Le poing levé d’Aussant

Je me suis beaucoup interrogée sur le choix éditorial de photo à la une du Devoir du vendredi 23 février. J’ai regardé et regardé l’intégrale de la conférence de presse pour trouver ce poing levé que je n’avais pas vu. Et j’ai trouvé ! En fait, Jean-Martin Aussant n’a jamais levé le poing ! À environ 25 minutes 18 secondes, en parlant, il a fait des gestes de la main droite comme n’importe qui en fait en parlant. Levant le bras machinalement et refermant le poing en le redescendant, sans aucune connotation émotive.

Pour attraper ce geste en photo, il a fallu que [le photographe] Jacques Nadeau utilise un déclencheur à rafale, tellement c’était un geste furtif et sans intention aucune.

À mon avis, ce choix éditorial vient fausser la réalité de cette conférence de presse. Et là, samedi, Michel David utilise cette photo pour comparer le poing d’Aussant à celui de PKP. « Son poing levé mollement », écrit Michel David. « La photographie publiée en première page du Devoir de vendredi illustrait bien son ton un peu éteint en conférence de presse. Son poing levé mollement n’avait rien à voir avec celui de Pierre Karl Péladeau. L’avenir immédiat ne semble pas lui paraître très emballant. »

La seule chose que je concède à Michel David, c’est le ton monocorde et le visage inexpressif de M. Aussant, qui gagnerait à s’animer un peu. Mon mari et moi sommes abonnés au journal Le Devoir. C’est un devoir pour moi de soutenir ce journal. Mais là, c’en est trop ! Le Devoir n’a pas besoin de ce sensationnalisme qui fausse tout.

Réponse du chroniqueur

Peu importe que le geste de M. Aussant ait été prémédité ou non, j’aurais fait la même analyse sans cette photo. Elle illustrait parfaitement un manque d’enthousiasme qui semblait étonnant dans les circonstances.

3 commentaires
  • Jean Lacoursière - Abonné 28 février 2018 08 h 30

    Merci madame Pronovost!

    Je suis reconnaissant à madame Pronovost de Beloeil d'avoir visionné la conférence de presse de J.-M. Aussant et d'y avoir trouvé le geste furtif ayant permis au photographe Nadeau de capter une image dans laquelle Aussant a le poing en l'air. Ce poing m'a immédiatement paru louche et je me suis dit que ce photographe avait probablement abusé de son pouvoir technologique.

    Je suis surpris que Michel David ait répondu à madame Pronovost. Il parait insensible à ce choix photographique équivalant à citer une personne totalement hors contexte. Dire que la photo "illustrait parfaitement" un manque d'enthousiasme n'est pas une raison pour la choisir puis la publier. Le Devoir voulait-il faire allusion au poing en l'air de PKP?

    S'il veut faire de la chronique, de l'humour ou de l'éditorial, le photographe Nadeau devrait se servir d'un clavier et d'un dictionnaire et tenter sa chance à l'écrit, il verra que c'est plus difficile que de déclencher son appareil en rafale puis de choisir l'image la plus cocasse.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 28 février 2018 09 h 45

      Les directives de la Direction ?... y sont peut-être pour beaucoup.

  • Sylvain Patenaude - Abonné 28 février 2018 13 h 03

    Nous secondons!

    Merci pour votre lettre et votre recherche du contexte de ce geste. Ma conjointe et moi avons eu la même réaction en voyant ce choix éditorial de photographie qui semblait étrange et hors contexte. Nous étions étonnés du choix d'image et vous confirmez notre scepticisme.