Vivre et mourir dans la dignité

Arrivé à un certain âge, on sait que la vie, telle une montagne qui nous a été si laborieuse à escalader, nous réserve une descente abrupte et difficile à contrôler. Et ce, peu importe ce qu’on a pu faire pour éviter notre dégringolade.

Deux ans après l’adoption de la Loi concernant les soins de fin de vie, selon le rapport de la commission du même nom, 638 personnes ont eu recours à l’aide médicale à mourir au Québec en 2016-2017. Mourir dans la dignité constitue, pour notre société, une avancée certaine.

Malheureusement, l’actualité nous présente trop souvent les ratés qui surviennent dans l’offre de soutien aux aînés, à domicile comme en CHSLD. Quand on entend notre entourage répéter « Moi, je n’irai jamais dans un CHSLD », on ne peut s’empêcher de craindre que mourir dans la dignité devienne un pis-aller à défaut de pouvoir vivre dans la dignité.

Je nous souhaite pour 2018 que VIVRE dans la dignité fasse partie de nos priorités collectives.

7 commentaires
  • Claude Girard - Abonné 30 décembre 2017 04 h 06

    Prochaine étape

    Oui, c'est vrai. L'aide médicale à mourir constitue une avancée certaine. Il serait important maintenant d'investir nos efforts dans l'aide médicale à vivre.

    • Marc Therrien - Abonné 30 décembre 2017 11 h 59

      L'aide médicale à vivre est déjà bien implantée, ce qui fait que "D'ici à 2031, il est prévu que l'espérance de vie moyenne au Canada aura augmenté pour atteindre 81,9 ans chez les hommes et 86,0 ans chez les femmes, l'écart entre les premiers et les secondes continuant de s'amenuiser" (Statistiques Canada).

      Ainsi, en ce qui me concerne, c’est l’aide psychosociale à apprivoiser et si possible, surmonter la peur de la maladie, de la vieillesse et de la mort qui pourrait permettre de mieux vivre dignement tout en se préparant avec lucidité à sa fin de vie. C’est quand même tout un défi pour plusieurs personnes conscientes d’être mortelles de profiter pleinement de la vie sachant qu’elles vont la perdre. L’aide psychosociale à mieux composer avec les pertes est une autre avenue possible pour l’humanité qui se cherche en chacun des êtres qui la cherchent aussi.

      Marc Therrien

  • Yvon Bureau - Abonné 30 décembre 2017 08 h 21

    En liberté

    Oui à un vivre dans la dignité. Encore du travail et de l'investissement devant nous !

    Oui à un mourir en liberté et en dignité. La dignité passe par le libre-choix.
    Et la dignité dans le mourir s'est installée au Québec à travers notre Loi sur les soins de fin de vie. Reste à la bonifier après plus de 2 années d'application. Le Jugement unanime de la Cour suprême de février 2015 fut tout un cadeau; reste à pleinement le déballer. Pour plus de liberté et de dignité.

    Après 2 ans d'application de notre Loi, plus de 1 000 personnes ont terminé leur vie par AMM, librement et dignement. Les témoignanges sont si nombreux et tellement éloquents.

  • Michel Lebel - Abonné 30 décembre 2017 11 h 18

    La dignité...


    Vivre dans la dignité, tout un défi, tout un programme à la fois personnel et social! Il demeure que la notion de dignité est bien souvent subjective. J'ai connu des pauvres et des riches dignes et le contraire. Selon mon appréciation, évidemment!

    M.L.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 30 décembre 2017 18 h 50

      Vivre dans la dignité comprend aussi le fait de mourir dans la dignité.

  • Réjean Martin - Abonné 31 décembre 2017 10 h 15

    j'aime cette remarque de monsieur Therrien

    j'aime ce que dit monsieur Therrien au sujet de «l’aide psychosociale à apprivoiser et si possible, surmonter la peur de la maladie, de la vieillesse et de la mort (...) tout en se préparant avec lucidité à sa fin de vie». L'aide immense qui survient dans ma vie à moi (bien que je suis encore en santé et en forme) me vient d'une camaraderie intense: deux 5 à 7 par semaine!

    • Marc Therrien - Abonné 31 décembre 2017 13 h 26

      Effectivement, on peut traverser la vie plus sereinement en ayant du plaisir en bonne compagnie, comme le savent très bien les épicuriens. Tant que la mort n'y est pas, j'y suis et quand la mort y sera, je n'y serai plus.

      Marc Therrien