Un compromis

Dans Le Devoir du 15 janvier 2017, Robert Dutrisac soutenait que cannabis" target="_blank">certaines municipalités vont « trop loin » en envisageant une interdiction générale de fumer du cannabis dans les lieux publics (parcs, places publiques, trottoirs, etc.). Cela produirait une distinction entre les villes tolérantes et les villes intolérantes et une discrimination entre les propriétaires de résidence et les locataires de logement où il serait interdit de consommer du cannabis.

Il reste tout de même que le cannabis est une drogue, que les effets nocifs de sa fumée secondaire ne sont pas documentés de manière satisfaisante (notamment sur les enfants) et que l’odeur de cannabis peut constituer une véritable nuisance pour ceux qui n’en consomment pas ou n’en consomment plus.

Je propose un compromis.

Les villes devraient pouvoir légaliser un certain nombre de « fumeries » et limiter la consommation publique du cannabis dans ces lieux, un peu comme les bars sont les lieux où l’on va consommer de l’alcool. Le cas échéant, l’air émanant des fumeries devrait être parfaitement filtré, afin de ne pas nuire au voisinage. Chaque ville pourrait ainsi avoir ses « lotus bleus », version cannabis, et les réglementer avec souplesse.

À mon avis, une solution de ce genre permettrait de réconcilier les intérêts de ceux qui veulent fumer du cannabis en toute liberté et de ceux pour qui être exposés involontairement à l’odeur et à la fumée secondaire du cannabis dans les parcs, les places publiques et sur les trottoirs constitue une véritable nuisance. Cet équilibre raisonnable permettrait probablement aussi de mettre fin au débat sur la prohibition plus rapidement qu’en soumettant le cannabis aux mêmes restrictions que le tabac.