Solitude et fatigue de la vie

Le Devoir a raison de placer à la une du 26 janvier la question de l’isolement pour la santé publique : « Mortelle solitude. L’isolement est un tel fléau que la Grande-Bretagne lui a consacré un ministère ».

En effet, les conséquences de la solitude sur la santé des gens sont souvent méconnues. Lorsque je visitais ma vieille tante, j’ai remarqué que la télévision était toujours ouverte. Un jour, je lui ai demandé quel programme elle écoutait. Elle m’a répondu qu’elle n’écoutait aucun programme et qu’elle laissait sa télévision ouverte parce qu’elle avait besoin de présence…

Selon Mme Van Baarsen, beaucoup de personnes âgées se sentiraient « extrêmement seules et isolées en raison des restrictions sociales que leur impose la maladie et de la perte de leur partenaire, d’amis, de membres de famille ou même d’enfants, ou en raison du fait que leur place dans la société n’a plus de sens ou n’offre aucune perspective ». Sa grand-mère se plaignait d’être tout le temps seule. Au moment de sa maladie, elle n’avait plus qu’un ami, qui ne la reconnaissait plus.

Des recherches récentes auraient révélé que la solitude est un facteur significatif qui contribue à expliquer les sentiments de souffrance insupportables et sans espoir d’amélioration. « Les personnes âgées qui souffrent de faiblesse, de perte de dignité et de solitude extrême ont, en général, peur de ce qui les attend. Elles craignent la déchéance, le fait de devenir une charge pour les autres ou, de façon plus générale, le processus conduisant à la mort… » et, je dirais, la peur de mourir oubliées dans leur appartement.

La visite du personnel de la santé, le passage du facteur, etc. prennent donc une signification particulière et atténuent leur solitude sans toutefois redonner un sens à leur existence. Ceci explique aussi les compromis que des aînés peuvent consentir pour avoir de la visite de proches ou de voisins.

La solitude est un mal déterminant de la fatigue de la vie et doit être prise en considération par la société des humains. Bravo à tous ceux et celles qui contribuent à réduire le sentiment d’isolement de nos aînés.