La souris anxieuse: pauvre science malmenée!

L’étude rapportée dans Le Devoir de mercredi au sujet du lien établi entre les gras saturés et l’anxiété et la dépression recèle la plupart des travers qui affligent la majorité des études menées sur les gras alimentaires depuis quelques décennies. Dans ce genre d’études, les chercheurs ne visent qu’une chose : confirmer ce qu’ils croient déjà. Karl Popper se retourne souvent dans sa tombe ! Il suffira de dire : 1) que les travaux réalisés chez les animaux sont toujours à prendre avec des pincettes et que transposer les résultats aux humaines est périlleux ; 2) que, tout comme dans le fameux cas du lapin bourré d’athérosclérose (les chercheurs lui avaient fait suivre une diète de carnivore alors que c’est un herbivore et on s’étonnait qu’il n’aille pas bien, le pôvre !), on pouvait s’attendre à ce qu’une souris ayant une diète grasse et pleine de sucrose — et donc sans grand rapport avec sa diète habituelle — présente quelques anomalies métaboliques. Enfin, comment diable tirer une conclusion d’une étude dans laquelle deux variables (gras, sucre) étaient manipulées ? Ça ne semble pas avoir gêné les auteurs le moins du monde. Ils ne se sont pas non plus privés d’évoquer une application clinique. Pauvre science ! Les bêtises qu’on profère en ton nom.