Enseignant… denrée rare

C’est à juste titre que le ministre de l’Éducation dénonce le remplacement à répétition qui a cours dans une classe de maternelle à la CSDM, une situation qui perdure depuis la rentrée scolaire. Permettez-moi de vous mentionner que cette désolante situation fait malheureusement partie de notre réalité-terrain depuis quelques années et que le manque de suppléants dans nos écoles est de plus en plus criant. Cette réalité soulève une question de plus en plus présente, soit celle de la valorisation des enseignants dans l’espace public.

Soyons sérieux. Si nous voulons que cette profession retrouve toutes ses lettres de noblesse pour attirer les meilleurs candidats dans nos universités québécoises, il faudra un jour s’attaquer à l’épineuse question des conditions salariales de nos enseignants tout en diminuant la lourdeur de leur tâche. Ce n’est certainement pas avec un salaire de base très discutable que nous allons attirer les meilleures candidatures.

Il faudra agir rapidement parce que cette profession a malheureusement de moins en moins la cote auprès de nos universitaires et que les jeunes enseignants quittent la profession avant même d’avoir fait cinq années (plus de 25 % d’entre eux, selon les plus récentes statistiques). Un choix de société s’impose rapidement si nous voulons que nos enfants puissent bénéficier d’un enseignement à la hauteur de leur valeur !

8 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 19 janvier 2018 05 h 11

    Des conditions de travail équivalent à l'esclavage!

    C'est vrai que la plus importante profession au monde, l'enseignement, n'est pas valorisée du tout. Ce n'est pas seulement en matière de salaire que les professeurs manquent de respect, mais pire encore la lourde tâche équivaut à l'esclavage.
    J'avais cinq classes chacune de 32 élèves, ce qui totalise 150 élèves par jour. De plus, il fallait faire la supervision de la récréation, ou la cafétéria et l'on ne comptabilise jamais les heures et les heures que les professeurs de langues passent à faire les corrections. De même, il fallait produire cinq bulletins de notes par année. Dans ces circonstances, quasiment d'esclavage, ce n'est pas surprenant que les professeurs quittent après cinq années d'enseignement.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 19 janvier 2018 12 h 25

      Et bateau.... Je suis pas sûr que votre conception de l'esclaveage soit partager par grand monde.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 19 janvier 2018 12 h 55

      M.Ares,comment vous sentiriez-vous étant valorisé et payé comme un professeur ?

    • Marc Therrien - Abonné 19 janvier 2018 17 h 33

      @ M. Arès,

      Depuis la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave, on peut concevoir que, dans certains contextes ou rapports sociaux et économiques, les conditions objectives ou subjectives de l’esclave ne sont pas toujours celles que l’on pense a priori. Elles se transforment avec les époques.

      Peut-être madame Alexan veut-elle nous dire, à partir de son expérience, que l’enseignant ne se sent plus maître de son enseignement et de ses classes dans ses conditions de travail actuelles et qu’il est davantage un instrument assujetti aux fins de la «machine» ou du «système-client» qui s’opposent aux siennes propres.

      Au sens plus figuré, il arrive que l’humain se sente comme un esclave quand ce sont ses passions qui le dominent.

      Marc Therrien

  • Luc Langelier - Abonné 19 janvier 2018 08 h 45

    Enseignant... denrée rare

    Je suis tellement d'accord avec vous!
    Cette lettre devrait être publiée en première page!

  • Jean Gadbois - Inscrit 19 janvier 2018 08 h 54

    Quand une société méprise d'abord ses intellectuels...

    Héritage séculaire d'une société colonisée à qui on a incrusté tellement profondément sa condition de peuple "né pour un petit pain", l'idée même d'une frange sociale vouée à la pensée et au savoir et à sa transmission, ne fait que réduire ses profs. au rang de "travailleurs de l'éducation". Les salaires et la valorisation de la profession vont suivre cette courbe et les moins bons candidats à "la formation des Maîtres", qui rêvent d'un idéal de vocation, vont devenir la norme... pour ensuite les voir quitter à hauteur de 25%: rien de surprenant là-dedans.

    Et ça parle d'indépendance et de société distincte...

    Pendant ce temps, bin on va magasiner pis on se rabat sur les "occupations doubles" de ce monde. Nos ti-counes ont le haut du pavé, pas nos intellos.

    Alors de quoi parle t-on, ici?

  • Bernard Dupuis - Abonné 19 janvier 2018 11 h 12

    Un haut fait d'une journaliste

    Que penser de cette journaliste de Radio-Canada qui le 18 janvier ridiculise les professeurs d’un étudiant de quinze ans qui leur envoie une mise en demeure parce qu’on lui a confisqué son iPod qu’il utilisait en classe malgré le règlement?

    Pour aider les professeurs, la journaliste qualifie l’étudiant de « génial » et souhaite que la direction de l’école se rende aux arguments de l’élève. Ce fait, en apparence anodin, illustre comment les médias traitent les professeurs et l’éducation avec désinvolture. Tous les moyens sont bons pour nuire au travail des professeurs.

    Bernard Dupuis,
    Berthierville, 19/01/2018.

  • Colette Pagé - Inscrite 19 janvier 2018 12 h 19

    Un virage s'impose !

    Si l'on accordant autant d'importance au travail des enseignants et des infirmères qu'à celui des médecins spécialistes il est raisonnable de penser qu'avec une telle valorisation ces postes deviendraient plus attrayants.