10$ par mois, «c’est 10$ de moins sur autre chose»

Voilà plus de 40 ans que j’analyse les budgets et la consommation des ménages d’ici. Je suis stupéfait par les propos de monsieur Benoit Dorais à propos du budget pour Montréal de l’administration Plante-Dorais.

M. Dorais a tort de dire, comme il l’a fait à plusieurs reprises à la suite du dépôt du budget de son administration, que 10 $ par mois, « c’est 10 $ de moins sur autre chose ». Le budget familial de la majorité des Montréalais est déjà déficitaire. On dépense plus qu’on ne gagne. Ce qui explique pourquoi les ménages montréalais augmentent constamment leur endettement. Les chiffres sont clairs, taxer 118 $ de plus, c’est pelleter la dette de la municipalité dans la dette des ménages.

6 commentaires
  • Paul Toutant - Abonné 12 janvier 2018 06 h 44

    Une bière

    Dix dollars, c'est le prix d'une bière dans un bar, incluant le pourboire. Plusieurs fois moins qu'un carton de cigarettes. Le professeur émérite devrait cesser d'infantiliser la population.

    • Jean Richard - Abonné 12 janvier 2018 10 h 52

      L'éméritat n'est qu'un titre honorifique d'universitaire à la retraite. Plusieurs s'en servent pour se donner une dose d'autorité et influencer l'opinion publique tout en écrivant des quasi conneries, frôlant le populisme.

      « Les chiffres sont clairs, taxer 118 $ de plus, c’est pelleter la dette de la municipalité dans la dette des ménages. » – Clairs ?

      Primo, ce ne sont pas tous les Montréalais qui vont payer 118 $ de plus. Ce chiffre est une moyenne. Et il exclut l'augmentation de l'indice des prix à la consommation qui, si on en tenait compte, réduirait le montant aux environs de 80 $.

      La majorité des Montréalais qui occupent un logement valant moins de 427 k$ paieraient moins de 80 $ (valeur ajustée) de plus par année.

      Quand un universitaire décide de s'appitoyer sur l'endettement des ménages et affirme d'une façon à peine détournée que les taxes et les impôts contribuent de façon dramatique à cet endettement, il y a matière à réaction. Ces universitaires passent sous silence une certaine classe de gens et des institutions qui profitent à plein de cet endettement. À qui profite le plus la spéculation foncière ? Aux villes ? À l'état ? Pas vraiment. Elle profite aux banques, aux banques, aux banques et aux spéculateurs, d'abord et avant tout. Contrairement aux villes et aux états, les banques et les spéculateurs ne fournissent pas de services à la population (sinon en les faisant payer – les frais bancaires, ça existe).

      Et qu'est-ce qui amène les gens à s'endetter ? Le crédit facile, le crédit encouragé (on peut maintenant payer son pain et ses carottes avec une carte de crédit). Ce crédit facile vient doper la consommation, souvent la surconsommation, et à qui ça profite ? Ni aux villes, ni aux états... On ne peut même pas payer ses taxes foncières et ses impôts avec Visa-MC-AM...

      Et plus... Dépenser quelques dollars de moins à acheter des produits chinois ches les américaines Walmart, Costco, ça peut être sain pour l'économie régionale.

    • Jacques Patenaude - Abonné 12 janvier 2018 11 h 49

      Lorsque les entreprises augmentent leurs prix est-ce qu'elles pigent leurs profits dans l'endettement des ménages?

    • Michèle Cossette - Abonnée 12 janvier 2018 11 h 50

      Monsieur Richard, visiblement vous ne connaissez pas Jacques Nantel, professeur de marketing aux HEC, dont la compétence en matière commerciale est reconnue internationalement.

      Vous êtes sans doute un de ces lecteurs du Devoir bien nantis, qui n'ont pas de soucis budgétaires et qui n'ont aucune idée de la réalité de ceux qui n'ont justement pas les moyens de se prévaloir du « crédit facile ».

      Quand on est à la retraite et qu'on a un revenu fixe, qui n'est pas ajusté à l'inflation (eh oui, cher monsieur, c'est le cas de bien des retraités, quoi que vous en pensiez), une augmentation de taxes de 5,4 %, comme en connaîtront les résidants de Villeray, est tout sauf une bonne nouvelle.

      Les taxes dans Villeray ont doublé depuis 10 ans. Dans bien des cas, la question qui se pose, c'est « combien de temps pourrai-je garder ma maison? »

      Je suis très déçue du manque de sensibilité de beaucoup de commentaires sur cette question.

    • Jean Langevin - Abonné 12 janvier 2018 18 h 04

      Les gens qui magasine chez Walmart sont souvent à petits budgets et n'ont pas les moyens de payer les prix parfois exagérés de l'économie régionale.

    • Jean Richard - Abonné 12 janvier 2018 18 h 30

      @Madame Cossette – Si les taxes ont doublé dans Villeray (j'y ai déjà habité et je sais qu'elles n'ont pas doublé), c'est d'abord et avant tout parce que le prix des habitations a doublé. Et pourquoi la valeur des propriétés a-t-elle tant augmenté ? La spéculation, ça vous dit quelque chose ?

      J'habite maintenant dans Rosemont-Petite-Patrie, l'arrondissement au sommet des augmentations. Mon compte de taxes foncières augmentera de 131 $, ce qui équivaut à 95 $ quand on ajuste la valeur du dollar. Je lis le Devoir, mais ça ne fait pas de moi un nanti. Je me débrouille avec ce que j'ai – et je dois préciser que mes revenus sont assez près de la médiane des revenus par ménage des Québécois. La moitié des ménages québécois ont des revenus totaux supérieurs aux miens.

      Quand je vois autour de moi des gamins de 10 ans avec un iPhoneX et un forfait de données leur permettant de jouer 8 heures par jour en ligne, quand je vois les statistiques sur les ventes de voitures neuves au Québec (un demi-millions), les voitures dites économiques étant en forte minorité, quand je vois que les ménages ont dépensé plusieurs centaines de dollars en cadeaux de Noël pas toujours utiles, quand je vois les cinémas-maison dernier cri, les ordis jamais plus vieux que deux ou trois ans, et les factures de communication (internet, téléphone, télévision) astronomiques, je me doute d'une chose : la carte Visa doit s'approcher du rouge.

      Je croyais l'avoir bien dit : le problème de l'endettement excessif des ménages ne sera pas causé par une augmentation de 118 $ des taxes foncières – montant moyen et non pas minimal, car pour la majeure partie des Montréalais, ce montant sera moindre.

      Mais je connais une grosse banque où des gens paient 12 $ par mois de frais bancaires, même sans avoir fait la moindre transaction. Et il y a des banques qui espèrent voir disparaître l'argent comptant – car ce sera payant pour elles. Les banques sont des prêteuses... pour les endettés...