D’armes, de chiens et de propriétaires

Je trouve malheureux que la mairesse Plante ait emprunté, dans la saga des pitbulls, une démarche trop apparentée à celle du président Trump.

Dans ce dernier cas, le président des États-Unis et la NRA ne remettent jamais en cause les armes et leur pouvoir destructeur ; ils rejettent plutôt la responsabilité sur le propriétaire ou l’utilisateur de tels engins de mort.

Soutenant qu’« il y a des propriétaires qui ne devraient pas avoir de chiens », madame Plante se trouve à ne pas tenir compte de la dangerosité des pitbulls et de semblables. Quel que soit l’état mental de la personne propriétaire d’un chien, le fait d’avoir un caniche représente un risque d’accident nettement moins sérieux que celui de promener un chien réputé dangereux.

Le cas récent arrivé sur la Rive-Sud illustre une nouvelle fois que deux caniches lâchés lousses demeureront toujours moins dangereux qu’un seul pitbull laissé en liberté.

3 commentaires
  • Danielle Brossard - Abonnée 24 février 2018 10 h 45

    Les chiens et les armes à feu

    Si la grande majorité des propriétaires ont des chiens «de compagnie», il y en a d’autres qui s’en servent comme d’une «arme» pour défendre leur propriété. Le chien remplace alors le «système d’alarme» installé dans la maison. D’autres, se serviront du chien comme «garde du corps». Ce garde du corps est même souvent identifié sur leur terrain par cet écriteau «Prendre garde au chien».

    Ces «garde du corps» sont dressés et entraînés à attaquer. Ils sont redoutables, robustes, de taille imposante. Leurs épaules sont larges, la face et les mâchoires de grandes dimensions et les pattes plutôt courtes par rapport au reste du corps. Bref, ils ont la corpulence d’un taureau avec les cornes en moins, mais dotés d’une dentition carnassière capable de vous tuer.

    Ce chien est un fidèle et loyal compagnon pour ses propriétaires et un membre à part entière de la famille. Il est fort apprécié et jouit d’une haute estime de leur part. En échange de la protection et de la sécurité qu’il apporte à ses propriétaires, il jouira d’un grande affection. Et cette affection que le propriétaire porte à son chien empêchera les propriétaires de voir leur animal comme un danger public lorsqu’il est en liberté. C’est là que le bât blesse.

    Tous les animaux sont imprévisibles, mais lorsqu’ils sont dotés d’une arme aussi offensive que leurs mâchoires capables de mutiler ou de hacher son voisinage en chair à canon, il est permis de se demander s’il faudra en arriver à se prémunir de poivre à Cayenne chaque fois qu’on met le pied dehors pour se protéger de ces attaques de chiens imprévisibles à la solde de leurs propriétaires tout comme ces enseignantes qu’on voudrait armer pour les protéger et protéger leurs élèves contre les attaques imprévisibles d’hommes propriétaires d’armes à feu. N’y aurait-il pas lieu de retirer tout cet arsenal de mâchoires à broyer de l’espace public comme on l’a fait avec la cigarette?

  • Christian Nadeau - Abonné 25 février 2018 09 h 33

    Avoir un chien est un privilège et non un droit

    Il fallait bien s'y attendre. La logique de l’argument est implacable. Comment la clientèle électorale de Projet Montréal pourrait à la fois être contre le libre usage des armes aux ÉU tel que prônée par leur président et la NRA tout en étant pour la libre circulation des chiens dans l'espace urbain (et maintenant dans nos parcs de conservation)? Tous deux comportent des risques de blessures importantes, de traumas, voire de mort. Il faut l'entendre pour ne pas le croire! À savoir qu'il en est de la responsabilité du propriétaire de la bête comme il en est de la responsabilité de celui qui appuie sur la gachette! Quelle absurdité. J'ai eu des chiens et je les aimés, et j'aime les animaux. Mais, combien de fois dus-je interpeller des propriétaires de chien lâchés lousses dans les parcs Montréalais avec pour seule réplique, s'il y en avait une, de me faire envoyer...Il fallait entendre les reportages faisant état des pasionarias de la cause canidé (en vérité c'est la leur) mobilisés autour de la consultation éclair de la cité. On proposait pour remède d'éduquer les propriétaires et nos enfants face au chien. Mais c'est exactement ce que l'on apprend aux enfants en prévention des tueries qui prolifèrent aux ÉU. Et bien, cela n'a toujours pas marché la dernière fois, semble-t-il. Alors, que peut-on attendre de l'éducation de propriétaires dans une société ou le «je m'enfoutisme» et le plaisir autogratifié prolifère?

    Voilà donc que nous en sommes rendus à l'extension des droits humains aux quadrupèdes. Que maintenant, au bénéfice du vivre ensemble, qu'il nous faudrait accepter que des armes mobiles puissent s'extirper du fourreau qu'est la laisse du canidé pour venir lécher le visage de nos enfants en toute confiance (il est gentil mon chien, il aime les enfants...). J'ai trouvé la solution! Je n'ai qu'à acquérir un chien qui pourra nous défendre! Fallait y penser! Merci Donald Trump. Quel génie!

  • Marc Therrien - Abonné 25 février 2018 15 h 33

    L'interdiction d'être responsable

    Pauvres humains, maintenant qu’on ne peut plus toujours dire que le chien est le meilleur ami de l’homme et de son voisin. Le principal risque pour l’humain, c’est lui-même quand il ne possède pas tout le jugement nécessaire pour se comporter de façon responsable. Le plus grand risque pour notre liberté, c’est l’irresponsabilité de ceux qui nous entourent. Et comme on ne peut interdire aux irresponsables d’exister, la seule possibilité qui reste est de contrôler l’utilisation des objets que l’humain a produits qui deviennent dangereux dans les mains des irresponsables. Plus grand le nombre d’irresponsables, plus grandes les atteintes à notre liberté au nom d’une plus grande sécurité.

    Marc Therrien