Lettre à Lucien Bouchard

Mon cher Lucien,

En 2002, dans une lettre que tu as fait publier, tu déplorais « les avanies qu’on vient d’infliger » à une personne, Charles Dutoit, que tu estimais au plus haut point. Tu souhaitais un « geste réparateur à l’endroit d’un homme de coeur, blessé dans sa dignité d’homme et son intégrité ». Aujourd’hui, je reprends tes mots pour t’inviter à réparer les avanies, il n’y a pas de meilleur mot, qui ont été infligées à Yves Michaud.

Au fond de toi-même, tu admets l’injustice dont il fut victime. Du même coup, c’est l’institution, symbole de notre vie démocratique, qui a été gravement atteinte. Tu le sais très bien et, pourtant, depuis près de vingt ans, tu t’enfermes dans une mauvaise humeur de politicien contrarié.

Tu te proposes de créer à l’OSM « une atmosphère d’harmonie » et de maintenir un « climat de respect », pourquoi ne pas profiter de cet élan de sagesse pour t’excuser haut et fort des injustices commises à l’endroit d’Yves Michaud?

12 commentaires
  • Jacques Lamarche - Abonné 13 février 2018 04 h 17

    Seul ou solidaire!

    Le grand homme a toujours fait cavalier seul! Son austérité a conduit à la création de Québec solidaire! Le respect et la solidarité envers son parti, plus d'une fois, ont failli! Et le PQ depuis son départ pâtit!

    Les plus beaux exemples de solidarité et d'unité, et les occasions n'ont pas manqué, c'est la famille ¨libérale¨ qui les fournit!

  • Michel Lebel - Abonné 13 février 2018 06 h 09

    Ne mêlons pas.

    Ne mêlons pas l'affaire Dutoit et l'affaire Michaud, même si certains rapprochements sont possibles. Pour un chrétien, le Carême commence demain. C'est un moment privilégié de purification. C'est tout.

    M.L.

    • André Joyal - Abonné 13 février 2018 10 h 44

      Bon carême M.Lebel!
      Moi, depuis plus de 50 ans, je mange des bonbons pendant que vous jeunez.
      Même si vous n'aimez pas que l'on mêle les choses, je vous recommande le film«La confession»
      que vous visionnerez, bien sûr, sans le sac de pop corn habituel.

    • Michel Lebel - Abonné 13 février 2018 12 h 55

      @ André Joyal,

      Je dirais que vous avez une vision pour le moins passéiste du Carême! Pendant que j'écris ce texte, je mange une délicieuse réglisse! Le Carême est avant tout une affaire d'esprit, qui permet de mieux réfléchir sur ses actions ou inactions. Elle tend vers une certaine purification de son être, on se débarasse de vieilles affaires dans son grenier; du moins on essaie. Ainsi ceci pourrait s'appliquer à Lucien Bouchard... Mais en toute liberté!

      M.L.

  • Raynald Rouette - Inscrit 13 février 2018 06 h 40

    M. Bouchard, un geste honorable serait apprécié


    Le temps de réparer une injustice.

  • Claude Bariteau - Abonné 13 février 2018 08 h 20

    La grandeur de la petitesse

    M. Vaugeois, M. Bouchard, avant sa charge sur M. Michaud, fit faire le ménage, par M. Landry, des indépendantistes du PQ pour préparer un référendum sur la « souveraineté-association » alors que le PQ s'alignait sur l'indépendance.

    Il refusait cet alignement parce qu'il ne pouvait pas imaginer que les Canadiens et les Canadiennes acceptent un trou entre les Maritimes et l'ouest du Québec. Aussi misa-t-il sur un retour d'impôt autour de 20 milliards e s'objecta à déployer une démarche menant à un retour de 50 millards.

    Fervent nationaliste, M. Michaud était promoteur d'une nation imaginaire selon les termes de Mme Légaré et prônait l'indépendance d'une « pré-nation » historiquement fondée, qui dérangeait les plans de M. Bouchard.

    L'approche de M. Parizeau était différente. Il oeuvra à fonder une nouvelle nation en en construisant les assises en recourant au pouvoir de l'État du Québec.

    M. Bouchard partageait en partie ses ses vues, mais pas celle de l'indépendance. Il entendait reprendre le projet de M. Lévesque et y associer des Québécois et Québécoises Autochtones, de langue anglaise et de l'immigration. En témoignent ses engagements envers les membres de ces communautés.

    Après quatre ans à naviguer dans cette direction, M. Bouchard constata que ses idées ne levaient pas. Il choisit de quitter et le fit après avoir appuyé la motion du chef du PLQ, M. Charest.

    Alors, pour lui, s'excuser impliquerait que M. Michaud s'excuse. Non de ce qu'il a dit, mais parce qu'au PQ il maintenait le cap sur l'indépendance dans une lecture « ethno-culturelle » de la « nation » québécoise.

    Depuis, le PQ est en chute parce qu'il n'arrive pas à penser créer une nouvelle nation. Or, c'est ce type de projet qui conduit à l'inépendance et à sa reconnaissance sur la scène internaitonale, l'autre à des divisions internes et des replis comme celui qui s'annonce avec la CAQ dès lors que l'indépendance devient un hochet pour faire le plein de députés.

  • Pierre R. Gascon - Abonné 13 février 2018 08 h 53

    Merci monsieur Bariteau

    Votre éclairage nous permet de discerner sur les fixations de monsieur Bouchard en son oppostion sur la manière de fonder une nation.

    N'était t-il pas présent en même temps que monsieur Charest au Domaine Sagard? À ce moment là, je ne savais pas quoi penser de cette réunion de Boys Club. Monsieur Baritau, vous venez de m'éclairer.