De la responsabilité sociale et morale des médecins

Nous constatons journellement l’étranglement du réseau de la santé et des services sociaux dans nos milieux du fait d’un sous-financement chronique d’un bon nombre de ses programmes, cela ayant un impact sérieux autant sur les usagers que sur les gestionnaires. L’augmentation excessive des revenus des médecins depuis 2007, et qui se continue, n’est pas étrangère à cette situation. Un chercheur de l’IRIS, Guillaume Hébert, avait exposé cette situation en juin 2016 dans une analyse et soumettait des recommandations. Depuis, silence radio sur l’ampleur du phénomène, qui, s’il était davantage soulevé, fournirait une avenue de désengorgement du réseau. Sept milliards sont consacrés aux revenus des médecins, neuf milliards en 2020-2021, une situation totalement disproportionnée par rapport aux autres missions de l’État.

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2 commentaires
  • Jean Couture - Abonné 27 janvier 2018 22 h 45

    Que faire avec nos médecins

    Dans toutes nos fonctions publiques Fédérale et provinciales nous trouvons tous les corps professionnels agissant comme fonctionnaires (avocats, notaires, ingénieurs, architectes, dentistes, pharmaciens, actuaires, statisticiens, éducateurs, psychologues, vétérinaires, comptables, économistes etc).

    Pour quelles raisons nous ne pourrions pas penser à intégrer TOUTE cette classe de médecins généralistes et spécialistes dans la Fonction Publique du Québec. Ces médecins deviendraient des salariés de l'État avec des salaires de fonctionnaires, avec des horaires strictes, avec des standards de performance, avec des rapports de performances, avec des rendements et volumes d' interventions. Les régions autres que les grands centres urbains pourraient ainsi obtenir une médecine qui leur sont dues. Je crois que le temps est venu de penser à en faire des fonctionnaires. Pour quelles raisons avons-nous toujours privilégié d' une facon éhontée cette classe de professionnels avec des salaires mirobolants qui controle nos élus et la population par le bout du nez avec leurs petites finasseries.

    Peu importe ce que le Québec fait pour ses médecins, on sent toujours ces petits jeux de pouvoirs de la part des nos médecins toujours , oui toujours insastisfaits, pour obtenir encore plus en ralentissant le système de santé.

    Quand aurons-nous un parti politique qui prendra et développera ce genre d"idée afin d' intégrer au complet tous nos médecins dans la Fonction Publique du Québec, ainsi le citoyen aura le dernier mot avec cette petite classe de professionnels qui ne pense qu' à ses revenus et ses privilèges éhontés. Le temps est venu ....... !

    • Christian Labrie - Abonné 29 janvier 2018 20 h 16

      Pouquoi pas aussi tous les avocats? Ils ont des honoraires comparables aux médecins, et le système judiciaire coûte cher. Et. Pourquoi pas les pharmaciens? Ceux qui travaillent à la pharmacie du coin sont payés à l’acte par la RAMQ comme les médecins et ont des revenus comparables. Ceux qui travaillent dans les hôpitaux à salaire peuvent y faire du temps supplémentaire à l’acte.
      Le problème est dans le « tous », qui ferait des médecins-fonctionnaires une catégorie à part qui n’aurait pas le droit de travailler autrement. Tous les professionnels si haut nommés peuvent travailler pour l’état ou en privé. Et des médeins fonctionnaire, ça existe. La seule profession que je connaisse qui ne travail que pour l’état sont les juges.
      Si je ne pensais qu’à mes « privilèges éhontés », j’accepterais d’être payé à salaire pour la qualité de vie que cela me donnerait. Mais je ne pourrais pas faire tout le travail que je fais maintenant. Cette solution aggraverait une pénurie de médecins déjà présente.
      Je ne pense pas que le paiement à l’acte actuel soit l’idéal, mais le salariat n’est pas une alternative valable.