Grammaire à vendre

Une magnifique grammaire française neuve est malheureusement à donner ou à vendre pour un prix dérisoire. Toute offre raisonnable sera acceptée avant qu’elle rejoigne silencieusement l’histoire.

En excellent état, jamais sortie l’hiver, inconnue et inappropriée chez les étudiants adeptes de la facilité. Cette grammaire orpheline traîne dans l’oubli depuis trop longtemps. Le bon usage du français, ignoré par plusieurs, ne semble plus attirer ou, du moins, intéresser les étudiants. Devrions-nous asseoir le progrès, l’anglicisation, l’indifférence sociale marquée et le laxisme dans l’enseignement du français sur le banc des accusés ? Il est clair que ce genre de livre, jadis fort utile, n’a plus d’avenir dans nos écoles ; la tendance aux vecteurs déjantés est inquiétante.

Le Québec est devenu tristement une province où, l’anglais, l’écriture simplifiée au son et le franglais représentent l’avenir chez le « Québécois moderne ». Peu s’en soucient ! Ma foi, nous sommes des champions sans fierté de la complaisance face à la médiocrité dans l’enseignement et l’effondrement de la rectitude linguistique. Vive la vacuité de la perfection ! Même la France s’anglicise à son grand malheur inconscient. À la limite, devrais-je accepter une grammaire anglaise en retour pour captiver les jeunes et mieux affronter l’avenir avec eux ?

10 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 6 mars 2018 03 h 35

    Défaitiste

    Ben voyons. L'anglais est à la mode parce qu'il produit beaucoup de films et de télé. La population états-unienne est nombreuse et en impose! Faut pas les contredire trop ou ils vont se fâcher. On le voit bien avec les fusillades, tiens.
    Encore un argument pour la CAQ. Il nous faut plus de nous. Ce n'est pas la qualité qui nous manque, c'est la quantité. Les analphabètes état-uniens anglais courent les rues par millions.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 6 mars 2018 08 h 57

      @ SL Un commentaire qui se veut railleur, ironique...de votre part.? Il aurait été bien de féliciter
      Michel Beaumont pour son magnifique texte qui témoigne malheureusement d'une réalité tout autant
      absurde que réelle : les Québécois, dans une large propostion, se complaisent dans la médiocrité.
      Médiocrité dans le parler, dans l'écriture, dans la culture ...

      Il est faux de dire que la grammaire est un outil abstrait, rude et ardu. Au contraire, c'est un instrument
      qui est logique...didactique et, surtout fort pertinent pour améliorer ses connaissances. Au même titre qu'un dictionnaire le fait.

      Rien n'est jamais gratuit dans la vie. L'effort mental et le travail de recherche sont la clef d'une réussite non pas seulement dans le domaine des affaires mais aussi et surtout dans le domaine intellectuel...

      La grammaire...c'est tout ça... et plus.

  • Jacques Lamarche - Abonné 6 mars 2018 03 h 57

    Conséquence d'un enseignement non-directif et constructiviste!

    Le phénomème dénoncé et décrié, mais qui est loin d'être propre au Québec et qui touche plus d'une langue, tient à maintes causes qui remontent loin dans le temps. En voice deux!

    L'effondrement de l'enseignement magistral, le plus souvent pour raisons idéologiques, et la recherche de l'égalité des chances pour tous - la grammaire étant vue alors comme une source de misère scolaire - ont conduit à la dispartion discrète mais continue de l'enseignement de la grammaire. Avec des résultats toujours plus faibles dans les apprentissages en orthographe et en syntaxe.

    Il faut savoir que le langage grammairien est fort abstrait - il a été conçu par des adultes et pour des adultes - et que son apprentissage rude et ardu requiert un enseignement progressif et systématique. Or la pédagogie à la mode, celle pronée par la plupart des autorités en Europe ou en Amérique, va dans une autre direction. L'enseignant, notamment à l'élémentaire, n'enseigne presque plus. Il crée un environnement qui encourage la découverte, la créativité, la libre expression. La réussite devient alors à tous possible!

