dans lequel il se débat depuis longtemps.

    Le témoigmage de son enseignante relatant les mauvais traitements qui lui furent infligés année après année nous rappelle nos responsabilités en matière d'éducation, mais il est faux de prétendre que l'école n'y pouvait rien. Il y a longtemps que le développement psychosocial de l'enfant est au cœur du projet éducatif de l'école québécoise et celle-ci ne peut se cacher derrière sa propre turpitude pour se soustraire à ses obligations. Si cette enseignante était consciente de ce qui se passait, alors qu'est-ce qui a empêché l'institution d'intervenir? Quelqu'un doit s'expliquer.

    Il serait pertinent d'entendre les directions des établissements scolaires où Alexandre Bissonnette a vécu son parcours du combattant afin qu'elles répondent des responsabilités que la Loi leur confère explicitement :

    « 96.12. Sous l’autorité du directeur général de la commission scolaire, le directeur de l’école s’assure de la qualité des services éducatifs dispensés à l’école.

    Il assure la direction pédagogique et administrative de l’école [...]

    Le directeur de l’école voit à la mise en oeuvre du plan de lutte contre l’intimidation et la violence. Il reçoit et traite avec diligence tout signalement et toute plainte concernant un acte d’intimidation ou de violence. »