La discrimination dans l’embauche: ça suffit!

Après le tollé qui a suivi l’annonce du forum sur la « discrimination systémique et le racisme », le gouvernement Couillard a fait volte-face et choisi d’opter pour une consultation d’un jour sur « la valorisation et contre la discrimination » des immigrants. Dans les deux cas, il a fait preuve d’étroitesse d’esprit. Pourquoi ? Parce que la discrimination dans l’embauche ne cible pas que les immigrants. Des Québécois de souche francophones, instruits et expérimentés sont cloués à l’aide sociale du fait de la discrimination dans l’embauche fondée sur l’âge et de leur condition sociale résultant de la discrimination dans l’embauche.

Ce gouvernement a choisi de miser sur l’immigration pour résoudre la prétendue pénurie de main-d’oeuvre. Or nombre d’immigrants subissent la discrimination dans l’embauche du fait de leur race. Au lieu des forums à saveur électoraliste pour faire le plein de votes dits culturels, le gouvernement Couillard devrait s’attaquer aux employeurs des secteurs privé et public qui ne respectent par les dispositions (art. 10, 16, 18, 18.1) de la Charte des droits de la personne et des droits de la jeunesse par leurs pratiques discriminatoires de tout acabit. Il devrait également ramener à l’ordre la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) qui rejette du revers de la main une plainte pour discrimination dès que la partie mise en cause donne une version des faits contraire aux allégations de la partie plaignante. Pis encore, depuis quelques années, la version des faits de la partie mise en cause n’est plus remise à la partie plaignante.

L’aveuglement du gouvernement est tel que la discrimination dans l’embauche ne figure pas parmi les grands dossiers du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Voilà la source du calvaire de personnes qui deviennent bénéficiaires de l’aide sociale du fait de cette discrimination, de son incurie et du laxisme de la CDPDJ. Les gouvernements successifs n’ont jamais compris qu’une personne qui ne mange pas à sa faim ne peut faire une recherche d’emploi active, se battre contre l’opacité de la CDPDJ et son penchant pour les employeurs. Ce gouvernement a-t-il calculé les pertes de l’État en taxes et impôts dues à la discrimination dans l’embauche ? Combien lui coûte cette discrimination (allocations de dernier recours, allocations logement, médication, soins médicaux, etc.) ?

4 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 9 décembre 2017 08 h 21

    Un but politique extrêmement malsain

    Depuis une vingtaine d'années, le PLQ a fait beaucoup d'efforts pour alimenter le préjugé que les Québécois en général et le PQ en particulier ont des tendances racistes.
    De ce point de vue QS a emboîté le pas avec une petitesse qui décrit bien son sens de l'inclusion. Absolument honteux.

    Ainsi le PLQ peut poser en défenseur des minorités, oubliant au passage que la première minorité au Québec, en terme de nombre, est la nation québécoise francophone. Ce statut de nation lui a été reconnu par le gouvernement Harper, il y a peu de chance qu'on puisse le dénier.

    Ce que l'auteur décrit ici est journalier et évident. Ce qu'on voit, c'est que le gouvernement Couillard, et avant lui celui de Charest, ne veut pas que les immigrants s'intègrent à leur société.
    La création d'une mentalité de ghettos est une part importante de la politique maintenue par le PLQ pour s'assurer une clientèle prise en otage par la méfiance, voire la peur.

    D'une part ne rien faire envers les immigrants, d'autre part brandir une morale plus que douteuse envers les Québécois, le PLQ et associés utilisent des méthodes et arguments qu'on aurait aimé ne plus jamais voir.

    La mesquinerie est malheureusement encore une valeur sûre comme on le voit.

    Personne, jamais, ne peut parler des identités québécoises sans un certain malaise. C'est inévitable dans ce Québec, terre de minorités dont la principale a été colonisée et écrasée pendant 200 ans. Ça laisse des traces.

    Le pire malaise est probablement celui de la communauté anglophone qui persiste à refuser son passé discriminatoire, et continue à se voir en victime... ce que le PLQ se dépêche de lui confirmer en parfait petit lèche-bottes.
    Mais ceci fait partie du non-dit. Tout le monde a des difficultés identitaires sauf ces "grands civilisateurs" qui jamais ne reconnaîtront que leurs ancêtres se sont comportés en barbares.

    Et ainsi les pires gestionnaires possibles détiennent toujours le pouvoir.

    Je sais pas, une certaine nausée.

    • Marc Lévesque - Inscrit 10 décembre 2017 09 h 30

      Et le PQ de Lisé aussi?

    • Jean-Sébastien Garceau - Abonné 10 décembre 2017 13 h 49

      Je vois bien avec vous la tactique du PLQ à l'oeuvre, mais je vous avoue que de mêler QS avec ceux-ci révelent à mon avis de la simple mauvaise foi.
      Si l'un accuse de racisme tout en l'entretenant avec des mesures d'austérité, une absence flagrante d'encadrement et de soutient, on dira de lui, avec raison qu'il est un simple hypocrite.
      Si l'autre accuse de racisme en révélant la préférence explicite des employeurs, des riches, des milieux de pouvoir pour un certain portrait type de dominant : il n'y a ici rien qui soit petit ou mesquin. Ce n'est qu'une manifestation d'une forme d'exculsion sociale qui varie en degré selon les conditions et les lieux. S'attaquer à une ou l'autre fait partie d'un simple mouvement plus général. Il serait, dans ce cadre là, donc illogique de cibler une seule de ces exclusions et de nier les autres. Le racisme en est une, tout autant que le sexisme, l'âgisme, le classisme, le "lookisme" et ainsi de suite. Le portrait type du dominant est nécessairement multiforme, tout autant que les forme d'exclusion. Cette version d'analyse se veut alors aussi précise que la réalité.
      La comparaison entre les deux peut se faire, mais elle est similaire à celui qui dirait que l'homme qui se défend est aussi violent que l'homme qui attaque : comparaison boîteuse et issue d'un malentendu.

  • Serge Picard - Abonné 9 décembre 2017 08 h 48

    Philippe Couillard et l’emploi chez les minorité visibles

    Le comble de l’hypocrisie de Philippe Couillard le donneur de leçon. Sur 1496 nominations dans la fonction publique Québécoise entre avril 2014 jusqu’au 31 janvier 2017, depuis que Couillard est au pouvoir seulement 46 nominations concernent les minorités visibles.
    Monsieur Couillard se magasine des votes, tente de manipuler les Québécois issus de l'immigration une sorte de clientélisme à saveur raciste de la part du PLQ.