  • Brigitte Garneau - Abonnée 6 mars 2018 09 h 00

    Le français c'est "out", l'anglais c'est "in" , c'est "cool" et c'est payant $$$

    Pourquoi s'acharner à maîtriser 2 ou 3 langues alors qu'une seule suffit? Elle est universelle. Elle est musicale. Elle représente le pouvoir et l'argent. Elle représente la force ,la détermination et la puissance. En plus? Elle est tellement plus accessible. Avec elle, on ne s'enfarge pas dans les genres. Plus de féminin ni de masculin pour nous gêner. Et que faire de toute cette subtilité langagière, de tous ces synonymes, de ce romantisme d'une époque révolue? Même la "Mère-Patrie" a honte se sa propre langue. Alors que le français est, grâce à Pierre de Coubertin, la langue officielle des jeux olympiques, la ville de Paris qui en sera l'hôtesse en 2024 a eu une idée de génie. Le slogan officiel des jeux (incroyablement rassembleur) sera: "MADE FOR SHARING " ! Mais c'est qu'il faut protéger l'anglais! Au Québec, seul territoire francophone en Amérique du Nord (en passant, les francophones représentent 2% de la population nord-américaine) nous devons faire un effort pour ne pas blesser les oreilles sensibles de nos compatriotes. Malgré trois universités, radio,TV, journaux, ce n'est pas encore assez! On demande même à TÉLÉ-QUÉBEC de consacrer 10% de son espace à la langue anglaise. Mais, c'est qu'elle est vraiment menacée la "pôvre" petite! Le gros méchant LOUP français aura tôt fait de la dévorer. Oubliez de dire "Je me souviens ", même "I remember" sonnera faux, car vous ne vous souviendrez de RIEN...

  • Pierre Raymond - Abonné 6 mars 2018 10 h 01

    Vocabulaire

    Et j'aurais tendance à croire que tout ça débute avec l'apparente absence de deux mots dans notre désormais vocabulaire atrophié et j'ai nommé les mots EFFORT et PERSÉVÉRANCE.

  • Luc Le Blanc - Abonné 6 mars 2018 10 h 14

    Ni français ni anglais, on parle maintenant bilingue

    J'assistais récemment (aux RVQC) à la projection du très beau film «Les faux tatouages» de Pascal Plante. Durant le «Q&A» (sic) qui a suivi, la jeune actrice Rose-Marie Perreault disait que les dialogues avaient été faciles à respecter car ils étaient écrits d'une façon naturelle, telle que parlent les jeunes. Effectivement, le film était en bilingue, avec des phrases comme «Tu viens de reach un nouveau level de cuteness»...

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 6 mars 2018 12 h 28

      Que c'est triste de voir une jeunesse penser et croire que parler ainsi, c' est le "summum" dans un dialogue,
      quel qu'il soit, entre deux personnes ayant la langue française en commun.
      Triste à mourir...

      Mais je crois... que ce n'est qu'un "portrait du moment "...Je suis certaine que cette jeunesse saura,
      à un moment donné, réagir et retrouver le bonheur et la fierté de parler la plus belle langue au Monde...le français. Et ce n'est pas par chauvinisme que je parle ainsi.
      Mais par fierté...

      Ce n'est pas parce que les Français agissent d'une façon aussi outrancière envers leur langue, que nous devons faire de même. Les Français pensent qu'ayant le pouvoir du grand nombre (60 millions d'habitants) ils peuvent tout se permettre!...Posez-leur la question suivante: "Si vous aviez une population de seulement 8 millions d'habitants, entourée d'une mer de 300 millions (et plus) de parlant anglais, agiriez-vous de la même manière" ?
      "L'hégémonie" de la langue anglaise ...est "pur produit" d'un néolibéralisme économique mondial. (et vice et versa)