Le respect et le mépris

Selon la ministre Weil, la formule d’accueil : « Bonjour, hi » employée par les commerçants montréalais est une marque de respect envers sa clientèle ! Si c’est le cas, comment qualifier le fait que des commerçants imposent une ambiance sonore exclusivement anglophone (radio et musique anglo-américaine) à un volume élevé toute la journée ? Cela me semble une attitude très méprisante envers la majorité québécoise. Et qu’en pense notre ministre de la Culture ?

3 commentaires
  • Danièle Jeannotte - Abonnée 28 décembre 2017 09 h 06

    Les choses importantes

    Ce débat sur le «bonjour-hi» me semble assez superficiel. Primo, contrairement à ce que dit Mme Weil, il ne s'agit pas de respect mais d'appâter le client en affichant sa nord-américanité. Secundo, ce «bonjour-hi» n'est qu'un épiphénomene, agaçant certes mais promis à un avenir très bref, enfin je l'espère. C'est seulement la pointe de l'iceberg et sous la ligne de flottaison se trouve une gigantesque masse témoignant de l'essor du franglais, ou plus précisément du traduit. L'incapacité d'accorder les adjectifs en genre et en nombre, l'illogisme du «bon matin», les verbes anglais conjugués à la française, l'envahissement du vocabulaire par des termes anglais qu'on utilise même s'il existe un terme français tout simple (par exemple, le fameux «post-mortem» qui remplace «bilan», les expressions et proverbes anglais traduits n'importe comment, bref, tout cela indique un appauvrissement du vocabulaire attribuable en partie à l'Internet mais aussi à l'inefficacité de notre système d'éducation qui laisse à des enseignants ne maîtrisant pas leur propre langue le soin de l'enseigner aux jeunes. N'en déplaise à Zachary Richard, qui a dit récemment que la louisianisation n'était pas une mauvaise chose, j'espère ne plus être de ce monde quand Montréal sera devenue la version nordique de la Nouvelle-Orléans avec un «French Quarter» pour attirer les touristes en quête de couleur locale.

    • Huguette Proulx - Abonnée 28 décembre 2017 10 h 20

      "L'inefficacité de notre système d'éducation qui laisse à des enseignants ne maîtrisant pas leur propre langue le soin de l'enseigner aux jeunes."

      Bien dit. Là est tout le problème! Comment posséder et surtout aimer notre langue française lorsqu'elle ne nous est pas enseignée avec qualité et passion?

  • Brigitte Garneau - Abonnée 28 décembre 2017 13 h 19

    Il n'y a pas que les enseignants de français...

    En tant qu'enseignante de français aux adultes (je répare des pots vraiment cassés), bien sûr que je me sens concernée. Cependant, les enseignants font tout leur possible avec de biens maigres moyens: une dizaine de vieux dictionnaires (c'est mon outil favori) pour une vingtaine d'élèves et quatre ordinateurs (de vrais dinosaures) dont deux ne fonctionnent presque plus. J'applique la maxime du Ministre Proulx qui dit qu'on doit en faire plus avec moins. Malheureusement, avec toute la volonté du monde, je ne peux pas faire de miracles. Le Père Noël(Sébastien Proulx) est vraiment chiche avec les adultes. Nous sommes "les enfants pauvres" du système. Je mets au défi tous les critiques et tous les chialeux en les invitant à venir passer une journée avec mes élèves et moi dans la classe. J'ai vraiment hâte d'apprendre d'eux afin d'améliorer mon enseignement...la passion et l'amour infini que j'éprouve pour la langue française ne suffisent pas. Les enseignants ne sont qu'une partie du problème.

    Le vrai problème est au niveau public. Tous les médias (TV, radio, journaux, cinéma, théâtre etc.), tous, sans exception, ont leur part de reposabilité dans le non respect des règles de base de la langue. Peut-être que nos "veudettes" et personnalités publiques ne les connaissent pas...combien peuvent me dire comment s'accorde le participe passé avec l'auxiliaire avoir?

    À tous les citoyens, au public comme au privé, gouvernants comme gouvernés, je demanderais de faire un petit devoir de conscience. Avant de critiquer, soyez assurés de prêcher vous-mêmes par l'exemple. Ce n'est plus une question de moyen, mais une question de VOLONTÉ! Voulons-nous VRAIMENT améliorer la situation du français?

    Avec une maxime comme:"Je me souviens ", ce serait malheureux de l'oublier...