Des compromis des médecins spécialistes

Quelle ne fut pas ma consternation lorsque j’ai entendu la Dre Francoeur mentionner le 23 février que le Québec a « légitimement consenti » aux médecins spécialistes un rattrapage salarial qui devait initialement s’étaler sur 10 ans, et que « ces 10 ans sont devenus 15 ans et maintenant 18 ans ». Quel autre groupe de travailleurs en aurait fait autant ? Vous n’avez pas à rougir d’avoir offert un tel compromis à l’État québécois. Cette consternation peut sans doute s’expliquer du fait que la Dre Francoeur omet un détail essentiel, soit qu’aucun autre corps de métier ne bénéficie au Québec d’un tel rattrapage.

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx affirmait en 2016 que le Québec ne pouvait se permettre sur le plan budgétaire d’égaler pour les enseignants québécois le salaire de leurs collègues ontariens. Il affirmait alors « les gens peuvent aller travailler à l’extérieur s’ils le souhaitent, moi je pense qu’ils vont vouloir demeurer ici pour travailler avec nous, parce que c’est agréable de vivre au Québec ». En quoi cela devrait-il être différent pour les médecins spécialistes ?

Peut-être le gouvernement pourrait-il expliquer à la plèbe dont je fais partie comment il est possible qu’une catégorie d’individus s’empare d’une telle manne alors que le reste de la société doit composer avec coupes, austérité et « rigueur budgétaire » ?

Certains médecins spécialistes évoquent la honte qu’ils ressentent devant les augmentations salariales qui leur sont consenties. Je les comprends parfaitement, car à leur place, j’éprouverais exactement le même sentiment.