Retour québécois sur Pyeongchang

Le rideau est tombé sur les Jeux de Pyeongchang et les bilans se sont multipliés dans les médias québécois. Mais personne n’a souligné le fait que la Norvège, impressionnante première au classement olympique avec 39 médailles, loin devant l’Allemagne (83 millions d’habitants) et le Canada (36 millions d’habitants), est une ancienne province de Suède qui s’en est séparée par référendum en 1905. À l’époque, les Norvégiens se sont fait dire que s’ils votaient « oui », la Norvège indépendante s’exposait à l’effondrement économique et au chaos social. Je soupçonne que ce prospère petit pays nordique de 5 millions d’habitants ne regrette pas son choix. Et qui oserait dire aujourd’hui que le peuple norvégien n’existe pas, comme le pense encore une majorité de Canadiens anglais à propos du peuple québécois ?

Il faut aussi noter qu’en excluant les médailles des équipes féminine et masculine de hockey, 12 des 27 autres médailles canadiennes ont été remportées par des athlètes québécois. Ainsi, le Québec a produit 44 % des médailles canadiennes, soit le double de sa part de 22 % de la population de l’ensemble du Canada. Les Québécois sont-ils donc deux fois meilleurs que les Canadiens anglais en sports d’hiver ? La question est posée. Et puisqu’on est dans les chiffres, laissons la conclusion au regretté poète québécois Gaston Miron, qui lançait jadis une petite phrase que ne renieraient pas les Norvégiens : « On ne peut pas être 25 % de quelqu’un d’autre. »

5 commentaires
  • Gilles Racette - Abonné 1 mars 2018 06 h 34

    Quel intéressant commentaire

    Félicitations et merci, Christian Gagnon.

  • Pierre Raymond - Abonné 1 mars 2018 07 h 41

    Merci !

    Merci M. Gagnon pour ce texte qui devrait inspirer ceux qui '' branlent dans le manche ''.
    Je donne souvent la Norvège en exemple et il me semble...

  • André Joyal - Abonné 1 mars 2018 10 h 04

    Le ROC comme agent d'anglicisation

    Ce qui m'a sidéré durant ces jeux c'est le grand nombre d'athlètes et d'instructeurs canadiens
    unilingues anglophones dotés d'un patronyme francophone.
    Exemple: l'instructeur de l'équipe canadienne hockey masculin,Wellie Desjardiins, se fait appeler : Wellie DesssssJARdinssss. Misère!

    Aussi, d'aucuns auront remarqué les «efforts» des commentateurs d'Ici-Radio-Canada afin
    d'éviter la prononciation des mots Québec et québécois. Misère bis!

  • Jean-Marc Lefebvre - Abonné 1 mars 2018 14 h 23

    Bien vu

    Bien vu!

  • Léonce Naud - Abonné 2 mars 2018 03 h 17

    Pour Ottawa, les athlètes sont des agents de propagande politique

    Pour le Canada, les athlètes sont avant tout utiles en tant que remarquables panneaux publicitaires pour la solidification identitaire d'une « Canadian nation » qui en a d'ailleurs grand besoin. Une orgie d'étendards et de drapeaux rouges britannique brandis triomphalement par de jeunes gens forts, beaux, en forme, souriants et si possible vainqueurs en quelque domaine. Enfoncées, les commandites de Jean Chrétien et autres « fonds de reptiles » de milliards de dollars. Éliminée et invisible, la nation québécoise à l'international ! Félicitations Ottawa ! Il ne reste plus qu'à décrire la Province de Québec comme un vaste hôpital rempli de petits vieux cachectiques, d'adolescents obèses et boutonneux ainsi que d'analphabètes déclassés et la guerre de l'affirmation identitaire se poursuivra normalement dans notre beau Dominion. Le Fédéral martèle sa propagande politique qui vise à en finir avec l'identité québécoise VIA les Olympiques, avec l'argent des Québécois.