De Columbine à Parkland

Depuis la tragédie qui a coûté la vie à dix-sept personnes à l’école Parkland, en Floride, en février 2018, la jeunesse américaine s’est mobilisée comme jamais auparavant pour exiger des comptes et des mesures correctives de la part des élus siégeant au Congrès des États-Unis en vue d’un contrôle plus rigoureux des armes à feu et de réduire l’influence politique du National Rifle Association. Or, tout louable et nécessaire que soit ce mouvement de masse sans précédent, il serait surprenant qu’il réussisse à renverser, à lui seul, la vapeur.

À l’époque, dans son documentaire oscarisé Bowling for Columbine, Michael Moore avait posé une question fondamentale qui ébauchait la thèse du film, c’est-à-dire : qu’y a-t-il de propre à la société américaine qui pourrait expliquer une telle violence ? Moore s’avançait à suggérer que l’individualisme à tous crins découlant d’une foi aveugle en la liberté débridée serait l’une des causes principales de conditions sociales inégalitaires engendrant les dérives d’esprits égarés, minés par le désespoir.

Ce genre de théorie gauchisante n’était, sans grande surprise, pas de nature à émouvoir outre mesure les dirigeants d’un pays où l’accumulation de richesse et la consommation sans borne ont trop souvent fait figure de valeurs dominantes. Aujourd’hui, la légèreté et l’indolence qui sous-tendent une telle mentalité semblent avoir atteint leur paroxysme au vu d’automobilistes distraits par le téléphone cellulaire au volant et des piétons qui demandent presque à se faire frapper par ces derniers, absorbés qu’ils sont par leurs textos tandis qu’ils traversent la rue.

Bref, ne serait-il pas temps d’approfondir notre réflexion afin de mieux saisir le continuum de tendances sociales et d’habitudes de vie qui auraient mené à ces manquements et errements et, par voie de conséquence, aux fléaux et aux drames qui nous préoccupent ? Autrement, l’absence de pondération qui entache actuellement nos moeurs et styles de vie pourrait nous être néfaste, car s’il importe de contrôler les armes à feu, notre responsabilité première consiste plutôt à exercer un plus grand contrôle sur les impulsions qui nous mènent à surconsommer et à faire un usage peu judicieux d’une technologie qui devrait nous faciliter l’existence, non pas la compromettre.

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1 commentaire
  • Serge Lamarche - Abonné 5 avril 2018 04 h 07

    Un peuple d'hostiles

    Ce qu'il y a de propre et sale à la fois aux États-Unis est un groupe hostile qui s'est propagé en prenant possession des biens, du territoire d'autrui. Sans compter la prise de possession d'autrui (esclaves) à niveau record. Il ont une rage innée qui ne peut qu'exploser à l'occasion. Leurs tendances sociales ont donc tendance à faire frictions. Ils ne voteront jamais pour la gauche et la non-violence.