Enthousiasmes printaniers intempestifs

Depuis déjà quelques jours, certains de nos animateurs du matin s’épivardent devant les quelques signes annonciateurs d’un éventuel printemps. On les surprend à s’attendrir sous les premiers chauds rayons, on les entend rêver à des champs sans neige, à des virées à moto et quoi encore. Décidément, il y en aura toujours qui n’apprendront jamais de leurs erreurs du passé. À peine un jour ou deux après ces débordements idylliques et lyriques, arrive Environnement Canada avec un avertissement de « tempête hivernale » pour la nuit du 7, ainsi que pour et les 8 et 9 mars.

L’auteur Carl Bergeron, dans son livre en forme de journal intime intitulé Voir le monde avec un chapeau (Boréal 2016), nous avait pourtant mis en garde : sous la date du 3 mars, il écrivait : « Début de mars. On entre dans la période la plus cruelle de l’hiver, la fausse fin. »

Alors attendons avril, qui sera meilleur. Détrompez-vous. Sous « 14 avril », Bergeron poursuit : « Tant que je n’aurai pas reçu le rapport d’autopsie qui confirme la mort de l’hiver, surtout ne rien en croire. […] Notre printemps ne vit pas d’une vie autonome. Dans le pire des cas, il est un hiver qui ne veut pas mourir ; dans le meilleur, une convalescence. » Et, citant le célèbre André Laurendeau, il ajoute : « Notre printemps est un printemps de pauvre. »

Voilà. Vous aurez été prévenus. Les enthousiasmes intempestifs inévitablement suivis des inévitables déceptions ne sont pas bons pour l’équilibre mental, surtout quand on les répète tous les ans. L’hiver, c’est comme une grippe. Cela a une durée et peu importe les décoctions, cela ne se guérit pas. Il faut juste attendre et surtout, ne pas croire qu’une accalmie, c’est une guérison. Et après un intervalle, c’est programmé pour revenir, quoi que l’on fasse.

1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 9 mars 2018 08 h 57

    Je suis d'accord

    Mais les changements climatiques ne changeront-ils pas la donne ?