Y a-t-il un pilote sur le Saint-Laurent?

Plusieurs ports canadiens sont en demande de subvention et d’autorisation pour accaparer le marché des conteneurs sur le Saint-Laurent. Cependant, la capacité actuelle des ports du Saint-Laurent est amplement suffisante pour satisfaire le marché canadien. Le surplus de capacité, que l’on veut augmenter pour transporter des marchandises qui ne font que passer par le Canada afin de desservir le marché américain, contribue peu à l’économie canadienne tout en apportant des contraintes supplémentaires pour l’environnement. Ce coup de pouce à l’industrie américaine ne devrait pas être soutenu par les impôts des Canadiens.

Par ailleurs, si le marché américain convoité est divisé entre les différents ports canadiens, il y a de fortes chances qu’aucun d’eux ne sera en mesure de rentabiliser un éventuel agrandissement portuaire. Cautionner plusieurs projets provoquera la mise en place d’équipements globalement surdimensionnés et qui risquent d’être mal entretenus, car à l’image du Port de Québec, ces agrandissements portuaires n’auront pas la capacité de générer les revenus suffisants pour entretenir adéquatement leurs infrastructures.

L’arrivée par le canal de Panama de marchandises provenant d’Asie sur de plus gros navires avantage indéniablement le port de New York pour acheminer des marchandises vers le Mid-West américain. Son positionnement favorable offre même de la concurrence pour les marchandises en destination ou en partance de la région centrale du Canada. La possibilité de contrecarrer ces avantages est faible, car le mode actuel de concurrence entre les ports canadiens ne permet pas à ces derniers de gérer adéquatement ce nouveau défi. Il est nécessaire d’accorder un meilleur potentiel de rentabilité à un seul port en lui garantissant une masse critique de clients qui lui permettrait de financer lui-même la mise en place d’installations plus performantes.

Le ministère des Transports fédéral doit exiger une évaluation environnementale stratégique s’appliquant à l’ensemble des projets en cours, ce qui lui permettrait d’obtenir un meilleur éclairage sur les choix possibles en attendant qu’une meilleure intégration des ports du Saint-Laurent, recommandée par les spécialistes en matière de transport maritime, se réalise. Ce faisant, il démontrerait qu’il y a, enfin, un pilote sur le Saint-Laurent.


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1 commentaire
  • J-Paul Thivierge - Abonné 31 mars 2018 17 h 31

    Si au moins le Québec percevait des droits de passage

    Il y a chanque année de millions de tonnes de produits qui circule sur le fleuve et dans la voie maritime du St Laurent.
    Il serait normal de percevoir 1 $ la tonne de matériels transportés en entrant ou en sortant.
    Comme des navire qui passent à Panama ouà suez paient des droits de 250,000 $ à 500 K$ à chaque passege pourquoi devrait-on subir les effets de ces multiples passage et ne rien charger?
    Juste, pour la construction du pont Champlain on a dit que de hausser le tablier à 70 mètres au dessus du niveau d'eau de la voie maritime coute 1 milliard de dollars pourquoi les droits de passage ne paieraient pas sa juste part des surcouts ?
    Quand le Québec sera un pays cette voie mavigable stratégique vaudra de l'or en négociation d'ententes profitables pour tous et aussi pour l,environnement comme les machandises transportées par bateaux émettent moins de GES par tonne que transporter par camions ou par trains .