La prohibition à l’aune de la cohérence

Le 13 avril 2017, le gouvernement fédéral a déposé un projet de loi visant à légaliser le cannabis récréatif et a annoncé son entrée en vigueur au plus tard le 1er juillet 2018. Depuis, on sent une vague de protestations à saveur bien souvent apocalyptique où tout effluve de fumée devrait provoquer l’arrivée des sept plaies d’Égypte, ou pire encore.

À partir des règles d’encadrement prévues au niveau fédéral, chaque palier de gouvernement vient restreindre encore plus l’intention du législateur. Au Québec, pas le droit de cultiver des plants à des fins récréatives, même si projet de loi fédéral instaure une tolérance de quatre plants. Au Québec, l’encadrement est lié aux restrictions liées au tabac ainsi qu’à celles de l’alcool. Certaines municipalités veulent interdire la consommation dans les lieux publics et l’association des propriétaires va interdire la consommation dans les logements.

Les dispositifs d’encadrement, sous l’influence prohibitionniste, deviennent plutôt un carcan limitant aux seuls propriétaires de résidence la possibilité de fumer chez eux. Et malgré toutes ces limites, les niveaux municipaux et provincial se disputent les portions de revenus à venir de la vente de produits qu’ils interdisent en pratique.

Le gouvernement fédéral devrait peut-être faire comme pour la loi canadienne sur la santé et ne pas transférer les sommes perçues de la vente du cannabis aux municipalités et gouvernements provinciaux ne respectant pas l’esprit de la loi. Que les disciples puritains assument eux-mêmes les coûts de leur prohibition.

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