Retour à la jungle

Sachons exprimer toute notre gratitude envers la nouvelle recrue de la CAQ, Youri Chassin, qui n’y est pas allé par quatre chemins, dévoilant clairement ce qui s’avérerait être les fondements idéologiques du parti dirigé par François Legault, prudemment gardés sous le boisseau ces derniers mois, à l’approche des prochaines élections.

Retenons tout particulièrement les commentaires plutôt curieux de M. Chassin sur la notion de bien commun qui, selon lui, ne serait qu’une vue de l’esprit. Ainsi devrait-on concevoir comme ne possédant aucune vocation publique des services tels que les forces armées ou policières, les programmes de pension et de sécurité du revenu, ainsi que les systèmes de santé et d’éducation, pour ne nommer que quelques-uns des biens publics grâce auxquels la liberté et la sécurité des citoyens sont effectivement et communément assurées.

Il est donc à la fois éloquent et inquiétant qu’une formation politique aux portes du pouvoir fasse aussi bon ménage avec ce genre de radicalisme idéologique libertarien tout en s’érigeant, sans rire, comme étant la voie du « changement ». Souhaitons donc que l’électorat québécois jette un sobre second regard sur l’option politique proposée par François Legault, dont le jupon dépassant nous esquisse, de plus en plus, un consternant retour à une jungle que l’on croyait révolue.

2 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 20 avril 2018 09 h 29

    L'extrême droite

    A fur et à mesure que s'écoule le temps, il fut juger Legault non par ses paroles prononcées au gré du temps ambiant mais aux gestes qu'il pose. Voilà son véritable révélateur. La manne financière dont il a bénéficié au moment de la fondation de son parti provient d'un financier fédéraliste qui demeure tapi dans l'ombre. Le recrutement de ses derniers candidats vedettes témoignent de sa pensée véritable. Mais, laissé à lui-même que peut-il? On l'a vue s'écraser devant Henri-Paul Rousseau en Commission parlementaire lors de la déconfiture de la Caisse. On l'a vu agir en trahissant la confiance de Bernard Landry qui a motivé la démission de ce dernier. Fort à parier donc que ses vedettes vont diriger le parti et qu'il va s'astreindre au verbatim. Il n'a pas le tonus nécessaire pour contenir ses vedettes buldozer du même typre que Barrette anciennement de la CAQ qui vont chambouler le Québec encore plus loin que les troupes de Couillard. En fait ils vont poursuivre dans la même lancée. Ses récentes acquisitions le prouvent.

  • Jean-François Trottier - Abonné 20 avril 2018 11 h 07

    Héoui, c'est ça, la CAQ

    Puisque le bien commun est une vue de l'esprit, il faudra bien réaliser que l'État n'a pas vraiment sa raison d'être.

    Alors commençons par détruire l'armée, la police, les prisons, toutes issues d'une vue de l'esprit. J'ai hâte de voir comment M. Chassin garantira ses biens qui, dois-je le dire, ne vaudront plus rien de toute façon : les conventions de valeur vont aussi disparaître puisqu'elles font partie du bien commun. Sait-il seulement que l'or, sans les conventions venant du bien commun, vaut moins que le fer ?

    La monnaie aussi est une vue de l'esprit. On la brûle ou on la fond, allez hop.
    L'individu, outre qu'il soit un animal, est une vue de l'esprit. Tiens, j'ai faim. Je mangerais bien du Chassin en daube ce soir. Pourquoi pas ? Les noms de famille sont aussi une vue de l'esprit pusqu'ils sont une convention sociale issue du bien commun.

    La poignée de main aussi est une convention. On pourrait la remplacer par un bon coup de pied là où je pense.

    Les frontières sont une gêne inutile qui empêchent l'arrivée libre d'escla..., pardon, de travailleurs débrouillards qui ne nous feront pas ch... avec la syndicalisation, forcément une vue de l'esprit: les syndicats représentent un "bien commun" à certains travailleurs.

    La question est bête, mais qu'est-ce que ce gars va faire dans une intitution qui n'existe que pour le bien commun ? Nous avons déjà notre ration de sociopathes il me semble.

    Legault démontre, en tentant de copier celui qui l'a tant copié avec son banquier de service, son incompétence à diriger un gouvernement qui n'est, je dois le répéter, absolument pas une PME, et pas plus une vue de l'esprit que tout ce que Chassin honore tant.