Zelig Trudeau

C’est en regardant la caricature de Garnotte du lundi 16 avril que j’ai trouvé un lien. Je me suis rendu compte que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui aime beaucoup les déguisements, fait la démonstration qu’il agit un peu comme Zelig, le personnage-caméléon d’un vieux film de Woody Allen. N’était le côté caricatural de la chose, ce ne serait qu’un amusement pour la galerie. Le problème réside ailleurs, me semble-t-il. Sur les questions de politique intérieure, notamment sur les questions environnementales, ou encore sur la politique extérieure, il prend des positions qui m’effraient de plus en plus. Il se zéliguifierait à vue d’oeil.

Au Québec, M. Trudeau, vêtu de son complet bleu, défendra la position des accords de Paris. Le lendemain, il soutiendra avec autant de ferveur le développement de l’extraction des sables bitumineux en Alberta, tout en arborant une chemise à carreaux et un chapeau de cowboy. À Vancouver, j’imagine M. Trudeau, coiffé d’un chapeau d’Indien, discourir sur les droits des autochtones, comme, entre autres, sur leurs droits territoriaux de bloquer Trans Mountain en Colombie-Britannique. Difficile à suivre, me direz-vous ?

C’est pareil lorsqu’il s’agit de politique extérieure. Contrairement à son père qui s’était distancié de plusieurs positions du gouvernement Nixon, le fils Trudeau semble conciliant envers le très controversé Donald Trump. Au début de son mandat, cheveux bouclés, il défendait des positions plus progressistes en s’appuyant sur les paroles du président Obama. Maintenant que les républicains sont en place, il faut faire avec eux. Il est à parier que nous ne sortirons pas gagnants de l’ALENA nouveau et que le discours officiel nous présentera ces accords comme une avancée. Sur un autre dossier, il appuie sans réserve les frappes américano-franco-britanniques en Syrie. Même si, sur la scène internationale, ce sont des frappes illégales et possiblement basées sur des informations qui sont en partie tordues. Pourquoi pas une perruque jaune ?

J’ai du mal à trouver que le Canada va dans la bonne direction. Est-ce un pays trop disparate ? Avec des contradictions qui éclatent de plus en plus au grand jour ? Ce qui est loin de me rassurer, c’est qu’avec toutes ces déceptions, le gouvernement Trudeau est en train d’offrir, sur un plateau d’argent, l’occasion aux conservateurs de revenir en force au pouvoir. Et les déguisements du chef libéral, aussi somptueux soient-ils, ne serviront plus à rien.

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6 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 18 avril 2018 04 h 51

    Un poids léger!

    Justin Trudeau: un fils à papa, acteur de deuxième, sinon de troisième ordre, sans envergure intellectuelle. Bref, un gentil garçon, pas plus. Il demeure toutefois aimé par plusieurs et certains médias. Ainsi va la politique par ces temps plutôt médiocres. Mieux vaut cependant un Trudeau qu'un Trump!

    M.L.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 18 avril 2018 06 h 26

    … bouffonner !

    « Il se zéliguifierait à vue d’oeil. » ; « Contrairement à son père qui s’était distancié de plusieurs positions du gouvernement Nixon, le fils Trudeau semble conciliant envers le très controversé Donald Trump. » (Fernand Doutre)

    En effet, en tant que premier ministre du Canada (« ce » pays si loin et si proche de nulle part), ce « fils », caméléon de naissance !?!, aime provoquer pour rien, ou personnaliser ?!?, des politiques à la manière des Trump, des politiques susceptibles d’aucun intérêt particulier, sauf celles qui osent inspirer le monde de la controverse !

    De plus, ce même « fils », se zéliguifiérant à vue d’œil, se prend pour un leader pendant qu’il adore …

    … bouffonner ! - 18 avril 2018 -

  • Françoise Labelle - Abonnée 18 avril 2018 06 h 31

    Humoristique et juste

    En effet, pour ceux qui ont vu ce film désopilant, l'aventure de cette éponge caméléonesque s'applique tout à fait, du point de vue des idées interchangeables au gré et de la mise en scène. Je ne me souviens plus comment l'aventure se termine.
    Ça en dit long aussi sur notre propension à choisir des leaders sur les apparences. On a les superficiels qu'en se donne.

  • Bernard Terreault - Abonné 18 avril 2018 08 h 20

    En tout cas

    d'après les sondages, les conservateurs ou apparentés (CAQ) sont en avance dans trois des quatre grandes provinces.

  • Bernard Terreault - Abonné 18 avril 2018 08 h 20

    En tout cas

    d'après les sondages, les conservateurs ou apparentés (CAQ) sont en avance dans trois des quatre grandes provinces.