Justin et la différence

Le premier ministre Justin Trudeau nous invite à « faire une différence » ; se rend-il compte que c’est ce que nous faisons tous à la longueur de journée et d’année ?

Tous les travailleurs et travailleuses travaillent justement et toujours pour « faire une différence ». Le médecin essaie d’améliorer notre santé. Le boulanger essaie d’apporter sa contribution à notre pain quotidien. L’éboueur essaie de « faire une différence » dans la propreté et la salubrité de nos rues.

Individuellement, nous essayons constamment de « faire une différence ». Nous voulons mieux nous alimenter pour « faire une différence » dans nos vies. Nous conduisons mieux pour « faire une différence » sur nos routes. Nous buvons moins. Nous ne fumons presque plus. Nous faisons plus d’exercice ; tout ça pour améliorer la santé publique.

Comme conjoints et conjointes, on essaie de faire progresser les rapports homme femme. Comme humains nous évoluons vers une reconnaissance des différences entre les sexes qui se multiplient et brassent les stéréotypes imprimés depuis des siècles. Comme parents nous essayons tous les jours et toutes les nuits de changer les choses pour nos enfants. Comme citoyens et citoyennes, nous tentons aussi de « faire une différence ».

Nous l’avons fait en votant pour Justin Trudeau. Mais justement ça n’a rien changé. Quand il ne voyage pas sur les ailes de l’État ou dans les hélicoptères de ses prétendus amis proches, il ne nous parle que des belles affaires : la paix dans le monde, la tolérance, le vivre ensemble, son beau visage et ses égoportraits. Quand vient le temps de parler des vraies affaires, il passe la rondelle. Il enlève sa face et s’efface ; comme dans la légalisation de la marijuana, comme dans le dossier d’Israël et de la Palestine, comme dans le dossier de l’ONU ou comme dans les paradis fiscaux.

À lui les belles paroles, aux autres les lourdes tâches. Bref ça ne fait pas de différence.

14 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 28 décembre 2017 06 h 56

    Comme dans le dossier de l'aide médicale à mourir

    Il s'efface. Il ne demande pas l'avis de la Cour suprême sur la Loi C-14 portant sur L'AMM.

    Car, pendant ce temps, sans accès à l'aide médicale à mourir, des personnes rendues à la fin de leur vie, exclues de l'AMM, souffrent affreusement. Voici ce que j'ai déjà écrit : «Exclus, certains se suicident (se tirer devant un train, s’immoler par le feu), d’autres arrêtent de manger et de boire, certains espèrent un « meurtre par compassion », nombreux cessent de prendre les médicaments antidouleurs, d’autres s’obligent à affronter très péniblement le chemin des tribunaux, d’autres quittent le Canada pour aller mourir en Suisse, loin de leurs proches et de leurs soignants, ayant à vivre d’atroces absences. Ce qui est inhumain, cruel et honteux. ... »

    Cet effacement est sans-coeur.

    Soyez à la hauteur nde votre coeur, PM Trudeau. Demandez cet avis, pour des jours plus ensoleillés. Pour une sérénité clinique et juridique si nécessaire et si espérée.

  • Nadia Alexan - Abonnée 28 décembre 2017 09 h 06

    Trudeau a raté une belle occasion pour faire la différence!

    Je suis tout à fait d'accord avec vous, monsieur Poupart. N'oubliez pas aussi la réforme du scrutin uninominal qu'il avait promis de changer et qu'il a ensuite abandonné. C'est cette réforme électorale qui aurait fait «une vraie différence» au seine de notre démocratie sclérosée.

    • Réjean Martin - Abonné 28 décembre 2017 11 h 58

      c'est en effet avec la réforme du mode de scrutin que monsieur aurait pu vraiment faire la différence!

  • Jean-Charles Morin - Abonné 28 décembre 2017 09 h 20

    Parlez pour vous et pas pour les autres!

    " Comme citoyens et citoyennes, nous tentons aussi de « faire une différence ».
    Nous l’avons fait en votant pour Justin Trudeau." dites-vous.

    Je trouve insultant de suggérer, comme vous le faites, que le désir de "faire une différence" amène naturellement à voter pour Justin Trudeau.

    Moi aussi figurez-vous, j'essaie de "faire une différence" tous les jours de ma vie, pour moi-même et, selon mes modestes moyens, pour la nation à laquelle j'appartiens (i.e. pour le Québec): c'est justement pour ça que je n'ai pas donné mon appui à ce bellâtre narcissique, vide et superficiel dont le credo politique, dicté par une dévotion filiale aveugle, est diamétralement contraire au mien.

    Alors, de grâce, parlez pour vous et pas pour les autres.

    • François St-Pierre - Abonné 28 décembre 2017 10 h 41

      Pourquoi tomber à bras raccourcis sur M. Poupart? Il est possible qu'il ait voté dans sa circonscription pour un candidat libéral plus prometteur que les autres, accordant contre son gré un vote à Justin. Mais il est également possible que le « nous » qu'il emploie fasse référence à la masse des gens qui se sont laisser berner par ce triste sire sans qu'il en fasse partie lui-même.

      Et l'essentiel est qu'il soit du nombre croissant de ceux qui constatent que le petit, avec son discours d'une monumentale vacuité et son éthique discutable, n'a aucunement la stature d'un chef de gouvernement.

  • Solange Bolduc - Abonnée 28 décembre 2017 10 h 08

    Moins de selfies, M. Trudeau !

    M. Trudeau, pour faire la différence, je vous offre de faire moins de selfies, de faire soigner votre narcissisme aigü, et enfin de gouverner vraiment sans avoir à répeter seulement ce qu'on vous demande de faire pour agir en beau goss à Papa-Trudeau, et surtout de réfléchir par vous-même !

    De telle sorte que vous aurez moins l'air d'un automate premier ministre, ou premier cynique, du Canada !

    Ce que je vous souhaite pour 2018 !

    • Jean Gadbois - Inscrit 28 décembre 2017 21 h 10

      Mme. Bolduc, vous êtes sérieuse là?
      Sont-ce les arguments que vous apportez aux idées politiques de cette chronique?

    • Solange Bolduc - Abonnée 29 décembre 2017 10 h 09

      Pauvre M. Jean, vous seriez probablement le seul homme à vouloir contrôler le discours d'une femme dans cette rubrique, en 2017 ?

      Y a-t-il un psychanaliste dans la salle ?

      Pourriez-vous garder vos frustrations pour vous-même ? On n'est plus au temps de l'Abbé Gadbois des années 60 !

  • Gilles Théberge - Abonné 28 décembre 2017 10 h 39

    Vous oubliez qu’il a passé la rondelle, et même qu’il l’a mise hors jeu dans l’affaire de la modification du mode de scrutin.

    C’est facile de faire des égo-portraits, c’est plus difficile de changer les choses qui comptent vraiment pour l’avenkr et la démocratie...

    Je partage entièrement votre point de vue. Sauf que contrairement à ce que vous laissez entendre, je n’ai pas voté pour lui. Et je ne voterai jamais pour lui!