Le boycottage comme affirmation civique

Il est plutôt surprenant que, dans notre société actuelle, qui réduit le rôle du citoyen principalement à celui de consommateur, le boycottage et l’appel au boycottage soient si rares dans le débat public.

Pourtant, l’utilisation du boycottage envers certains produits ou certaines entreprises devient alors, pour les citoyens consommateurs, une affirmation civique. En effet, elle permet de promouvoir par exemple la protection de l’environnement, le respect de normes du travail ou la promotion de la justice.

C’est une façon optimale pour les citoyens de se réapproprier, d’une façon libre et active, leur rôle de consommateur. Avec le soutien des médias pour connaître les situations problématiques d’exploitation nocive des territoires ou des personnes, et avec leur implication dans l’appel au boycottage, la société civile retrouverait un pouvoir réel d’influence qui redonnerait ses lettres de noblesse à la consommation. Et il est pertinent de rappeler qu’au siècle précédent, le boycottage était plus présent alors que la consommation était nettement moindre.

2 commentaires
  • Pierre Robineault - Abonné 9 avril 2018 14 h 30

    C'est LA solution

    Boycotter les anglophones qui nous obligent à parler anglais alors que ...
    Boycotter tout produit ne s'affichant pas dans la langue de notre majorité ...
    Boycotter le porc américain que l'on nous offre puisqu'il s'agit en tout temps de leurs plus vieilles truies productrices alors que le porc d'ici ...
    Et bientôt, boycotter le REM en tant que monopole ...
    Ce ne sont certes pas les motifs qui nous manquent, seul le courage collectif nous fait défaut.
    Merci, monsieur Vinet !

  • Sylvie Lapointe - Abonnée 9 avril 2018 23 h 00

    Le boycottage, effectivement, et je suis bien d'accord avec vous, c'est ce qu'il y a vraiment de plus efficace pour changer les choses. Mais il semble que pour plusieurs ce soit trop difficile car il faut bien accepter de renoncer à quelque chose, qui souvent est plaisant et fait l'affaire. Alors, tant pis. Il nous faudra donc apprendre à accepter des situations déplorables, qui auraient pourtant pu être transformées rapidement juste avec du boycottage.