Le Bloc québécois, un parti de crise

Le Bloc québécois s’écroule parce qu’avant d’être un parti régional ou indépendantiste, il est un parti de crise. Si on a moindrement de la mémoire, on se souviendra que la popularité du Bloc était sur le déclin avant l’éclatement du scandale des commandites. Un nouveau choc constitutionnel n’est pas particulièrement plausible à court terme, pas plus que l’éclatement d’une nouvelle affaire mélangeant fraude et construction nationale.

L’interprétation de Gilles Duceppe de ses succès de 2004, 2006 et 2008 est toute autre. Ce qui est selon lui l’identité québécoise implique l’adhésion à ses propres positions politiques. Son très humble bilan de 2011 aura consisté à dire que les Québécois ont le droit à l’erreur. Il n’était quand même pas pour reconnaître que son ancien électorat peut très bien se retrouver dans d’autres formations politiques et encore moins que celui-ci n’ait pas à prendre le maquis en permanence. Il est difficile de ne pas faire le lien entre le passé maoïste du guide Duceppe et la logique paternaliste qu’il a inculquée à un Bloc post-référendaire. Selon cette logique, le parti n’était pas censé craindre un désir d’alternance ou de renouvellement de la part des électeurs québécois puisqu’il défend leurs intérêts.

Le prétexte de la défense des intérêts du Québec a une faille fondamentale. Le Bloc a certes un argument s’il s’agit de questions linguistiques ou de champs de compétence, mais qu’en est-il des autres sujets ? Différents partis politiques débattent au parlement de Québec de différentes questions, mais le Bloc à Ottawa a déjà les réponses ? Les prétentions bloquistes sont parfois même détachées de la réalité du cousin péquiste. Duceppe et Ouellet n’ont pas hésité à récupérer l’opposition aux projets pétroliers et la critique écologique comme argument bloquiste et souverainiste. Une telle position est facile à prendre avec du pétrole non québécois, à condition d’oublier que Bouchard, Landry, Boisclair, Marois et Péladeau ont agi ou parlé en faveur de l’extraction pétrolière en sol québécois.

Le Bloc n’a plus de choc sur lequel carburer et aucune fenêtre référendaire n’est ouverte. Un club informel l’a récupéré, persuadé d’être en mesure de créer le choc ou la fenêtre. Les chances de ces clubistes sont minces. Leur principale compétence en politique est de noyauter toutes les instances qu’ils peuvent trouver.

2 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 2 mars 2018 16 h 11

    Un parti au fédéral qui est francophone de gauche

    Voilà qui pourrait fonctionner et aider le Québec beaucoup mieux, en l'intégrant dans le pays comme les anglais intègrent les anglophones du Québec.

  • Jacques Lamarche - Abonné 3 mars 2018 10 h 23

    Tous les partis sont légitimes

    Le Bloc a éclaté comme le PQ a décliné parce que de partout, sans pitié, on l'a attaqué et massacré. Tous les moyens ont été employés par la machine de destruction massive de l'identité franco-québécoise pour éliminer ceux qui représentaient un danger pour l'unité du Canada. Vous vous inscrivez, monsieur, dans cette lignée!