Un faux débat qui revient au printemps

Chaque année, au printemps, un brin syntone avec le retour des oies blanches, nous revient le soporifique débat sur le port des signes religieux dans la fonction publique. Revenons-en. C’est à se demander comment un faux débat comme celui-là peut encore occuper autant de place dans l’espace public. On relance l’affaire, chaque fois, comme on lance un pavé dans la mare, comme pour combler un vide qui n’existe pas. Souvent à l’aube d’élections, comme pour montrer qu’on se préoccupe des droits et des libertés individuelles, alors que c’est le dernier souci du politicien de seconde zone qui rêve en secret de passer à Tout le monde en parle ; celui-ci préférant alimenter le feu de la discorde plutôt que de se pencher réellement sur les vrais problèmes qui hantent notre société, c’est-à-dire la pauvreté au Québec, qui entraîne son lot de conséquences, comme l’analphabétisme, la malnutrition, la maladie mentale, l’itinérance, et j’en passe. Non, ça fait pouf ! comme ça, ça sort de nulle part et on devrait s’y attarder comme si c’était la menace de l’heure. Dites-moi…

On vient de passer les cinq dernières années avec des policiers qui portaient le déguisement de camouflage comme moyen de pression. Cela nous a-t-il empêchés de payer nos contraventions ? Non, pas du tout. À l’heure où l’on est à se questionner à savoir si on peut encore dire madame ou monsieur, père et mère et bonjour, hi, le vrai problème n’est pas de se demander si le hidjab, le turban ou la kippa peuvent se porter dans la fonction publique. Non, le vrai débat repose essentiellement sur le niveau de qualité de vie meilleure que nous souhaitons collectivement nous donner au Québec, comme projet de société. Mais ça, ce n’est véritablement pas le gouvernement en place qui peut nous mener dans cette voie. Celui-là lorgne plutôt une autre direction, vers la droite.

3 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 14 avril 2018 08 h 19

    Lettre très décevante de M. Petel, dont j'apprécie habituellement la plume

    Il sous-estime une question pourtant cruciale. Il devrait lire avec attention le superbe éditorial de ce jour de M. Dutrisac :

    https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/525249/etudiante-en-techniques-policieres-voilee-la-politique-de-la-division

    Et la lettre de l'AQNAL :

    https://www.ledevoir.com/opinion/idees/525095/le-voile-est-une-barriere-imposee-aux-femmes-pour-restreindre-leur-champ-de-liberte

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 14 avril 2018 11 h 10

    Paradoxal

    Vous vous donnez beaucoup de mal pour expliquer qu'on ne devrait pas mettre tant d'énergies à recycler ce faux débat.

    Mais bien peu pour nous convaincre de ce que vous présentez en conclusion comme une évidence, concernant le gouvernement en place.

  • Dominique Vadeboncoeur - Abonné 14 avril 2018 20 h 32

    Des fois il y en a qui aurait avantage à

    Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir.