La déconvenue de CIBL

Membre et ex-d.g. de CIBL, j’ai assisté à une AGA [assemblée générale annuelle] où bon nombre de producteurs bénévoles se sont heurtés à une porte close… parce qu’ils avaient omis de renouveler à temps le paiement de leur carte de membre. Ils y venaient pour débattre du virage pris par le directeur général de l’époque, virage qui avait eu pour effet de vider la station de ses producteurs pour remplacer le contenu essentiellement par de la radio en « canne »… avec le résultat qu’on connaît.

Mais ce n’est pas la seule cause de la déconvenue de cette station communautaire. Une autre cause est le cadeau empoisonné de l’édifice du 2-22 par le gouvernement Charest. Cadeau de Grec parce que découlant de la seule tenure comprise par ce gouvernement : la propriété privée en condo. Or les coûts y ont explosé, engloutissant la quasi-totalité des revenus autonomes de la station. Il aurait sans doute été plus sage de créer une propriété collective sous forme de coop où CIBL aurait été l’un des membres-locataires. D’autres raisons profondes sont aussi derrière cette crise touchant la nature même de la station.

Il est évident que l’arrivée du numérique, dont maintenant les « iTunes ou Spotify », chambarde complètement l’écoute de la musique. Or la spécificité de CIBL, c’est qu’elle comprenait plusieurs radios en une seule. Ainsi, un soir de semaine on pouvait y suivre des producteurs amants du jazz, le soir suivant se délecter des musiques du monde d’un Yves Bernard, etc. CIBL incarnait toutes ces radios rêvées et réalisées par des centaines de producteurs bénévoles. On y a fait place nette d’un seul geste alors qu’au contraire, on aurait dû s’emparer d’Internet pour ainsi y démultiplier la portée de la station. Que faire maintenant ? Eh bien, d’abord renouer avec la mission même de la station en rouvrant la porte à l’apport des producteurs. Mieux ! Offrir à l’auditoire des canaux spécialisés sur Internet, tant pour la musique que pour l’information, animés par ce qui a toujours fait la force de CIBL : ses bénévoles.

1 commentaire
  • Christophe Huss - Abonné 11 janvier 2018 13 h 17

    Comme chantait France Gall

    Evidemment...

    En plus, un petit "Merci" à l'égard des producteurs n'a jamais fait de mal.

    Christophe Huss
    Concepteur et co animateur-producteur, avec Michel Dumais, de Classique Actuel de 2007 à 2015